Depuis deux ans, les constructeurs automobiles français et européens - et avec eux leurs équipementiers et toute la chaîne de sous-traitance - souffrent de la baisse notable du nombre de véhicules neufs vendus : 1,77 million de voitures neuves en France en 2024, soit plus de 400.000 de moins qu'en 2019. La transition vers l'électrique s'avère aussi plus chaotique que prévu. Avec, pour conséquence, des restructurations et des liquidations dans toute la France : Valeo, Dumarey, Walor, Jtekt etc. Et les annonces, changeantes, de Donald Trump sur les droits de douane, ne font qu'aggraver la situation.
Dans ce contexte, « l'économie de guerre » souhaitée par Emmanuel Macron, doublée par le plan « Rearm Europe » à 800 milliards d'euros présenté en mars dernier, pourrait représenter des opportunités vitales pour des acteurs de la chaîne automobile disposant de savoir-faire duplicables au secteur de la défense.
Marc Ferracci, le ministre chargé de l'Industrie et de l'énergie, le martèle d'ailleurs depuis plusieurs semaines. À l'Assemblée nationale, fin mars, il déclarait ainsi : « je confirme que le plan Ream Europe constitue une occasion de diversification à saisir ». Un travail doit être mené prochainement avec les Régions pour identifier les entreprises sous-traitantes « les plus à risque et celles qui gardent un potentiel au sein de la filière automobile, les premières ayant éventuellement vocation à se diversifier », expliquait le ministre à cette même occasion. Avec, a-t-il promis, des aides européennes, mais aussi françaises dans le cadre d'appels à projets France 2030.