Après le 15, voici venus les ambulanciers du risque Cyber. Face à l’explosion du nombre d’attaques, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) invite les Régions à créer des centres de premier secours pour répondre dans l’urgence aux institutions et entreprises victimes de hackers malveillants. La Normandie répond présente.Phishing, ransomware, piratage... Plus un jour ne passe sans qu'une entreprise ou une collectivité ne fasse état d'une cyberattaque, comme récemment la marque Lise Charmel dans la région lyonnaise qui a failli ne pas s'en relever. Les statistiques donnent le tournis. De plus en plus sophistiquées, les campagnes dites de « hameçonnage » ont bondi de plus de 700% dans le monde au cours des dernières années. En France, les signalements de rançongiciels ont été multiplié par quatre en 2020, mettant à genoux ici une mairie, là un hôpital, ailleurs une grosse PME.
Face à la montée des menaces et à la vulnérabilité croissante des organisations fragilisées par le télétravail, l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) voudrait voir émerger au sein des Régions des équipes d'urgentistes capables d'administrer les premiers secours aux victimes, souvent démunies, des cybercriminels. Dans le cadre de France Relance, elle a obtenu des fonds pour accompagner les Conseils régionaux dans la mise en place de ce qui s'apparente à des « cyber SAMU ». Dans le jargon : des CSIRT (Computer Security Incident Response Team).
Dans le ventre mou de la cybersécurité
Message reçu par la Région Normandie dont les élus viennent de voter la création d'un CSIRT « au plus tard au second semestre de 2022 ». Comme ses équivalents, le dit centre n'adressera ni les grands comptes outillés pour faire face à une attaque, ni les particuliers et les TPE pour qui existe la plateforme cybermalveillance.fr. En revanche, il proposera un service d'assistance gratuit aux structures de taille intermédiaire (PME, ETI, collectivités de plus de 5.000 habitants, établissements publics, grosses associations). Lesquelles sont souvent considérées comme le ventre mou de la cybersécurité parce que trop petites pour disposer d'un service informatique mais suffisamment grandes pour intéresser les pirates.
Les missions de ces ambulanciers du Net ? Centraliser les demandes, enregistrer les victimes de cyberattaques, leur apporter une aide de premier niveau (conseils, mise en œuvre de solutions immédiates) et les rediriger vers le prestataire ad hoc. Normand, de préférence. Pour Fabrice Clerc, PDG de 6cure, société caennaise spécialisée dans la sécurité des systèmes d'information, l'offre viendra combler un vide.