Ni une ni deux, l'enseignantchercheur en intelligence artificielle sollicite son réseau, organise des ateliers avec des pros... « des gens qui pensent deux trois coups d'avance » et compile les idées.
La moitié sera reprise dans le programme électoral. Non encarté au PS, mais partageant « des valeurs de gauche », le vice-président de l'université de Nantes chargé du numérique, accepte d'être sur la liste et fait campagne. Sa mission n'aura, elle, rien d'artificiel.
Ainsi, l'adjoint au Numérique et à l'innovation va imprimer sa marque afin d'accélérer la transition numérique de la sixième métropole française.
« Hyperactif polymorphe, comme on dit. Ça me va bien », reconnaît cet enthousiaste, qui, juché sur son vélo, traverse la ville en long, en large et en travers pour enquiller les inaugurations, les conférences de presse, les rencontres avec les acteurs de l'économie, les concours de startups... ou les nuits électro de la scène nantaise Scopitone.
Deux ans plus tard, la métropole est labellisée French Tech, et a récemment intégré cinq réseaux thématiques. L'écosystème est devenu attractif et visible sur le plan national, et surtout le numérique a créé 2.800 emplois « Plus de la moitié des 5 000 promis pour 2020 », se réjouit-il. Sa bonne humeur, son relationnel, ses compétences... lui ont permis de fédérer des acteurs qui ne voulaient pas collaborer.
Et Francky apprend vite. Si le mandat a fait la part belle à de nouveaux entrants, il a fallu composer avec les plus anciens.
S'il semble en général plutôt « cool », il se reconnaît un peu « exigeant », jusqu'à valider l'ensemble du programme du festival de la Digital Week, sauf la page 74 où... est restée une coquille. Mineure, mais coquille quand même. Plus agacé encore par le projet de wi-fi gratuit sur la ville qui met deux ans à voir le jour...
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« Pour moi, sur tous les projets, c'est zéro défaut », assène celui qui a raté son bac une première fois pour avoir passé son temps à surfer... sur les vagues des Sables-d'Olonne.
« Francky, tu as fait pleurer ta mère... », le sermonne son père, ouvrier maçon. Depuis ce jour-là, Francky a enchaîné les études, abandonné l'idée de devenir kiné, préféré la recherche aux études d'ingénieur, s'est régalé en décortiquant les statistiques du loto sportif, a présenté sa thèse sur l'intelligence artificielle, est devenu un expert sur « le raisonnement des ontologies au niveau méta », a été titularisé maître de conférences à l'université de Nantes, a co-créé le projet Neurokiff, lié à la relation des données physiologiques et aux émotions... S'il ne fait plus pleurer sa mère, ce dont il est le plus fier, c'est d'un compliment du conférencier, prospectiviste et surfeur Joël de Rosnay - rencontré au cours de l'été dernier - pour qui : « comme dans le surf, la vie n'est pas de trouver un équilibre, c'est de rester en déséquilibre contrôlé », que Francky savoure.
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