Comment les entreprises doivent séduire la génération Z

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Selon une enquête menée par Dimensional Research pour Dell Technologies, 80% des jeunes issus de la génération Z souhaitent travailler avec des technologies de pointe et plus d'un tiers se montrent intéressés par les métiers informatiques.
Selon une enquête menée par Dimensional Research pour Dell Technologies, 80% des jeunes issus de la génération Z souhaitent travailler avec des technologies de pointe et plus d'un tiers se montrent intéressés par les métiers informatiques. (Crédits : Dell Technologies)
Après les Millenials, place à la génération Z. Une étude menée pour Dell Technologie a dressé le portrait de ces jeunes nés après 1995 et de leurs attentes concernant le monde de l'entreprise. Plus confiants dans leurs compétences numériques et plus tournés vers le contact humain, cette génération cherche des entreprises davantage portées sur le collaboratif et le "mentoring inversé".

Créative, confiante, connectée, collaborative. La génération Z, ou celle qu'on nomme également la génération 4C en raison des quatre adjectifs qui la définissent, va progressivement arriver sur le marché du travail. D'ici 2020, ces jeunes nés après 1995 pourraient représenter jusqu'à 20% de l'effectif global, soit un travailleur sur cinq. Ils seront donc 6 millions dans la vie active, d'après les chiffres du ministère du Travail.

Naturellement connectés

Pour essayer de mieux les comprendre, Dimensional Research a mené une enquête pour Dell Technologies, publiée ce mercredi et intitulée « Génération Z : l'avenir c'est maintenant ». Férus de nouvelles technologies, « digital natives » (c'est-à-dire, ceux qui sont naturellement doués de compétences numériques) et très différentes des précédentes générations, la GenZ va obliger les entreprises à changer certains codes.

« Les entreprises doivent s'adapter au fait que la technologie et les outils informatiques font partie intégrante de leur vie. Il n'y a désormais plus de questions à se poser à ce sujet. [...] La technologie devient transparente pour eux, c'est une extension d'eux », explique Nicolas Guetin, directeur client solution pour la France chez Dell EMC, lors d'une table ronde sur la génération Z, organisée par Dell Technologies.

L'enquête, menée auprès de 12.000 élèves de l'enseignement secondaire ou supérieur dans 17 pays, met d'ailleurs en lumière cette maturité numérique. Chez les Français issus de la génération Z en particulier, 96% ont déclaré avoir utilisé les nouvelles technologies dans le cadre de leur cursus. Répondre aux nouvelles attentes semble nécessaire, surtout pour l'Hexagone qui peine encore à attirer de nouveaux talents. D'après l'index mondial Compétitivité et Talents (GTCI) 2018, qui évalue la capacité à attirer et garder des profils talentueux, la France se place à la 21e place sur les 119 pays analysés.

Le package technologique, un critère décisif

La génération Z se veut d'ailleurs exigeante avec le package technologique proposé par les employeurs. Elle « veut être débarrassée des contraintes », selon Nicolas Guetin. Ainsi, 84% des élèves sondés (et 91% en moyenne dans le monde) indiquent que les technologies proposées par un employeur constitueraient un critère pour le choix d'un emploi entre plusieurs offres similaires, 80% veulent travailler avec des technologies de pointe et plus d'un tiers se disent intéressés par les métiers informatiques.

Cependant, « le monde de l'entreprise selon la génération Z est ancien, injuste, pas très moderne et avec une diversité non exemplaire. Les technologies modernes peuvent intégrer plus facilement ces notions et faciliter leur engagement à l'entreprise », estime Manuelle Malot, directrice des activités Carrières de l'EDHEC Business School.

Concernant les relations au travail, les attentes sont toutefois différentes. Bien que très connectée, la génération Z aspire à plus de relations humaines. D'après l'étude, le face-à-face est la méthode privilégiée pour communiquer avec les collègues (36% en France et 43% en moyenne dans le monde) et 75% préfèrent apprendre auprès de leurs collègues, de leur boss, voire de leurs parents, plutôt qu'en ligne. « Ils ne croient pas beaucoup aux MOOCs, par exemple », selon Manuelle Malot. De plus, la génération Z ne souhaite pas forcément travailler à distance : 60% préfèrent se rendre sur un lieu de travail plutôt que de faire du télétravail.

Generation Z

[La génération Z préfèrent s'adresser à un collègue, à son boss ou à un boss pour savoir comment effectuer une tâche. Crédits : Dell Technologies. Cliquez ici pour agrandir l'image]

La génération Z veut « mentorer » les plus âgés

Quatre générations se côtoient désormais sur le lieu de travail : les babyboomers et les générations X, Y et Z. Selon Dell Technologies, ce contexte de cohabitation intergénérationnelle va pousser les entreprises, qui cherchent à créer et développer une culture axée sur le numérique, à former des équipes ayant des compétences complémentaires. D'après Marie-Eve Delecluse, co-fondatrice de l'agence de conseil Make Me RH, ce ne seront plus les plus expérimentés qui formeront les plus « jeunes », mais plutôt les « digital natives » de l'entreprise qui vont accompagner le management. De grands groupes ont d'ailleurs déjà expérimenté des sessions de « reverse mentoring » (ou mentorat inversé, en français), nouvelle modalité d'apprentissage collaboratif consistant à affecter à un profil senior un mentor, qui n'est autre qu'un profil issu de la génération Y ou Z.

Selon l'étude de Dell Technologies, 77% des élèves sondés, au niveau mondial, pensent être disposés à servir de mentors pour des collègues plus âgés et plus susceptibles d'être moins expérimentés sur le plan technologique. Les Français (36%) et les Japonais (40%) de la génération Z semblent toutefois moins à l'aise à l'idée de les former.

Generation Z mentoring

[Les Français et les Japonais sont les moins confiants pour mentorer un collègue qui est moins à l'aise face à la transformation numérique. Crédits : Dell Technologies. Cliquez ici pour agrandir l'image]

Par ailleurs, si la GenZ se montre particulièrement confiante concernant ses compétences numériques, elle l'est beaucoup moins lorsqu'il s'agit de ses compétences professionnelles. En effet, 40% pensent qu'ils doivent encore acquérir de l'expérience et développer leurs autres compétences (ou bien, ce que l'on nomme en entreprise les « soft skills », soit les compétences « douces » en français, qui peuvent être par exemple, des compétences comportementales).

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Méthodologie

Plus de 12.000 personnes, âgées de 16 à 23 ans et fréquentant un établissement d'enseignement, ont répondu à l'enquête menée d'août à septembre 2018 dans 17 pays. Le sondage comprenait un large éventail de questions sur leurs attentes en matière d'emploi, d'utilisation de la technologie. Les données démographiques ont été saisies en fonction de l'âge, du type d'établissement, du niveau de revenu, du genre et d'autres facteurs afin de permettre une analyse comparative.

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Commentaires
a écrit le 23/12/2018 à 19:20 :
Est ce une erreur dans l’article ?

Le senior «  mentor «  la gen Yet Z ?
Ce n’est pas plutôt la gen Xet Y?
Puisque que la gen Z est de 1995 ?

A moins que l’étude considère que la Gen Xest à la «  ramasse »?

Quelqu’un de la génération X qui travaille dans l’informatique est autant calé que la Gen Z grâce au formations pour être « à la page » sachant qu’ils ont l’expérience en plus.
Après la Gen Y ce sont les développeurs et co...( des pros de pros)
Réponse de le 26/12/2018 à 18:12 :
Pour moi il n'y a aucune notion d'àge à avoir, il y a les geeks que toute nouvelle technologie passionne et les "noobs" qui seront même dès 20 ans toute leur vie des cancres de ce qui est le devenir de la planète.
Perso à 70 balais, allergique au foutoir windows, sous Linux je suis ben obligé de tracer de temps en temps quelques lignes de code.
Classer ainsi les générations c'est pas cool et franchement relou.
a écrit le 21/12/2018 à 17:24 :
A 99 % utilisant les nouvelles technologies, mais à 80 % incapables de faire un calcul mental !
a écrit le 21/12/2018 à 16:51 :
"Comment les entreprises doivent séduire la génération Z"

Les entreprises ont dégouté les générations précédentes ,ils feront de même avec celle-la.
a écrit le 21/12/2018 à 16:47 :
"Chez les Français issus de la génération Z en particulier, 96% ont déclaré avoir utilisé les nouvelles technologies dans le cadre de leur cursus".

Mais qui va soulever les parpaings ?
a écrit le 21/12/2018 à 15:27 :
Ben cette génération est peu pressée de travailler pour nos entreprises aux salaires ridicules, quitte à s'expatrier et pas du tout intéressée à pratiquer des horaires nuisibles à une vie sociale, (week-end, nuit, par épisodes etc) par contre accepte de faire de l'intérim sans se sentir déclassée.
Si le patronat rève de mettre au taf ces jeunes avec les méthodes du 19ème sciècle survivantes gràce à la crise, il se met le doigt dans l'oeil.
Quand aux rafistolages ridicules de Macron: ce sont de vrais salaires qui leur faut, laissons les smic + ɛ , à leurs parents puisque ça leur convient.
Réponse de le 22/12/2018 à 3:01 :
Rappelons que ce sont les richesses crées par notre économie qui permettent de donner ou pas du pouvoir d’achat aux gens. Si notre économie n’est pas assez compétitive, elle ne crée pas assez de richesses et donc elle ne permet pas de donner mieux que SMIC + e à la majorité des gens.

Vous allez me répondre fraude fiscale, milliards partis à l’étranger, mais ça n’est pas assez pour faire +30% sur les 30-40 millions de français qui vivent plus ou moins au SMIC.

Il n’y a pas de miracles à attendre, pas de caverne d’Ali baba qu’on va découvrir et qui va résoudre tous les problèmes (sinon vous pensez bien que quelqu’un sur terre l’aurait trouvé), il faut faire des sacrifices (oui, encore) et se retrousser les manches.
a écrit le 21/12/2018 à 8:24 :
Internet est en train de générer des citoyens bien informés, même sur la corruption généralisée, il est évident que les bobards des politiciens et des hommes d'affaires vont devoir bien plus s'affiner s'ils ne veulent pas qu'on les laisse tomber.

JE ne sais pas si les propriétaires de capitaux et d'outils de production d'aujourd'hui, à savoir les mêmes que ceux de hier, sont capables d'anticiper les attentes de la génération de demain, plus habitués à les tordre qu'à s'y adapter et pourtant...

Pas facile de s'épanouir en UERSS.

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