Informatique quantique : le français Pasqal cherche « plusieurs centaines de millions de dollars », Quantonation et l'Etat sont mobilisés
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Pour gagner la course au premier ordinateur quantique, capable de réaliser simultanément un très grand nombre de calculs sur la même machine plutôt que les faire les uns après les autres, des dizaines d'entreprises dans le monde entier sont dans les starting blocks. Leur point commun : toutes disposent d'équipes scientifiques de très haut vol, issues essentiellement de la recherche publique. Elles tentent différentes technologies pour « stabiliser » le qubit, condition indispensable pour créer l'état quantique qui permet de mener des calculs en simultané et surtout, sans erreurs. Toutes travaillent aujourd'hui à l'aveugle, car personne ne sait quelles technologies réussiront. C'est pourquoi la compétition est si intense : tout le monde peut en théorie toucher le jackpot s'il a la bonne technologie, qu'il s'agisse de startups comme les français Pasqal, Quandela ou Alice & Bob, le canadien D-Wave, ou encore des géants de la tech comme Google, IBM, Amazon, Microsoft ou Alibaba.
Si chacun part, en théorie, sur la même ligne de départ, l'argent reste le nerf de la guerre pour aller vite et valider, ou pas, ses thèses scientifiques. D'où l'importance, pour les startups du quantique, de compenser leur manque de moyens financiers par rapport à un Amazon ou un Google, par des levées de fonds conséquentes. Aux Etats-Unis, Rigetti ou PsiQuantum ont déjà levé des centaines de millions de dollars pour financer leur développement. En France, l'ampleur est bien moindre. Le record est actuellement détenu par Alice & Bob, qui a levé, en mars 2022, 27 millions d'euros pour financer le développement de sa technologie, à peine un peu plus que les 25 millions d'euros obtenus par Pasqal en 2021.
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L'an prochain, en 2023, Pasqal, 100 employés essentiellement en France, considéré comme le plus grand espoir hexagonal du secteur, voudrait changer de dimension pour rivaliser avec ses concurrents américains. Lors d'une visite, vendredi 14 octobre, du ministre du Numérique, Jean-Noël Barrot, et du prix Nobel 2022 de physique, Alain Aspect, dans son usine à Massy, la startup a assumé ses ambitions. « Nous allons bientôt chercher plusieurs centaines de millions d'euros pour financer notre développement », assure Georges-Olivier Reymond, le CEO et cofondateur de Pasqal avec notamment Alain Aspect. Un saut quantique -sans mauvais jeu de mot- par rapport aux levées de fonds dans le secteur, en France comme en Europe.
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