Pénurie de composants : STMicroelectronics s'envole en 2021 (CA +24,9%)

La forte demande mondiale en semi-conducteurs profite au leader franco-italien des semi-conducteurs STMicroelectronics (45.000 salariés dans le monde dont 10.000 en France) qui voit ses prévisions se concrétiser au-delà même de ses espérances. À la Bourse de Paris, les investisseurs se bousculaient, provoquant une belle hausse du cours de l'action.
Le fabricant franco-italien STMicroelectronics, qui compte 46.000 employés dans le monde dont quelque 10.000 en France, est présent sur tous les continents.
Le fabricant franco-italien STMicroelectronics, qui compte 46.000 employés dans le monde dont quelque 10.000 en France, est présent sur tous les continents. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

[Article publié le 7.01.2021 à 12:09, mis à jour avec cours de Bourse à 16:41]

Portée par l'immense demande mondiale de composants électroniques, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics (qui compte 45.500 employés dans le monde dont 10.100 en France) a vu ses ventes franchir la barre des 12 milliards de dollars (12,76 milliards précisément), soit une progression de +24,9% sur l'ensemble de 2021, selon les chiffres publiés par le groupe aujourd'hui.

Un résultat au-delà même des prévisions du PDG du groupe, Jean-Marc Chéry, qui, en juillet, déclarait:

« Nous conduirons désormais la Société sur la base d'un plan de chiffre d'affaires pour l'exercice fiscal 2021 de 12,5 milliards de dollars, plus ou moins 100 millions de dollars, soit une augmentation de 22,3 % en variation annuelle au point médian.»

Dans le détail, les ventes de STMicroelectronics au 4e trimestre ont été particulièrement exceptionnelles, atteignant 3,56 milliards, soit une hausse de +11,2% par rapport au trimestre précédent alors que le groupe prévoyait une hausse de "seulement" 6,3%.

La marge brute a suivi également une évolution positive pendant le trimestre, "dans le haut de notre fourchette de prévisions ou légèrement au-dessus", annoncé le PDG du groupe Jean-Marc Chery, cité par le communiqué.

Si le groupe n'a pas donné aujourd'hui de chiffres précis (il réserve les résultats détaillés de 2021 et ses prévisions 2022 pour un prochain rendez-vous fixé au 27 janvier prochain), on peut toujours dans l'intervalle se reporter à ceux annoncés en juillet dernier au moment des résultats des second et troisième trimestres.

« En variation annuelle, le chiffre d'affaires net du deuxième trimestre a augmenté de 43,4 %. La marge brute du deuxième trimestre est ressortie à 40,5 % et la marge d'exploitation à 16,3 %, en hausse de respectivement 550 et 1 120 points de base tandis que le résultat net s'est établi à 412 millions de dollars, en hausse de 357,2 %.", expliquait en juillet 2021 le PDG du groupe.

Au troisième trimestre, selon les chiffres publiés fin octobre 2021, le chiffre d'affaires augmentait encore de 20%, tandis que le bénéfice net, lui, doublait quasiment (à 474 millions de dollars).

|Lire: Le cap des 12 milliards de dollars arrivera plus vite que prévu pour STMicroelectronics

Ce rendez-vous du 27 janvier 2022 s'annonce donc très bien et Jean-Marc Chery l'exprime en ces termes:

«J'ai hâte de fournir des détails supplémentaires sur le quatrième trimestre et l'année 2021 ainsi que sur nos prévisions pour le premier trimestre 2022 lors de notre appel de résultats le 27 janvier 2022 », a-t-il déclaré.

En Bourse, cette annonce, qui anticipe les résultats définitifs de fin janvier, a propulsé le cours de l'action de +5,62% à 45,31 euros (+2,41), autour de 12 heures, heure de Paris. Vers 16h40, le cours maintenait sa hausse à encore +3,62%.

La montée en puissance de l'électronique automobile anticipée avant la pandémie

La pandémie de coronavirus a désorganisé les chaînes logistiques mondiales, mettant  en lumière la dépendance de l'industrie mondiale aux composants électroniques fabriqués surtout en Asie.

La pénurie de ces composants cruciaux, incorporés à un nombre toujours croissant de produits de consommation courante (appareils électroménager, téléphones mobiles...) a notamment provoqué ces derniers mois des fermetures d'usines automobiles car les voitures actuelles sont bardées d'assistance à la conduite ou à la navigation, avec force écrans tactiles et capteurs de toutes sortes, tendance encore amplifiée avec l'électrification des gammes de véhicules.

Mais cette tendance avait déjà été bien identifiée et anticipée comme le rappelle le PDG dans l'entretien qu'il accordait à La Tribune le 5 novembre dernier:

"Nous avions en effet, bien avant cette crise, anticipé trois tendances de fonds qui se sont confirmées : la montée de l'électrification au sein de la mobilité (dans les voitures, scooters, camions, etc), mais aussi la digitalisation des véhicules, qui peut elle aussi se résumer en trois axes : la conduite plus sûre vers la conduite autonome, la connectivité de la voiture, c'est-à-dire sa capacité à mettre à jour elle-même ses propres logiciels, mais aussi le fait de vouloir rendre les véhicules classiques plus efficients," expliquait-il.

|Lire: « STMicroelectronics va doubler ses moyens de production en Europe d'ici 2025 » Jean-Marc Chéry, PDG

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Commentaire 1
à écrit le 08/01/2022 à 18:37
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Belle performance, mais la majorité de producteurs de semi-conducteurs progressent fortement. La moyenne pour 2021 est haute : +25% Samsung +34%, TSMC +24, SKH +38, Micron +33, Qualcomm +29, Nvidia +23. Parmi les costauds, seul Intel plante -1%. ...

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