Musique : comment Groover fait émerger les talents de demain

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Les co-fondateurs de Groover, plateforme française de promotion musicale (de gauche à droite : Rafael Cohen, Jonas Landman, Romain Palmieri et Dorian Perron). Crédit photo : Christophe Meireis.
Les co-fondateurs de Groover, plateforme française de promotion musicale (de gauche à droite : Rafael Cohen, Jonas Landman, Romain Palmieri et Dorian Perron). Crédit photo : Christophe Meireis. (Crédits : Groover)
La startup parisienne Groover annonce ce vendredi lever 1,3 million d'euros pour améliorer sa plateforme de promotion musicale et se déployer à l'international. Lancée en octobre 2018, la plateforme permet aux artistes d'envoyer directement leurs morceaux aux influenceurs (médias, labels, producteurs...) et d'obtenir des retours personnalisés.

Muni d'un simple ordinateur, un artiste peut créer dans sa chambre, seul, un album et le diffuser en quelques clics sur YouTube, Spotify et consorts. Mais pour se faire repérer de l'industrie musicale et gagner en visibilité, le parcours peut se révéler sinueux. C'est de ce constat qu'est né Groover en février 2018. La startup parisienne annonce ce vendredi 20 septembre une première levée de fonds de 1,3 million d'euros pour développer sa plateforme de promotion musicale.

Ce tour de table a été bouclé auprès de l'accélérateur Techstars et le fonds de Xavier Niel, Kima Ventures. Des business angels ont également mis au pot, comme Yann Miossec (ancien DG de Warner Music France puis de Qobuz) ou encore les fondateurs des marketplaces Mesdepanneurs.fr et Vestiaire Collective.

"Il n'a jamais été aussi simple pour un artiste de produire et diffuser sa musique. En revanche, il se retrouve souvent noyé dans la masse. Pour preuve : 40.000 nouveaux morceaux sortent chaque jour rien que sur Spotify", chiffre Romain Palmieri, co-fondateur de Groover. "Les artistes rencontrent des difficultés pour contacter des personnes clés de l'industrie musicale car bien souvent, leur technique de communication reste artisanale via l'envoi de mails par exemple."

C'est pourquoi les quatre cofondateurs ont lancé en octobre 2018 une plateforme de mise en relation entre artistes et influenceurs sur le modèle des marketplaces pour faciliter la communication.

Un taux de réponse moyen de 80% pour les artistes

Concrètement, les artistes peuvent créer gratuitement un compte sur Groover pour envoyer des morceaux à l'influenceur de leur choix. Un système de filtres est disponible pour affiner la sélection : genres musicaux, types de médias, types d'opportunités (comme l'intégration des titres à des playlists, par exemple)... Groover revendique actuellement 3.000 artistes inscrits -- dont 70% d'entre eux sont indépendants -- pour 250 influenceurs. Parmi ces derniers, trois grandes catégories se dégagent : les médias (chaînes YouTube, blogs, playlists...), les labels et bookeurs, et enfin les "mentors" (producteurs et managers). 60.000 morceaux ont ainsi été envoyés sur Groover, selon la startup.

L'artiste paye 2 euros par influenceur pour l'envoi de ses morceaux: 1 euro revient à l'influenceur s'il écrit un retour à l'artiste dans la semaine qui suit la réception des morceaux. Groover prélève ensuite 1 euro de commission pour son propre compte. Si l'influenceur ne donne pas suite, alors l'artiste se voit redistribuer l'argent sous forme de crédit.

"Le taux de réponse moyen est de 80% sur Groover. Cela donne l'assurance aux artistes d'être écouté, d'obtenir des retours de qualité tout en gérant directement leur propre communication", résume Romain Palmieri. "Pour les influenceurs, cela leur permet de découvrir des musiques plus ciblées en fonction de leurs besoins et de monétiser leur activité de découverte de nouveaux talents."

Le panier moyen est d'environ 40 euros par artiste, soit 20 influenceurs sélectionnés. Groover, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, n'est pas encore rentable.

Recrutements et internationalisation d'ici à 2020

S'il n'y a aucune sélection des artistes, Groover exige un certain niveau de visibilité et de "bienveillance" des influenceurs.

"Nous voulons être un accélérateur de carrière, c'est pourquoi nous voulons des retours explicatifs et constructifs pour les artistes", souligne le cofondateur. "Nous avons développé un outil permettant de détecter les copier/coller pour éviter les réponses généralisées. Les artistes peuvent également nous notifier s'ils ne reçoivent pas de réponse personnalisée. Enfin, Groover a édité une charte à destination des influenceurs pour encadrer les retours souhaités."

Moins d'un an après son lancement, 50 signatures avec des labels ont déjà été réalisées suite à la mise en relation sur la plateforme. Un partenariat avec Radio France a également été signé. "Nous accumulons énormément de données sur les artistes, ce qui nous permet de détecter le potentiel de certains talents émergents afin de les recommander auprès de grands acteurs. En un an, nous avons conseillé une cinquantaine d'artistes à la radio Fip, qui les a intégré à sa programmation", détaille le cofondateur.

Grâce à cette rentrée d'argent frais, Groover veut améliorer son produit. La jeune pousse souhaite notamment développer un système de recommandation pour accompagner les artistes en leur proposant les influenceurs les plus à même d'aimer leur musique. C'est pourquoi la startup de 9 salariés entend doubler ses effectifs afin d'avoir une équipe d'une vingtaine de personnes d'ici à 2020. Principalement présente en France, en Belgique et au Canada, la plateforme espère s'internationaliser dans les prochains mois. "Nous étudions actuellement le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Scandinavie, l'Europe du Sud et les États-Unis", liste Romain Palmieri.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2019 à 14:13 :
Je ne crois pas qu'on puisse parler encore de musique quand à l'écoute la grande majorité des production actuelles est d'une pauvreté abyssale, les rythmiques désolantes, le son tellement parfait des traitements informatiques, qu'il est impersonnel, froid...a l'image de la société actuelle.
Heureusement, il y à la vieille musique du Blues des King au jazz de Miles Davis, du piano de Michel Petrucciani au rock du Zeppelin, à la folk de Dylan, à la folie d'Hendrix, la solidité de Clapton, l'éclair des Sultans of Swing ...bref tout ce qui a plus de 20 ans...hors disco et variété commerciale.

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