Le marché des semi-conducteurs a connu une activité record en 2022. Quelques entreprises ont profité de cet emballement de marché, tiré par les pénuries de ces composants essentiels aux appareils électroniques. Parmi elles, la française Soitec, un fabricant de substrats innovants (des éléments servant à la confection de puces) basé à Bernin, près de Grenoble. Soitec a ainsi affiché une hausse de son chiffre d'affaires de 26%, à 1,1 milliard d'euros pour son exercice fiscal 2022-23 (clos le 31 mars 2023) et un résultat opérationnel courant en hausse de 37%, à 267 millions d'euros, selon les résultats publiés jeudi.
« Le groupe a montré sa résilience et sa capacité d'adaptation, dévoilant ainsi la marge opérationnelle la plus élevée de son histoire, à 36% », a souligné dans une note Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez le courtier eToro. Suite à la publication de ses résultats exceptionnels, le cours de la société coté à Euronext a grimpé de 1,1% sur un jour, à 138,3 euros ce jeudi.
Pour Pierre Barnabé, le PDG de l'entreprise, cette croissance s'explique par deux facteurs. « On est dans un marché pour lequel la demande est massive, notamment avec la hausse du nombre de composants dans les voitures et les téléphones », justifie-t-il. Selon les chiffres de Soitec, le marché mondial des semi-conducteurs valait 100 milliards d'euros en 1995, 300 milliards en 2010 et 575 milliards en 2023. Une inflation de la demande que le constructeur, qui emploie 2.100 personnes, a réussi à capter « car nos produits apportent une spécificité en termes d'application et de consommation d'électricité », justifie le chef d'entreprise.