Olivier Bogillot est bon joueur, même si tout de même, il ne cache pas que les derniers mois qu'il a passé ont été éprouvants. Le numéro Un de Sanofi en France n'a pas tremblé et a même enchaîné les prises de positions, alors que la tempête du « Sanofi bashing » faisait rage. Qu'à cela ne tienne : quelques semaines plus tard, le groupe garde son cap et annonce l'entrée en phase 3 de son candidat vaccin pour le Covid à protéine remconbinante, conçu avec GSK, pour sa phase finale d'essais cliniques. Et il ne s'estime pas inquiet : là où l'opinion publique a pu estimer qu'il avait perdu la course, le groupe estime justement que ce nouveau vaccin aura sa place.
Et il nous explique pourquoi :
« Ce vaccin représente une troisième voie, puisqu'il s'agit d'un vaccin à protéine recombinante adjuvanté. Au moment où nous avons opté pour cette formule, c'est-à-dire en mars 2020, il s'agit de la meilleure technologie disponible. Elle permettra d'offrir une voie complémentaire aux deux autres technologies, à savoir le vaccin à ARN arrivé en seulement 9 mois, et le vaccin plus traditionnel à adénovirus virus », explique Olivier Bogillot.
A ceux qui estiment qu'il arrivera trop tard, Sanofi répond : « C'est regarder la question uniquement sous un prisme européen ». Car même s'il souhaite que l'ensemble de la population hexagonale puisse se faire vacciner « le plus tôt possible au cours des prochaines semaines, et d'ici l'été de manière générale », le géant français mise désormais sur deux marchés bien précis : celui des doses de rappel, qu'il faudra probablement fournir au cours des prochains mois, afin que les personnes vaccinées puissent effectuer un rappel -même si le protocole précis n'a pas encore été établi-.
Sans compter le marché des pays émergeants, et plus largement, de l'international. « A ce stade, seule 10 % de la population mondiale est vaccinée », rappelle Olivier Bogillot, estimant ainsi que les débouchés qui s'offrent à celui qui est appelé à prendre la quatrième place sur le marché européen des vaccins, demeurent nombreux.