Une semaine de grève chez Soitec : un accord trouvé pour traverser la "crise de croissance"
Zoé Favre d'Anne
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[Article mis à jour le 21/06/2022 à 18:20]
"Nous avons bénéficié de l'engagement indéfectible de nos équipes pour réaliser une très bonne performance industrielle" se réjouissait Paul Boudre directeur général de Soitec, le 9 juin lors de l'annonce des résultats 2021-2022.
L'entreprise iséroise spécialisée dans la production de semi conducteurs a en effet réalisé 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires (863 millions d'euros), soit une croissance de 50%, à taux de change constants par rapport à 2020-2021. Le résultat net passé 202 millions d'euros a quant a lui augmenté de 178% par rapport au dernier exercice. Une année record que la direction souhaite pérenniser.
Mais qui dit année record, dit production record. Et les salariés ne peuvent plus suivre cette cadence. Un jour après l'annonce des résultats, le 10 juin, les salariés de l'équipe de nuit de l'entreprise iséroise se sont mis en grève spontanée. Un mouvement qui fait écho à leur mobilisation un an plus tôt. "Les revendications concernent les conditions de travail, la reconnaissance et la rémunération", selon la CGT qui s'est jointe à la grève spontanée.
La production est donc restée à l'arrêt une semaine, jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé vendredi 17 juin. En tout, 350 grévistes ont suivi le mouvement de grève, principalement à la production, en salle blanche. Le 17 juin, 271 d'entre eux ont voté pour poursuivre ou non la grève. 52% étaient favorables à un accord de sortie de crise et s'en est suivi l'arrêt de la grève, suivie par les équipes de nuit.
Pendant cette semaine de grève, "l'impact sur la production est énorme, il n'y a rien qui sort depuis vendredi. Et toute heure perdue est une heure pas rattrapée car on travaille à flux tendu", souligne Fabrice Lallement, délégué CGT.
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L'industrie des semi-conducteurs est en effet portée par des marchés prometteurs comme la 5G, les véhicules électriques ou encore l'intelligence artificielle. Lors de la présentation de ses résultats, Soitec notait d'ailleurs "une demande sans précédent pour les semi-conducteurs".
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