Google ouvre des magasins éphémères pour Noël

Le géant de l’Internet ouvre pour les fêtes six show-rooms aux Etats-Unis où il présente ses appareils maison en mettant l’accent sur l’expérience utilisateur, à la Apple. Mais le champion du dématérialisé n’ose pas encore se lancer dans la vente directe en magasin physique, comme Microsoft.
Delphine Cuny

4 mn

Le Winter Wonderlab a été installé dans cinq centres commerciaux américains, et en plein coeur de Manhattan au pied de la New York Public Library
Le Winter Wonderlab a été installé dans cinq centres commerciaux américains, et en plein coeur de Manhattan au pied de la New York Public Library (Crédits : Google)

C'est une sorte d'igloo ou de boule à neige géante, abritant de faux sapins en carton et diffusant des flocons artificiels. « Venez vous détendre avec nous » : jouant sur le mot « chill » qui signifie aussi fraîcheur, Google invite à faire une pause pendant la frénésie des courses de Noël dans son « Winter Wonderlab », un paysage de carte postale enneigé où chacun peut venir entre amis ou en famille se filmer au ralenti pour faire « des vidéos fantastiques » qui seront mises ensuite en ligne sur un site dédié (avec un mot de passe). Le géant de l'Internet propose aussi d'écouter de la musique, de jouer, de regarder des vidéos et naviguer sur le Web… un peu comme dans un Apple Store. Google a installé dans cinq centres commerciaux américains, à Los Angeles, Sacramento, Washington D.C., Chicago et dans le New Jersey, ainsi qu'au cœur de Manhattan, au pied de la New York Public Library, ces espaces de jeu qui sont plutôt des showrooms éphémères, jusqu'à Noël, destinés à mettre en avant les produits maison : « le Winter Wonderlab est une façon fun et interactive de tester tous les nouveaux gadgets de Google en un endroit » explique le moteur de recherche sur son site dédié.

Des showrooms sans vente sur place

Google met notamment à la disposition du public plusieurs exemplaires de sa tablette Nexus 7, sous Android, fabriquée par Asus,  et propose d'essayer des ordinateurs Chromebook (équipés de son système d'exploitation Chrome OS), ainsi que sa clé Chromecast, qui permet de connecter sa TV à Internet. En revanche, pas d'appareils de sa filiale Motorola, qui vient de sortir un Moto G coloré d'entrée de gamme prêt à rivaliser l'iPhone 5c d'Apple. Mais ces « magasins » éphémères ne feront pas de vente sur place : les consommateurs séduits devront aller par la suite commander en ligne. Depuis sa toute première incursion dans le « hardware » avec son premier smartphone Nexus One, Google tente la vente 100% on line, pas toujours avec succès, comme il l'avait lui-même reconnu sur son blog. Il a dû se résoudre à passer par les opérateurs, pour la subvention et le réseau de distribution au plus près du consommateur, et par les spécialistes de l'électronique pour ses tablettes et ses ordinateurs. Il y a deux ans, la firme de Mountain View avait ouvert des espaces de démonstration éphémères pour ses Chromebooks dans plusieurs aéroports américains avec Virgin America et un corner « ChromeZone » dans un magasin d'électronique à Londres, avant de se décider à les vendre aussi dans des magasins physiques (Fnac et Boulanger par exemple en France).

De Microsoft à Free, les limites de l'e-commerce

Le commerce en en ligne présente beaucoup d'avantages, tant pour le consommateur que le vendeur, mais aussi un inconvénient : on ne peut ni toucher ni tester le produit. Pas de problème tant qu'il s'agit d'un service dématérialisé, mais rien ne vaut un magasin en dur pour un appareil électronique dont on n'appréciera les qualités qu'en l'utilisant soi-même. Free l'a bien compris en ouvrant 30 magasins en deux ans et demi pour accompagner son entrée sur le marché du mobile. Aux Etats-Unis, Microsoft a déjà ouvert en quatre ans une cinquantaine de boutiques, où il vend ses tablettes Surface, ses boîtes de logiciels Windows ou Office, ses consoles Xbox et des téléphones sous Windows Phone (dont ceux de Nokia qu'il est en train de racheter et dont il effacera bientôt la marque). Plus frileux, peut-être effrayé par les lourdeurs logistiques, Google n'a pas encore franchi ce pas de la vente directe en magasin physique, contrairement à la rumeur qui avait circulé en début d'année, et se concentre à ce stade sur l'expérience utilisateur, pour donner goût à « l'univers Google », au-delà du moteur de recherche, et fidéliser les consommateurs au sein de ses écosystèmes Chrome et Android. La fameuse barge mystérieuse dans la baie de San Francisco pourrait d'ailleurs, selon certaines sources, servir de centre de démonstration de ses lunettes connectées Google Glass

>> La vidéo de présentation de Winter Wonderlab de Google ci-dessous

Delphine Cuny

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