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Découvrez les vainqueurs du concours #10000Startups pour changer le monde

Stéphanie Borg, Romain Charbonnier, Anaïs Cherif, Gaëtane Deljurie, Florine Galéron, Mikaël Lozano, Sylvain Rolland

Publié le 09 avril 2018 à 19:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:06

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Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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[PALMARES] L'aventure #10000startups a commencé en octobre dernier, lors du sommet Hello Tomorrow -un événement mondial dédié à l'innovation de rupture-. Le jury, composé de spécialistes, s'est fendu d'une tournée dans huit métropoles françaises pour partir à la rencontre d'entrepreneur(e)s audacieux de tous les horizons, puis d'une escale à Casablanca pour soutenir l'explosif dynamisme de la scène tech africaine. Qui sont les neuf grands gagnants de la cuvée 2018 ?

Près de cinq cents jeunes entrepreneur(e)s ont postulé. La Tribune a sélectionné entre quinze et vingt startups par étape régionale. Puis, chaque candidat a dû « pitcher » pendant sept minutes, devant un jury régional. Les lauréats de cette première étape se sont ensuite retrouvés à Paris, le 6 mars, pour la grande finale.

Les vainqueurs ont été révélés le 9 avril en présence de Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'Etat au Numérique, au Grand Rex à Paris devant 2.000 entrepreneurs et investisseurs venus de toute la scène French Tech. La Tribune a aussi remis un prix spécial, celui de « l'Entrepreneur de l'année », aux trois cofondateurs de Blade, qui inventent le Shadow ou le « PC du futur ». Sa croissance exponentielle et ses ambitions mondiales (51 millions d'euros levés à l'automne dernier, 5ème plus grand tour de table de 2017) en font un exemple à suivre.

  • Catégorie Cloud-IA-Data

Nicolas Méric, Dreamquark (Ile-de-France)

DreamQuark, la startup qui « fait parler » les algorithmes

Adoptée par une quinzaine de géants de la banque et de l'assurance, la plateforme d'intelligence artificielle de DreamQuark fournit des solutions métier sur-mesure et rend enfin compréhensible les décisions des algorithmes.

Comment rendre intelligibles et transparentes les décisions des algorithmes ? C'est un enjeu majeur pour la démocratisation de l'intelligence artificielle, qui s'insère dans nos vies et est amenée à régner sur la prise de décision automatisée. Et pour cause : dans des domaines aussi sensibles que la santé, la banque ou l'assurance, il est essentiel de comprendre pourquoi l'algorithme propose telle ou telle solution. A la fois pour que le bénéficiaire puisse lui faire confiance, et pour les régulateurs et les professionnels qui utilisent l'outil puissent eux-mêmes « tracer » la décision.

Nicolas Méric
Photo d'illustration (Crédits : DR)

C'est le défi relevé avec brio par Nicolas Méric, le fondateur et Pdg de la startup parisienne DreamQuark. Au moment de se lancer en 2014, l'entrepreneur souhaitait créer des solutions d'IA pour aider les médecins dans leurs diagnostics. Mais c'est dans la banque et dans l'assurance que le docteur en physique des particules a trouvé des clients. DreamQuark a mis au point une plateforme d'intelligence artificielle baptisée Brain. Déjà adoptée par une quinzaine de grands comptes français (dont BNP Paribas, le groupement des cartes bancaires ou encore l'assureur AG2R La Mondiale), Brain propose une légion d'applications métier nourries à l'intelligence artificielle. Son secret : l'apprentissage profond, ou deep learning. Brain collecte les données internes, les trie et les traite dans un même format afin d'identifier la meilleure réponse possible selon la problématique, qu'il s'agisse de lutte contre la fraude et le blanchiment, d'un octroi de crédit, de l'identification en amont de clients insatisfaits, de prospection commerciale ou encore de gestion des ressources humaines.

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Tech & IA

Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Illustration de la newsletter Tech & IA

Partisan d'une IA accessible à tous, DreamQuark met un point d'honneur à rendre transparente la prise de décision.

«L'IA fera peur tant qu'on ne sortira pas de l'approche « boîte noire » où il faut faire confiance les yeux fermés à une machine dont on ignore tout du fonctionnement, explique Nicolas Méric.Donc nous faisons en sorte que l'utilisateur comprenne les mécanismes de la prise de décision en expliquant noir sur blanc quelle données ont été utilisées, pourquoi et selon quelles variables», ajoute-t-il.

De quoi augmenter le ROI de ses clients et contribuer à intégrer l'IA dans le quotidiens des professionnels. En pleine croissance, DreamQuark a déjà levé 3,5 millions d'euros depuis sa création et prépare actuellement un gros tour de table pour s'internationaliser. Son but : devenir « un leader mondial des solutions à base IA », d'abord dans la banque et l'assurance, et pourquoi pas, à terme, dans d'autres secteurs comme la santé, les transports et l'industrie.

Sylvain Rolland

  • Catégorie Industrie 4.0

Benoit Bellavoine, XP Digit (Hauts-de-France)

XP Digit : un balisage connecté pour sécuriser les chantiers

A 30 ans, Benoit Bellavoine est le co-fondateur avec Sébastien Delvart d'une solution connectée permettant de sécuriser un chantier de maintenance en quelques minutes.

« Nous sommes partis d'une feuille blanche : les difficultés techniques et technologiques se sont multipliées. Nous avons rencontré beaucoup d'échecs. Au début, c'était très frustrant », reconnaît Benoit Bellavoine, 30 ans, diplômé de Centrale Lille, co-fondateur avec Sébastien Delvart de la jeune entreprise XP Digit, installée entre Villeneuve d'Ascq (près de Lille) et Rennes, où elle est accélérée dans le « Village by CA ».

Après 18 mois de recherche et développement, le résultat est aujourd'hui au rendez-vous : Kypsafe est une solution, brevetée et co-développée avec Enedis (ex-ERDF), permettant de sécuriser un chantier de maintenance en quelques minutes. Techniquement, le produit connecte des balises placées dans des cônes ou sur des barrières par exemple, aux badges portés au casque ou au brassard des travailleurs.

Kypsafe peut non seulement avertir mais également « supposer » un accident et donner l'alerte en cas de chute ou d'immobilisation. Sa micro-localisation est ultra-précise, de l'ordre de 50 centimètres avec une réactivité inférieure à 500 milli-secondes. Développé avec un protocole de communication maison, Kypsafe ne nécessite pas d'alimentation électrique, pas de GPS, ni de réseau cellulaire : le produit est véritablement « plug and play ».

C'est d'ailleurs ce qui différencie XP Digit des autres acteurs du marché.

Benoit Bellavoine
Photo d'illustration (Crédits : DR)

En 2015, la jeune pousse était pourtant spécialisée dans la géolocalisation et la contextualisation de l'information touristique grâce à un petit boîtier beacon mêlant bluetooth et GPS, afin d'apporter des réponses concrètes et personnalisées aux voyageurs en vacances. Jusqu'à ce que XP Digit remporte le concours innovation Enedis sur la thématique des réseaux intelligents. Et soit propulsé dans le monde de la maintenance industrielle...

« Enedis nous a apporté une vision précise du besoin, avec la possibilité de tester les solutions en grandeur réelle », souligne Benoit Bellavoine.

XP Digit a donc transposé sa solution à la maintenance électrique « à travers un système autonome de virtualisation de chantier et de géolocalisation des techniciens : leur sécurité est assurée par le déclenchement d'alertes sonores et vibratoires aux abords des zones de danger. »

Outre le domaine de l'électricité, le potentiel de développement concerne l'ensemble de la maintenance industrielle, du BTP, de l'énergie, des transports ou de la logistique. La start-up ambitionne de se développer en Europe et en Amérique du Nord.

« Ce projet avec Enedis a changé la vision du sens que l'on donnait à l'entreprise, reconnaît Benoit Bellavoine. Auparavant, nous travaillions dans le tourisme, désormais nous assurons la sécurité des hommes, en sauvant des vies ».

Gaëtane Deljurie

  • Catégorie Environnement

Raphaël Mayer, Lancey Energy Storage (Auvergne-Rhône-Alpes)

Lancey Energy Storage, le radiateur intelligent qui stocke l'électricité

En lançant Lancey Energy Storage et son radiateur intelligent, ce grenoblois d'adoption entend révolutionner l'usage des batteries de stockage et promouvoir efficacement l'électricité verte.

Avec son solide bagage universitaire - un diplôme de l'école Polytechnique de Lausanne doublé d'un doctorat en énergie solaire de l'Université Grenoble Alpes —, Raphael Meyer aurait aisément pu poursuivre sa carrière au sein de grands groupes internationaux. Mais son expérience d'un an chez Samsung Electronics, en Corée du Sud, ne le convainc pas.

"Je suis revenu de ces trop grandes industries. Je voulais prendre une part beaucoup plus active dans la transition énergétique. L'entrepreneuriat me permet d'allier l'action et la conviction, de bonnes qualités pour un dirigeant", souligne le docteur à l'origine du premier brevet fondateur de Lancey Energy Storage."Ce qui est intéressant, quand on est un jeune chercheur, c'est de pouvoir concrètement appliquer son savoir-faire scientifique", poursuit le cofondateur de la start-up avec Gilles Moreau, un ancien du CEA Liten expert en batterie et Hervé Ory, un senior entrepreneur.

Et pour ce qui est de l'apprentissage de la création d'entreprise ?

"Pour cette part, je suis un vrai autodidacte, s'amuse le dirigeant. Je me suis renseigné, j'ai beaucoup lu, je suis très curieux. Nous bénéficions surtout à Grenoble d'un écosystème très riche où l'on peut rapidement rencontrer des personnes ressources. Il y a tout un tas de gens très inspirants qui nous aident à nous forger une armure de dirigeant".

Ainsi, la jeune pousse est accompagnée par les pôles de compétitivité Tenerdis et Minalogic. Elle est en outre hébergée chez le fabricant mondial de composants électroniques, STMicroelectronics, également basé à Grenoble.

"C'est notre soutien et notre atout crédibilité, notamment aux yeux des autres acteurs industriels. Cela nous permet de sortir du garage", précise le franco-suisse.
Raphaël Mayer,
Photo d'illustration (Crédits : DR)

À 29 ans, Raphael Meyer s'inscrit avant tout dans la transition énergétique.

"Je ne crois pas à la révolution. Je pense que l'on peut passer, en douceur, d'un modèle d'un à un autre en faisant attention à la case sociale. On ne peut pas tout fermer d'un coup, la transition doit être harmonieuse", précise le passionné de batterie — dans tous les sens du terme — puisqu'il joue également de la batterie acoustique dans un petit groupe de rock français "pour décompresser".

Avec ses radiateurs intelligents, dotés d'un système capable de gérer l'énergie en s'appuyant sur une batterie de stockage, dont il démarre la commercialisation, la start-up de 15 salariés ambitionne d'atteindre les 10 000 radiateurs vendus et produits en 2019 et vise rapidement le marché européen. Le fondateur prépare également "une levée de fonds de série A pour le 3e trimestre 2018".

Stéphanie Borg

  • Catégorie Santé

Amélie Thépot, Labs Skin Création (Auvergne-Rhône-Alpes)

Labs Skin Création : de la peau imprimée en 3D

Auteure d'une première mondiale, l'impression 3D de peau humaine, Amélie Thépot espère pouvoir réaliser des greffes humaines en imprimant à partir des cellules de grands brûlés directement en laboratoire.

Loin du monde de l'entrepreneuriat, Amélie Thépot a longtemps évolué dans le milieu de la santé aussi bien en laboratoire qu'en institut ou pour le compte d'une société de biotechnologie. Mais cette docteur en biologie cellulaire a franchi le pas, en janvier 2014, en créant Lab Skin Creations, une entreprise spécialisée dans la culture de tissus cutanés pour l'industrie cosmétique, notamment. LVMH, L'Occitane, etc. ont fait appel à elle pour tester et mesurer scientifiquement l'efficacité de certains produits.

«L'activité existait déjà au sein du laboratoire des substituts cutanés de l'Hôpital Edouard Herriot avec lequel je travaille depuis longtemps. Simplement, les médecins n'avaient pas le temps de développer l'activité,explique l'entrepreneure. Je l'ai reprise, avec leur bénédiction. »

Amélie Thépot va plus loin dans le développement de ce concept, puisqu'en collaborant avec la plateforme lyonnaise universitaire 3DFab, installée sur le campus LyonTech-La Doua, avec qui elle s'associe en 2015, elle est aussi en capacité d'imprimer de la peau humaine.

«L'impression 3D réduit de moitié le temps de culture des cellules et permet d'imprimer le derme directement sur le corps du patient. »
Amélie Thépot
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Une première mondiale car jusque-là, la culture permettait seulement d'obtenir du derme. Avec une encre spécifique, là réside la petite révolution de l'entreprise. A l'image de la haute-couture, la dirigeante fait dans la « haute-culture », en réalisant du sur-mesure, capable ainsi de jouer sur l'âge, l'ethnie, la sécheresse ou l'exposition à la pollution. Après que les tests sur les souris eurent été concluants, Lab Skin Creations espère pouvoir greffer l'homme d'ici quelques années, notamment à destination des grands brûlés. Il serait ainsi possible d'imprimer de la peau depuis le bloc opératoire, sans risque de rejet puisque les cellules seraient prélevées directement sur le patient. C'est la raison pour laquelle, cette innovation a été financée, entre autres, par l'armée français, convaincue du bien-fondé de cette technologie, et qui nécessitera plusieurs millions d'euros d'investissement à l'avenir.

Romain Charbonnier

  • Catégorie Tech For Good

Nelly Meunier, Sunday (ex-Hopen Family) (Nouvelle Aquitaine)

Sunday, rayon de soleil et trait d'union entre les familles

Avec cette clé connectée à brancher sur le téléviseur, la startup bordelaise réinvente la relation entre les familles et les seniors, afin de partager de façon simple les mêmes contenus.

« La technologie peut répondre à de vraies problématiques sociales. Notre but est bien là », certifient Nelly Meunier et Yoann Ebrard, cofondateurs de Sunday. La startup bordelaise, créée en 2015, a mis au point une clé connectée qui se fixe au poste de télévision des seniors. L'objectif : rompre leur isolement et leur permettre de recevoir les contenus (photos, vidéos, textes), partagés par leur famille, sur leur poste de télévision plutôt que sur des outils informatiques qui ne sont pas généralisés dans cette catégorie de population et que beaucoup peinent à maîtriser.

« Les grands-parents n'ont rien à faire si ce n'est, pour le moment, appuyer sur un bouton de la télécommande. C'est exactement ce que nous voulions. Qu'ils soient spectateurs sans avoir à utiliser Internet », explique Nelly Meunier.

De son côté la famille peut envoyer photos et vidéos grâce à une application mobile. Sunday travaille aussi en BtoB avec des Ehpad, maisons de retraite et établissements de santé, qui utilisent la solution comme un support de communication (menus ou conseils affichés sur la télévision) avec leurs patients afin de les toucher par un autre canal, plus pratique et efficace que le format papier par exemple. Progressivement, de nouveaux cas d'usage sont apparus : enfants à l'hôpital, centres de réhabilitation...

Nelly Meunier
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Sunday est partie d'une expérience personnelle il y a 2 ans.

« Ma grand-mère était en maison de retraite, ma sœur en Chine, mon frère à Londres et moi à New-York. Alors que c'était très difficile de communiquer avec elle, nous avons développé une solution innovante devenue aujourd'hui Sunday », précise Nelly Meunier.

Une fois l'idée lancée, Sunday s'est entourée de laboratoires de la région Nouvelle-Aquitaine en R&D pour l'accompagner sur les étapes de développement de la solution dans les domaines de la cognitique, de l'Internet des objets et du vieillissement. La solution est pour l'instant commercialisée auprès des établissements de santé tels que les Ehpad et les résidences seniors.

Courant octobre ou novembre, elle sera distribuée chez certains grands distributeurs type Fnac ou Darty, sur le site de la startup et quelques places de marché. D'ici là, la startup aura changé de nom et se sera rebaptisé Sunday

« Le dimanche, c'est le jour de la famille, du repos, le moment de faire des activités et de prendre le temps de profiter de ses proches. Le moment de faire le tri de ses photos et de les partager. Sunday, le jour du soleil, prend toute sa place dans notre univers », explique Nelly Meunier.

Qui n'en est pas à sa première solution : sa startup a en effet développé Cordon numérique avec l'appui du CHU de Bordeaux, qui permet aux parents de recevoir des séquences vidéo de leur nouveau-né hospitalisé sous le contrôle des professionnels de santé.

Mikaël Lozano

  • Catégorie Start

Gianmarco Scalabrin, Electric Visionnary Aircraft (Occitanie)

EVA rêve de taxis aériens autonomes

Fini les bouchons. Gianmarco Scalabrin n'a que 24 ans, mais avec Electric Visionnary Aircraft, il travaille déjà sur des taxis volants autonomes. De quoi révolutionner nos villes.

Gianmarco Scalabrin a tout juste 24 ans. Après deux années passées chez Amazon, cet ingénieur italien est devenu à l'automne dernier le directeur de la technologie de la startup toulousaine Eva (pour Electric visionary aircrafts). Cette jeune société veut mettre au point des taxis aériens autonomes.

"Nous sommes partis d'un constat partagé dans les villes du monde entier : il faut trouver des alternatives face aux bouchons automobiles et rendre ces trajets urbains plus agréables. Le taxi aérien fera 5 mètres de long par deux mètres de large, ce qui lui permettra de se garer sur une place de parking. L'appareil pèsera moins d'une tonne et sa charge utile sera de 200 kg. Nous étions partis à l'origine sur un appareil monoplace mais désormais nous planchons sur un engin capable de transporter deux personnes en même temps", explique Gianmarco Scalabrin.

Eva est loin d'être isolé face à un marché des taxis aériens autonomes en pleine ébullition. Le Chinois Ehang a posté en février dernier une vidéo d'un vol avec un passager quelques jours après qu'Airbus ait diffusé une photo de son premier essai à cinq mètres du sol de son prototype Vahana en Californie.

Gianmarco SCALABRIN
Photo d'illustration (Crédits : Reuters)

De son côté, Eva a pris ses quartiers au novembre 2017 sur l'ancienne base militaire de Francazal, au sud de Toulouse.

"Je ne connaissais pas la région toulousaine auparavant. Mais c'est super puisque des sociétés très innovantes comme Hyperloop TT ou EasyMile sont également installées sur le site. Et puis, la piste d'essais se situe juste en face des bureaux", relève le jeune ingénieur.

L'équipe d'Eva est pour l'instant composée du Français Olivier Le Lann (ex-Tesla) en tant que directeur général, du CTO italien Gianmarco Scalabrin, d'un directeur financier japonais et d'un responsable design venu d'Inde. La société a également embauché cinq ingénieurs supplémentaires il y a quelques mois et table sur un effectif de 20 personnes d'ici fin 2018. Ces renforts doivent permettre à Eva de réaliser ses premiers prototypes.

"Nous espérons faire voler un appareil à l'échelle 1/5e d'ici quelques mois et réaliser le premier vol d'un engin à taille réelle en fin d'année", assure Gianmarco Scalabrin.

Étant donné que le survol des villes par de tels engins est actuellement interdit en Europe, la startup mise en priorité sur les mégalopoles asiatiques plus souples au niveau de la réglementation pour lancer les vols commerciaux. Par ailleurs la startup prévoit de réaliser un premier tour de table de 10 millions d'euros d'ici fin 2018 avant une levée de fonds de 100 millions d'euros en 2019.

Florine Galéron

  • Catégorie Coup de coeur

Lucile Noury, Green Creative (Ile-de-France)

Green Creative donne une nouvelle vie à vos déchets

Star du CES de Las Vegas avec son robot de tri connecté R3D3, Green Creative commercialise surtout le Flexidry, un déconditionneur de déchets haute performance sur la base d'une technologie unique au monde.

Lucille Noury n'a jamais eu froid aux yeux. Entrepreneure depuis ses 24 ans, la jeune ingénieure de 30 ans dirige aujourd'hui l'une des startups les plus prometteuses de la « green tech » française. Et pour cause : Green Creative conçoit et commercialise le Flexidry, un déconditionneur haute performance de déchets. Sa technologie unique au monde, confirmée par quatre brevets, pousse encore plus loin le traitement et la revalorisation des déchets quotidiens. L'appareil, vendu aux professionnels du recyclage avec l'ensemble de la ligne nécessaire au métier de déconditionnement (trémie d'alimentation, pompe, vis d'évacuation...) permet d'obtenir une « soupe organique » de déchets de bien meilleure qualité que les solutions existantes. Par exemple, Flexidry sait parfaitement séparer le reste de jambon de la barquette qu'on souhaite recycler, ce qui n'était pas possible auparavant.

«Nous concevons le Flexidry de A à Z : nous sommes propriétaires de la technologie, nous fabriquons le produit nous-même dans nos propres unités de production, nous le commercialisons et nous proposons des abonnements pour la maintenance et le conseil», revendique Lucille Noury, qui emploie pour l'heure près de 25 salariés.

Confiante dans son avance technologique, la startup compte aussi attaquer les marchés européens et internationaux, en commençant par l'Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède.

Lucile Noury
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Si le Flexidry lui apporte la quasi-totalité de ses revenus, Green Creative n'oublie pas de se diversifier, notamment pour attirer les médias et les investisseurs. Au CES de Las Vegas, le grand raout mondial de la high tech, Lucille Noury a créé deux fois la sensation. D'abord en 2015, lorsqu'elle a présenté le prototype du R3D3, un robot de tri connecté. Puis en 2018, lorsqu'elle a exhibé sa version définitive, commercialisée dans la foulée auprès des entreprises.

«Nous avons constaté que le tri était régulièrement mal fait, et il y avait souvent une demande de la part des salariés et des entreprises pour adopter une démarche environnementale. Avec mon associé, Rémi Gomez, nous voulions créer une solution plus ludique et high-tech», explique Lucille Noury. Ainsi, R3D3 permet d'analyser, de trier, mais aussi de compacter automatiquement le

s déchets de boisson, c'est-à-dire les canettes, bouteilles, gobelets en carton et en plastique. Cette poubelle connectée peut engloutir un déchet en six secondes chrono, et stocker l'équivalent de 100 bouteilles, 300 canettes et 400 gobelets. Une fois pleine, la poubelle alerte par e-mail l'équipe chargée de l'entretien. Le client peut suivre le parcours des déchets sur une plateforme en ligne. Pour compléter son offre, Green Creative a aussi présenté au CES 2018 Armada, son nouveau prototype. Pensé comme une borne de tri, ce robot permettra de trier tous les déchets - du métal au verre, en passant par les détritus organiques. Il devrait être disponible en septembre 2018.

«Ma vision est de créer tout un écosystème d'équipements au service d'une meilleure valorisation des déchets», décline Lucille Noury.

Préparez-vous à ce que le R3D3 entre dans votre quotidien : si la startup compte déjà Bpifrance et Bouygues parmi ses clients, elle espère imposer le R3D3 dans les universités, les musées, les aéroports ou encore les gares.

  • Catégorie International

Morgane Canastra, Wyker (Grand Est)

Wyker, le Facebook des fans de musique

Passionnée de musique et de numérique, Morgane Canastra a créé l'application mobile Wyker en 2016 pour trouver des compagnons de concerts. Entre Facebook et Tinder, l'application réalise un « matching social » basé sur les goûts musicaux.

Wyker est né d'une frustration : un trop-plein de concerts manqués.

« J'ai eu le déclic en septembre 2014 lorsque j'ai loupé un concert de Kraftwerk, se souvient Morgane Canastra, 27 ans, fondatrice de Wyker. Je me suis rendue compte qu'on passait souvent à côté de concerts parce qu'on n'avait personne pour nous accompagner ou tout simplement, parce que nous l'avions appris trop tard. »

Cette passionnée de musique a alors une idée : créer une application mobile, à mi-chemin entre Facebook et Tinder, pour réaliser du « matching social » à partir des goûts musicaux des utilisateurs. Wyker met actuellement en relation des amis mais elle permettra bientôt de rencontrer des mélomanes inconnus, à la façon des appli de rencontres.

« Notre algorithme scanne les musiques écoutées par l'utilisateur sur Spotify et Deezer, ainsi que celles de ses amis »pour établir un profil musical, explique Morgane Canastra.

L'application peut ensuite faire des recommandations de concerts en France parmi les 4.000 événements référencés en continu. « L'algorithme est pondéré par une dizaine d'autres critères, comme la géolocalisation mais aussi l'humeur du moment grâce aux dernières écoutes », poursuit la fondatrice, qui se décrit comme « une vraie geek ». Développé pendant un an, l'algorithme fonctionne avec du « machine learning ».

Morgane Canastra
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Wyker vise principalement « la tranche haute des millenials, de 18-25 ans jusqu'à 35 ans », précise Morgane Canastra. Lancée officiellement le 19 mars 2018, l'application gratuite est disponible en France sur iOS et Android. La startup de 4 salariés, située à Nogent-sur-Seine (Aube), base son business model sur la publicité et la vente de places de concerts. L'application permet d'acheter directement ses billets via le service Digitick. La startup prélève alors 3% du prix de vente d'une place. Le but : organiser son concert de A à Z, sans sortir de l'application.

« Bien souvent, on repère un concert sur Facebook, on s'organise avec des amis sur WhatsApp et on achète les billets sur Digitick, liste Morgane Canastra.Nous voulions tout centraliser dans une seule et même appli. »

L'application est testée à New-York à partir de cette semaine [semaine du 09 avril]. Pour mieux s'y implanter, Wyker prépare une levée de fonds en série A de 2 millions d'euros, à boucler d'ici l'été. L'application a déjà réalisé une levée de fonds en seed de 350.000 euros en janvier 2018 auprès de business angels.

Anaïs Cherif

  • Afrique

Rabeb Fersi, IFarming (Tunisie)

IFarming, pionnière de l'agritech

IFarming fondée en 2017, est une pionnière dans le domaine de l'agriculture intelligente ou « Smart Agriculture » en Tunisie.

IFarming est une jeune startup fondée en 2017 en Tunisie par Rabeb Fersi, spécialisée dans l'édition et la conception des applications web et mobiles pour l'agriculture, l'agroalimentaire et l'environnement. Deux solutions sont mises en avant par la jeune pousse : Phyt'Eau, une plateforme innovante rassemblant l'agriculture et l'IoT (l'Internet des objets) pour la gestion de l'irrigation en temps réel. Phyt'Eau est une solution qui permet la prédiction des doses d'irrigation. La seconde plateforme interactive, SENYA, est destinée à la planification, la gestion et le suivi de toutes les activités de production durant la campagne agricole, ainsi que l'assistance technique et scientifique de proximité assurée par des experts de la startup.

Rabeb Fersi
Photo d'illustration (Crédits : DR)

Les solutions d'IFarming permettent la préservation des ressources hydriques qui deviennent de plus en plus rares avec le dérèglement climatique, la rationalisation des apports en intrants agricoles (pesticides, engrais, ...) pour une agriculture durable et respectueuse de l'environnement. In fine, elles permettent un support pour les investissements agricoles : diminution des coûts de production agricole (énergie, intrants, ...) et par conséquence l'augmentation du revenu, tout en contribuant à l'amélioration de la qualité des productions agricoles offrant des possibilités de toucher de nouveaux marchés.

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METHODOLOGIE

10.000 startups pour changer le monde en chiffres

  • Près de 500 candidatures
  • 8 grandes régions autour d'une métropole : Lille, Nancy, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Paris
  • 6 catégories : Environnement et Transition Energétique, Industrie 4.0, Tech for good, Santé, Cloud Data IA et Start
  • 48 lauréat(e)s régionaux, soit 1 gagnant par catégorie dans chaque région
  • 8 gagnant(e)s nationaux, révélés le 9 avril au Grand Rex, à Paris, dont 2 prix spéciaux : Coup de Cœur et le Prix International remis par Google et Business France.
  • 1 Prix Spécial Afrique
  • Un jury composé d'experts issus de nos partenaires BNP Paribas, AG2R La Mondiale, Mazars, Enedis, WeHealth by Servier, Business France, Bpifrance et August & Debouzy.

JURY 2018

  • Myriam BEQUE - Directrice de WAI BNP Paribas
  • Delphine DELGA - Direction régionale Île-de-France de AG2R La Mondiale
  • Cécile DELETTRE - Head of partnership & business development
  • Estelle DUCLAY - Consultant pour WeHealth by Servier EWIN Consulting
  • Emmanuel JEAN - Directeur adjoint Programme numérique chez Enedis
  • Stéphanie LATOMBE - Associée chez MAZARS
  • Patrick RAMON - Secrétaire général chez August & Debouzy
  • Sylvain ROLLAND - Rédacteur en chef adjoint High Tech à La Tribune
  • Benjamin SASU - Directeur Relations Médias et Communication externe de Bpifrance Le Hub
  • Aziliz DE VEYRINAS - Vice-présidente associée de La Tribune

Stéphanie Borg, Romain Charbonnier, Anaïs Cherif, Gaëtane Deljurie, Florine Galéron, Mikaël Lozano, Sylvain Rolland

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