Comment protéger la cryptographie du Big Bang quantique
Guillaume Renouard
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Un ordinateur quantique.
IBM
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Un ordinateur quantique.
IBM
La cryptographie est invisible. Mais elle rend l'usage des technologies numériques possibles. Enfouies au cœur des réseaux, sous les couches de silicium, des briques de logiciel assurent la confidentialité de nos échanges par courriel et de nos mots de passe, ainsi que l'intégrité de nos transactions bancaires. Bref, toute la partie privée de l'internet.
Cette architecture s'appuie sur des problèmes mathématiques très complexes à traiter, y compris pour des ordinateurs, comme la rapide factorisation de deux grands nombres entiers. Mais une nouvelle technologie pourrait bientôt la rendre totalement obsolète : il s'agit de l'informatique quantique.
La menace ne date en réalité pas d'hier : elle remonte à 1994, date à laquelle Peter Shor, un mathématicien américain, met au point un algorithme resté célèbre sous le nom d'«
algorithme de Shor
». Utilisé par un ordinateur quantique, il permettrait de casser les problèmes de cryptographie traditionnelle.
Si la découverte de Shor ne suscite pas immédiatement un vent de panique dans le monde entier, c'est parce que l'idée qu'un ordinateur quantique puisse voir le jour est alors loin d'être certaine, encore moins à un horizon temporel proche. Mais depuis une dizaine d'années, la technologie progresse à vive allure. Géants technologiques et start-up ont conçu les uns après les autres des machines fonctionnelles, accumulant un nombre de qubits toujours plus grand, jusqu'à ce que, coup de tonnerre, le processeur quantique Sycamore de Google atteigne en 2019 la suprématie quantique. En d'autres termes, il est parvenu à effectuer en quelques minutes une opération qui aurait pris 10 000 ans à un ordinateur traditionnel.
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Les ordinateurs quantiques ouvrent des possibilités formidables dans des domaines aussi vastes que la pharmaceutique, la climatologie et la finance. Mais dans le domaine cryptographique, ils suscitent des sueurs froides. L'Anssi estime que dès 2030, l'informatique quantique pourrait poser un risque à la cryptographie traditionnelle.
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