Apple : le fisc français mène une enquête

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Une étude du cabinet Greenwich Consulting pour la Fédération française des télécoms estime le chiffre d'affaires d'Apple en France en 2011 à 3,2 milliards d'euros, alors que le groupe a déclaré des ventes de 257 millions.
Une étude du cabinet Greenwich Consulting pour la Fédération française des télécoms estime le chiffre d'affaires d'Apple en France en 2011 à 3,2 milliards d'euros, alors que le groupe a déclaré des ventes de 257 millions. (Crédits : © David Gray / Reuters)
Un contrôle fiscal est en cours sur les comptes d'Apple France de 2011 à 2013. La firme de Cupertino fait déjà l'objet d'une enquête des autorités fiscales en Australie et en Italie alors que la fronde monte en Europe contre les montages fiscaux de grandes multinationales qui leur permettent de payer moins d'impôts.

Trois années de fiscalité passées à la loupe. Apple France fait l'objet d'une enquête du fisc français pour les exercices 2011 à 2013, indiquent ses comptes déposés début avril au greffe du Tribunal de Commerce, alors que les montages fiscaux de la firme à la pomme sont déjà dans le collimateur de plusieurs pays, dont l'Italie ou l'Australie.

"En mars 2014, Apple France a été notifié d'une ouverture d'un contrôle fiscal concernant les exercices 2011, 2012 et 2013. Le contrôle fiscal est en cours", indique le document fourni par Apple France au tribunal de Commerce début avril.

Le ministère des Finances, rappelant qu'il est tenu au secret fiscal, s'est refusé à tout commentaire sur cette information publiée initialement lundi par le site internet de L'Expansion.

Fiscalité avantageuse en Irlande

Apple France, qui déclare 168 salariés, a publié un chiffre d'affaires de 52,5 millions d'euros pour son exercice décalé achevé en septembre 2014 qui correspond à la vente de services, pour un résultat net de 13 millions d'euros. Elle a acquitté un impôt sur les bénéfices de 7 millions d'euros pour cette période en France.

Les ventes des 21 magasins du groupe en France sont elles comptabilisées par une autre filiale, Apple Retail, qui affiche un chiffre d'affaires de 463 millions d'euros. Cette filiale, enregistrée à Cork en Irlande où la fiscalité est plus favorable, n'a payé qu'un peu plus d'un million d'euros d'impôt sur ses bénéfices qui se montent à près de 7 millions d'euros.

     | Lire L'Irlande durcit sa fiscalité pour les entreprises

Contacté par l'AFP, Apple n'a pas souhaité faire de commentaire sur l'enquête fiscale en cours mais a rappelé ses précédentes déclarations selon lesquelles le groupe "paye tous les impôts qu'il doit". Une étude du cabinet Greenwich Consulting pour la Fédération française des télécoms estime le chiffre d'affaires d'Apple en France en 2011 à 3,2 milliards d'euros, alors que le groupe a déclaré des ventes grimpant à 257 millions d'euros.

Bruxelles, Rome et l'Australie enquêtent également

La firme de Cupertino fait déjà l'objet d'une enquête des autorités fiscales en Australie et en Italie alors que la fronde monte en Europe contre les montages fiscaux de grandes multinationales qui leur permettent de minimiser leur imposition.

La Commission européenne a ainsi dévoilé un plan de lutte dont la mesure phare est l'échange d'informations sur les accords fiscaux passés entre les États et les multinationales. Elle estime que l'évasion fiscale prive chaque année les 28 Etats membres de plusieurs milliards d'euros.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/04/2015 à 18:14 :
Vite, décourageons les quelques entreprises, même étrangères, qui sont encore implantées en France!
a écrit le 14/04/2015 à 16:19 :
En Chine ou aux Etats-Unis, ils t'auraient déjà réglé tout ça depuis longtemps.
En Europe, même si ça s'améliore: on met toujours une éternité à réagir face à l'évasion fiscale et à l'invasion de nos marchés par la concurrence hors europe...
a écrit le 14/04/2015 à 11:31 :
Quel plaisir d'essayer de "massacrer" des sociétés qui savent exploiter les lois misent en œuvre par des politiciens "verreux". A croire que ces mêmes politiciens n'essayent de contourner les lois et sont "blanc comme neige".
Cette moralisation destructrice est vraiment insupportable au lieu d'essayer de changer les choses les politiciens mettent des amendes et tuent des emplois potentiels.
En parallèle ils feraient mieux de faire des lois favorables au développement économique dont ils ne s'occupent pas. Leur objectif est de tout contrôler sans en avoir les compétences. Il n'y a plus de liberté en France, nous sommes en "dictature fiscale" au service des paresseux et des étrangers
a écrit le 14/04/2015 à 11:02 :
"La commission européenne a dévoilé un plan de lutte...": qu'elle commence déjà par donner un coup de pied aux fesses à l'Irlande. Ce pays qui s'est demandé pourquoi il était en faillite alors qu'il est un paradis fiscal!! Quelle personne, saine d'esprit, peut concevoir qu'au sein de l'Europe il peut y avoir du dumping et de la délocalisation fiscaux???? Détruire des emplois en France pour construire des usines en Espagne, ou fermer un siège en France pour en ouvrir un en Irlande! L'absurdité la plus complète de la construction européenne. Cette Europe-là n'intéresse plus personne (hors milieux financiers!)!
Réponse de le 14/04/2015 à 12:34 :
Surtout que quand ces pays sont en faillite, ils ne se gênent pas pour demander de l'argent aux pays spoliés. Ces mêmes pays qui renfloue sans conditions ( 85 milliards € pour l'Irlande)

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