Avant Dropbox, l’autre star du «cloud » Box prépare son entrée à Wall Street

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Le siège de Box à Los Altos dans la Silicon Valley.
Le siège de Box à Los Altos dans la Silicon Valley.
La startup californienne, qui a doublé son chiffre d’affaires l’an dernier, espère lever 250 millions de dollars pour financer sa croissance. Dans un marché en plein boom mais ultra-bataillé, Box, qui brûle beaucoup de cash, était valorisée 2 milliards de dollars en décembre lors de sa dernière levée de fonds.

« Les introductions en Bourse : si l'action flambe, tu n'as pas levé assez d'argent. Si elle chute, les investisseurs se sont fait avoir. Si elle est stable, tu es barbant. » La formule est signée Aaron Levie, le cofondateur et directeur général de Box, sur son compte Twitter en novembre dernier. Le jeune patron de 29 ans a un avis sur tout dans la high tech, du Bitcoin aux drones en passant par Google ou Microsoft, et un humour désopilant qui ravit ses 90.000 « followers. » Le voilà qui passe aux choses sérieuses et pourra vérifier s'il peut s'appliquer sa maxime : sa startup de solutions de stockage dans le « cloud » vient de déposer son prospectus d'introduction en vue d'une entrée au New York Stock Exchange dans les semaines qui viennent. Ce sera l'une des opérations les plus attendues de l'année dans ce marché en plein boom du cloud, avec celle de Dropbox, l'autre star qui devrait venir tester l'appétit de la Bourse dans les mois à venir. La société de Los Altos, en Californie, a dû à cette occasion dévoiler ses chiffres : la croissance est échevelée, et pas seulement celle de son chiffre d'affaires. Box brûle beaucoup de cash et ses coûts flambent.

93% des utilisateurs ne paient pas le service

La startup, qui emploie tout de même quelque 972 personnes, a réalisé un chiffre d'affaires encore modeste l'an dernier, de 124 millions de dollars, en hausse de 110%. C'est moins que son concurrent Dropbox, dont les recettes avoisineraient les 200 millions de dollars. Box prévoit d'atteindre ce niveau cette année. Ses coûts, commerciaux et marketing, dépassent son chiffre d'affaires. Du coup, ses pertes se sont creusées, à 168 millions de dollars. Et Box indique dans le document ne pas s'attendre à être rentable dans un avenir proche. Le modèle de Box est fondé sur l'abonnement mais 93% de ses utilisateurs le font gratuitement, l'objectif étant bien sûr de les convertir à une offre payante. La startup revendique 25 millions d'utilisateurs dans 225.000 entreprises. Seules 34.000 d'entre elles paient sa solution de partage sécurisé de fichiers en ligne, parmi lesquelles Procter & Gamble, LinkedIn, Panasonic, et en France Schneider Electric, Zodiac et Coyote.

Concurrence sur les prix de Google

Or la concurrence est rude, pas seulement celle de Dropbox mais aussi de mastodonte comme Microsoft et Google : ce dernier vient d'ailleurs de casser les prix de son service de stockage Google Drive à 10 dollars par mois le Téracotet (contre 50 dollars auparavant). Pour la même quantité, il en coûte 45 dollars par mois (pour trois utilisateurs) chez Box qui reconnaît dans son prospectus que « certains concurrents proposent leurs produits ou services à des prix inférieurs, ce qui a provoqué des pressions sur les prix de notre business. »

Afin de financer sa croissance sur ce marché ultra-bataillé, Box espère lever 250 millions de dollars d'argent frais lors de l'introduction, quelques mois seulement après avoir bouclé un tour de table de 100 millions en décembre. Des investisseurs japonais, le fonds russe DST Global et des opérateurs télécoms comme Telefonica et l'australien Telstra avaient participé à la transaction qui valorisait Box à 2 milliards de dollars selon le « Wall Street Journal. » Aaron Levie lui-même ne possède plus que 4% du capital soit 80 millions de dollars sur la base de cette valorisation. Depuis sa création en 2005, Box a levé plus de 410 millions de dollars. Dropbox, dont l'offre de stockage de cloud s'adresse au grand public, vaudrait déjà cinq fois plus, près de 10 milliards de dollars.

> Consulter le document de base S-1 (en anglais)

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