... e nouveau nucléaire français n'est pas totalement exclu, même s'il est loin de faire l'unanimité.
Ambroise Fayolle - Nous avons décidé de suivre le même modèle que celui que nous avions observé pour une autre gigafactory en Europe, le projet Northvolt en Suède, où l'on a financé d'abord un démonstrateur. Puis une fois qu'on a vu que ça marchait, on a financé la gigafactory qui était juste à côté.
Avec Verkor, nous avons décidé de faire faire la même chose, avec aujourd'hui un prêt de 49 millions d'euros pour aider au développement du prototype et des premières batteries. Et dès que débutera la production de masse à Dunkerque, nous serons aussi prêts à venir financer la suite, qui sera à la fois de plus grande ampleur, en nombre de milliards, mais beaucoup moins risquée par rapport à ce qu'est aujourd'hui le VIC.
Quelles sont les conditions de financement que permet une banque publique comme la BEI sur ce type de projet ?
Nous constituons tout d'abord une source de diversification des financements. La BEI joue aussi en quelque sorte un rôle de label, puisque notre présence permet ensuite d'attirer de nouveaux investisseurs. Pour l'instant, il ne s'agit d'ailleurs que du second projet de gigafactory auquel nous avons contribué en Europe, mais nous en regardons d'autres.
Par ailleurs, nous sommes aussi ce que l'on appelle un investisseur patient, car nous sommes banque publique, qui n'a pas vocation à faire du profit et qui offre ainsi de très bonnes conditions financières. Ce qui signifie que sur ce type de projet, nous sommes sur une durée de huit ans, qui comprend trois ans de période de grâce. Cela laisse donc tout le temps à la société de mettre en place sa nouvelle structure de recherche et de production, avant de songer au remboursement.