Avion du futur. L’industriel savoyard Tivoly investit 3 millions d’euros pour l’usinage des pièces
Stéphanie Gallo Triouleyre
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
3 millions d'euros vont être investis sur le site stéphanois de Tivoly qui, même s'il ne fabrique pas de pièce volante, présente des champs d'intervention cruciaux pour le domaine de l'aéronautique et notamment pour ses partenaires comme Airbus, mais...
DR
Développer de nouveaux outils destinés à l'usinage et l'assemblage des avions de demain. Tel est désormais l'enjeu du savoyard Tivoly, qui vient d'investir trois millions d'euros dans son usine stéphanoise, avec le soutien de France Relance. Car les matériaux composites, plus légers, seront aussi plus complexes à travailler. De quoi en faire un enjeu pour cette entreprise centenaire, qui avait construit au départ sa notoriété sur le matériel électroportatif de bricolage, avant de prendre des positions fortes sur le marché de l'aéronautique.
"Les commandes redémarrent plus lentement que ce que nous avions pu espérer. La reprise est loin d'être franche, la situation est encore fragile. Nous sentons des frémissements mais nous sommes encore dans l'incertitude".
Pour Jean-François Tivoly, le dirigeant du groupe familial éponyme savoyard (600 salariés; CA 2020 : 70 millions d'euros; CA 2019 : 83 millions d'euros dont la moitié à l'international), la situation est d'autant plus frustrante que Tivoly avait remporté début 2020 des appels d'offres intéressants avec Airbus.
Appels d'offres qui auraient dû se traduire dès 2020 par une montée en charge progressive, sur quatre ans environ, du chiffre d'affaires généré avec le constructeur français.
Fournisseur stratégique
La crise sanitaire a rebattu les cartes pour de longs mois. Le chiffre d'affaires de l'entreprise est ainsi passé de 83 millions d'euros en 2019 à 70 millions en 2020. Une baisse qui a poussé le groupe à contracter, "par précaution", un PGE de 11 millions d'euros (dont 5 millions ont été remboursés).
"Mais ce n'est que partie remise. Nous figurons dans la liste des sous-traitants privilégiés d'Airbus : depuis 2009, nous sommes sous-traitants de rang 1 et nous gagnons régulièrement des positions".
Preuve de cet intérêt du géant de l'aéronautique pour l'ETI savoyarde : celle-ci a été intégrée au programme SQIP (Supply Chain and Quality Improvement), un soutien offert par le constructeur Aribus pour accompagner la montée en puissance de ses fournisseurs stratégiques.
Car même si Tivoly ne fabrique pas de pièce volante, ses champs d'intervention sont cruciaux. L'entreprise, cotée sur Euronext Paris, intervient sur l'usinage des pièces, en particulier sur les outils servant au perçage et à l'assemblage des composants. En parallèle d'Airbus, elle travaille avec d'autres clients de l'aéronautique comme Stelia Aerospace, les Chinois AVIC et MOVAC ou encore Rolls Royce.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Au sein de ce groupe diversifié, - dont la moitié de l'activité est générée par ses marchés historiques tournés vers le grand public (accessoires pour matériel de bricolage électroportatif, +35% de CA en 2020 grâce à l'essor du bricolage)-, l'aéronautique pèse actuellement 15% du chiffre d'affaires. Cette proportion devrait fortement progresser dès le redécollage du secteur, espéré pour 2022.