Sanofi veut supprimer un millier d'emplois en France, 1.700 en Europe

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(Crédits : Charles Platiau)
Tandis que le groupe français a multiplié les partenariats avec des acteurs privés américains ces derniers mois, notamment dans la course au vaccin contre le Covid-19, la CGT dénonce une "poursuite du démantèlement du groupe et de l'externalisation des activités". Sanofi emploie 25.000 personnes dans l'Hexagone.

Le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé vendredi la suppression de 1.700 emplois en Europe, dont un millier en France, une réorganisation qui correspond à une "nouvelle stratégie" selon Olivier Bogillot, le président France du groupe, et non à un plan social lié aux conséquences du Covid-19.

Ce plan de départs, qui a été présenté aux partenaires sociaux européens vendredi matin, concerne un millier des 25.000 collaborateurs en France (sur 100.000 dans le monde), a précisé à l'AFP Olivier Bogillot.

Lire aussi : Vaccins : Sanofi vise une disponibilité au premier semestre 2021

En décembre, le groupe avait indiqué vouloir rationaliser ses dépenses, avec un objectif de deux milliards d'euros d'économies d'ici à 2022, notamment en arrêtant la recherche dans le diabète, l'un de ses cœurs de métier traditionnel, ainsi que dans le cardiovasculaire.

Le plan de départs, qui doit se faire en France "exclusivement sur la base du volontariat" et s'étaler sur trois ans, concerne des postes "en CDI pour la plupart, notamment des "fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherches", a détaillé M. Bogillot.

Une réunion est prévue lundi pour "dérouler la feuille stratégique" aux partenaires sociaux français, a-t-il ajouté, sans préciser les compensations qui seraient proposées aux salariés ni l'enveloppe prévue pour financer ce guichet départs.

Seront concernés "certains sites en Ile-de-France sur les fonctions support, au siège international rue de la Boétie à Paris, au campus val de Bièvre (Val-de-Marne) ou d'autres endroits en France, mais surtout sur nos sites tertiaires", a indiqué le président France. Il n'y aura pas de fermeture d'usine, a précisé Sanofi.

Chiffre d'affaires et dividende en hausse, les syndicats pointent "le démantèlement"

Le laboratoire affichait un chiffre d'affaires au premier trimestre de près de 9 milliards d'euros, soit une hausse de 6,9% due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle ses ventes de médicaments anti-douleur ont été dopées à l'instar du Doliprane.

Le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l'année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. A contre-courant de nombre d'entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire.

Avec ce nouveau plan, "c'est la poursuite du démantèlement du groupe et de l'externalisation des activités. Sanofi veut passer d'un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine. On a l'impression que le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable", a déclaré Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi.

Sanofi, qui est l'un des principaux acteurs mondiaux dans la production de vaccins, travaille actuellement au développement de deux vaccins contre le Covid-19, attendus courant 2021. Il avait annoncé à la mi-juin 610 millions d'investissements pour doper ses vaccins et créer une nouvelle usine en France.

Mais il avait aussi créé la polémique le mois dernier, lorsque son directeur général Paul Hudson avait évoqué la possibilité de favoriser les Etats-Unis, lesquels ont investi dans sa recherche de vaccins contre le coronavirus.

Lire aussi : Vaccin: il serait "inacceptable" que Sanofi serve en premier les États-Unis, s'insurge Pannier-Runacher

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Commentaires
a écrit le 29/06/2020 à 6:06 :
la cgt est furieuse, c'est normal
couler l'industrie et faire la lutte des classes, oui, mais il faut quand meme que les gens qui votent pour eux aient des emplois bien payes ou ils ne travaillent pas trop, et que les delegues, qui sont des syndicalistes professionnels payes par les entreprises, puissent continuer d'avoir des postes ou on fait la revolution au lieu de travailler
a écrit le 28/06/2020 à 16:45 :
Un millier d'emplois supprimés en France, avec un chiffre d'affaires et des dividendes en hausse : difficilement compréhensible. Et ce malgré 150 millions d’euros de crédit d’impôt-recherche (CIR) perçus chaque année par Sanofi. E.Macron en visite dans l'entreprise à Lyon le 16 mars dernier, a félicité le président du conseil d'administration Serge Weinberg et le directeur général Paul Hudson pour leurs prochains investissements. Occasion d'annoncer le déblocage par l’État d’une enveloppe de 200 millions d’euros "pour être en état de répondre aux besoins du temps et aux crises sanitaires ". De quoi oublier le scandale de la Déparkine pour laquelle l'entreprise est mise en examen depuis le 3/2/20, suite à une enquête ouverte depuis 4 ans (!) .
a écrit le 27/06/2020 à 8:54 :
Pas d'argents public pour se groupe ...
Ils licencient alors que les bénéfices sont en hausse...
La logique du capitallisme, nous devons imposer des plan de reclassement de qualitées et les indemnisations correçte pour le personneles....
Ensuites, la françe achètera ses médicaments à d'autres, Apres tous pourquoi enrichir des entreprises francaise qui licencie Nos compatriotes ....
a écrit le 27/06/2020 à 5:02 :
Vivement qu'on retrouve la période où on parlait plus de créations d'emplois que de suppressions, mais a-t-elle jamais existé, même pendant les Trente Glorieuses?
a écrit le 26/06/2020 à 18:05 :
Et 4 milliards de dividende pour les actionnaires ,ah,ah,ah
a écrit le 26/06/2020 à 13:39 :
Les syndicats de Sanofi Aventis Groupe (SAG), alarmés après le suicide la semaine dernière d'une salariée sur son lieu de travail, ont dénoncé «une mise en danger des vies» du personnel par des pratiques «intolérables» dans cette entité du groupe pharmaceutique Sanofi.Lors d'un comité social et économique (CSE) de SAG mardi, les représentants du personnel ont exercé leur droit d'alerte «pour cause de danger grave et imminent», afin de «tenter de prévenir une situation devenue dangereuse», expliquent les syndicats CFE-CGC, CFDT, CFTC, FO et CGT dans un tract commun reçu jeudi.
a écrit le 26/06/2020 à 13:24 :
Quel régal de repenser à ces déclarations toutes fraîches de nos dirigeants indignés du fait que la fabrication de médicaments étaient bien trop délocalisés.

Sinistres guignols.
Réponse de le 28/06/2020 à 16:36 :
les médicaments très sophistiqués sont faits chez nous, le paracétamol pas cher et qui rapporte très peu est fait ailleurs (qui va accepter de le payer quatre fois plus cher ? Ah oui la Sécu rembourse, peu importe, si c'est cher c'est que c'est plus efficace :-) )
Une idée bizarre, technocratique ? de vouloir le produire en France d'ici 3 ans, les antibiotiques peut-être (ceux qui sont externalisés).

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