Musique : comment Groover fait émerger les talents de demain

Groover
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Muni d'un simple ordinateur, un artiste peut créer dans sa chambre, seul, un album et le diffuser en quelques clics sur YouTube, Spotify et consorts. Mais pour se faire repérer de l'industrie musicale et gagner en visibilité, le parcours peut se révéler sinueux. C'est de ce constat qu'est né Groover en février 2018. La startup parisienne annonce ce vendredi 20 septembre une première levée de fonds de 1,3 million d'euros pour développer sa plateforme de promotion musicale.
Ce tour de table a été bouclé auprès de l'accélérateur Techstars et le fonds de Xavier Niel, Kima Ventures. Des business angels ont également mis au pot, comme Yann Miossec (ancien DG de Warner Music France puis de Qobuz) ou encore les fondateurs des marketplaces Mesdepanneurs.fr et Vestiaire Collective.
C'est pourquoi les quatre cofondateurs ont lancé en octobre 2018 une plateforme de mise en relation entre artistes et influenceurs sur le modèle des marketplaces pour faciliter la communication.
Concrètement, les artistes peuvent créer gratuitement un compte sur Groover pour envoyer des morceaux à l'influenceur de leur choix. Un système de filtres est disponible pour affiner la sélection : genres musicaux, types de médias, types d'opportunités (comme l'intégration des titres à des playlists, par exemple)... Groover revendique actuellement 3.000 artistes inscrits -- dont 70% d'entre eux sont indépendants -- pour 250 influenceurs. Parmi ces derniers, trois grandes catégories se dégagent : les médias (chaînes YouTube, blogs, playlists...), les labels et bookeurs, et enfin les "mentors" (producteurs et managers). 60.000 morceaux ont ainsi été envoyés sur Groover, selon la startup.
L'artiste paye 2 euros par influenceur pour l'envoi de ses morceaux: 1 euro revient à l'influenceur s'il écrit un retour à l'artiste dans la semaine qui suit la réception des morceaux. Groover prélève ensuite 1 euro de commission pour son propre compte. Si l'influenceur ne donne pas suite, alors l'artiste se voit redistribuer l'argent sous forme de crédit.
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Le panier moyen est d'environ 40 euros par artiste, soit 20 influenceurs sélectionnés. Groover, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, n'est pas encore rentable.
S'il n'y a aucune sélection des artistes, Groover exige un certain niveau de visibilité et de "bienveillance" des influenceurs.
Moins d'un an après son lancement, 50 signatures avec des labels ont déjà été réalisées suite à la mise en relation sur la plateforme. Un partenariat avec Radio France a également été signé. "Nous accumulons énormément de données sur les artistes, ce qui nous permet de détecter le potentiel de certains talents émergents afin de les recommander auprès de grands acteurs. En un an, nous avons conseillé une cinquantaine d'artistes à la radio Fip, qui les a intégré à sa programmation", détaille le cofondateur.
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Grâce à cette rentrée d'argent frais, Groover veut améliorer son produit. La jeune pousse souhaite notamment développer un système de recommandation pour accompagner les artistes en leur proposant les influenceurs les plus à même d'aimer leur musique. C'est pourquoi la startup de 9 salariés entend doubler ses effectifs afin d'avoir une équipe d'une vingtaine de personnes d'ici à 2020. Principalement présente en France, en Belgique et au Canada, la plateforme espère s'internationaliser dans les prochains mois. "Nous étudions actuellement le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Scandinavie, l'Europe du Sud et les États-Unis", liste Romain Palmieri.