Internet des objets : pourquoi le marché peine à décoller

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Les craintes liées à la sécurité des objets connectés constituent un frein pour le marché.
Les craintes liées à la sécurité des objets connectés constituent un frein pour le marché. (Crédits : Bakhtiarzein)
Le marché de l’Internet des objets (IoT) peine encore à séduire les consommateurs et les entreprises. D’après le think tank Idate, plusieurs verrous d’ordre technique (sécurité, respect de la vie privée) plombent son essor auprès du grand public. Quand les entreprises, qui y voient surtout un moyen de réduire leurs coûts, ont des doutes sur le modèle économique de certaines applications.

Il y a deux ou trois ans, l'Internet des objets (ou IoT pour « Internet of Things ») était largement perçu comme un nouvel eldorado. Mais aujourd'hui, le marché peine à se développer auprès du grand public comme des entreprises. Lors d'une conférence de presse ce mercredi, le think tank Idate, spécialisé dans les télécoms, a listé les verrous qui, selon ses experts, freinent son essor. Selon Samuel Ropert, expert en Internet des objets de l'Idate, le potentiel du marché n'est pas à remettre en cause. Évoquant le chiffre de « 40 milliards d'objets connectés dans le monde à horizon 2030 », il estime que le segment est toujours source « d'opportunités ». Mais à l'en croire, il y a de nombreux « challenges » à relever.

Ceux-ci sont, d'après lui, notamment d'ordre technique. Pour les objets connectés grand public, il estime que les craintes liées à la sécurité et au respect de la vie privée constituent les principaux verrous. De fait, les thermostats, téléviseurs, trackers d'activité et autres compteurs d'électricité intelligents sont de plus en plus perçus comme une nouvelle porte d'entrée pour les hackers. La Commission européenne a d'ailleurs fait des objets connectés un de ses chantiers prioritaires en matière de cybersécurité. Mais si ce débat et la volonté d'adopter des standards visant à protéger les usagers est légitime, il constitue, inévitablement, un frein pour le marché. En outre, comme le relève Samuel Ropert, « plus les objets sont sécurisés, plus ils consomment d'énergie ». Ce qui constitue un handicap pour certains usages et applications.

« Des doutes sur la rentabilité économique »

Du côté des entreprises, l'expert de l'Idate constate qu'aujourd'hui, de nombreuses sociétés peine à voir la rentabilité d'éventuels investissements dans l'Internet des objets. « Il y a des doutes sur la rentabilité économique de certaines applications », affirme-t-il. Aujourd'hui, l'Internet des objets est principalement perçu comme un moyen de réduire les coûts. C'est la raison, par exemple, pour laquelle Carrefour s'est allié avec Bouygues Telecom. En greffant des capteurs bas débit dans des conteneurs roulants qui approvisionnent ses hyper, le géant de la distribution espère réaliser des économies en matière de logistique. Reste que le problème, selon l'Idate, c'est que beaucoup d'entreprises ont du mal à voir quand les nécessaires investissements de départ porteront leurs fruits.

D'autre part, affirme Samuel Ropert, les industriels ne seraient pas suffisamment sensibilisés aux bénéfices de l'Internet des objets. Selon lui, outre des économies de coûts, l'IoT doit surtout leur permettre de se réinventer et de déployer de nouveaux services. Mais cette facette-là demeure, jusqu'à présent, largement inexploitée.

Enfin, la prolifération des technologies disponibles effraye parfois les acteurs qui veulent se lancer sur le marché. Certains standards sont aujourd'hui déployés de manière verticale, avec des protocoles propriétaires dans des secteurs bien définis, comme dans l'automobile ou l'énergie. D'autres en revanche, s'adressent à tous les secteurs. A l'instar des technologies dédiées aux réseaux IoT bas débit, comme Sigfox, LoRa, ou Narrow band-IoT (NB-IoT), qui se livrent une guerre sans merci.

> Lire aussi: Internet des objets : qui gagnera la guerre des réseaux ?

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Commentaires
a écrit le 27/10/2017 à 11:06 :
C'est pas la securisation ou la vie privee qui sont des verrous, c'est les bugs.

C'est les memes constructeurs qui nous vendent des lecteurs de bluray qui plantent regulierement, ou des OS qui merdent. Le "debrancher puis rebrancher", c'est chiant sur un lecteur de dvd... imagine sur un frigo. Surtout si le frigo decide d'arreter de faire du froid pendant que t'es parti en week-end, comme ca, sur un bug.

Apres, ah oui, il faut securiser et ne pas collecter des donnees.

Tu parles! commencez par investir dans des bonnes pratiques de developpement et faites du code fiable, on en reparle ensuite.
a écrit le 26/10/2017 à 15:37 :
Le probleme n est pas tant les hackers que les societes qui vous vendent ces produits.
Souvent ces produits remontent des tas de donnees au fabriquant. Pire le fabriquant se reserve le droit de changer quand il veut le mode de fonctionnement (facile, le produit se connecte chez lui regulierement). prenez par ex amazon qui a supprime des livres de sa liseuses ou Tesla qui a augmente la distance que pouvaiuent faire ses voitures pour permettre au client de fuir la floride avant un ouragan

Dans le pire des cas, le fabriquant peut meme decider de mettre hors service le produit. il lui suffit d arreter son serveur (ex des thermostats connecte Nest)

C est y pas genial de payer pour un truc qui vous espionne et qui peut etre mit hors service par le fabriquant sans vous demander votre avis
a écrit le 25/10/2017 à 16:49 :
Quel intérêt au quotidien d'être "connecté" à tout et n'importe quoi dans notre vie ? Je ne pense pas que ce soit utile pour le citoyen lambda qui ne veut surtout pas être suivi à la trace pour tous ses actes.
a écrit le 25/10/2017 à 16:35 :
Il y a un point que votre "expert" n'aborde pas, c'est l'utilité de ces objets. J'ai vécu sans et j'aimerai qu'on me démontre en quoi ils ne sont utile.
a écrit le 25/10/2017 à 16:32 :
Il faut convaincre l'utilisateur de l'utilité de l'objet connecté, et lui conférer le pouvoir d'initier et de couper la connexion à sa seule décision. Sinon ce sera perte de temps et d'argent.
a écrit le 25/10/2017 à 16:18 :
Quand le "besoin" sera satisfait, ils iront vers le "superflue"! Donc ne sautons pas les étapes!
a écrit le 25/10/2017 à 16:05 :
"et autres compteurs d'électricité intelligents" voire simplement communicant. Je refuse un compteur qui pourrait s'avérer plus intelligent que moi. :-)
En quoi ça révolutionne la vie, ces objets connectés ? Peut-être des réponses à apporter, avant qu'on n'emporte à la déchetterie tout ce qu'on a à la maison, qui n'est pas connecté (sauf au secteur).
a écrit le 25/10/2017 à 15:21 :
Ça m'a l'air d'être un comique de haut vol, ce Samuel Ropert: "le potentiel du marché n'est pas à remettre en cause [...] plus les objets sont sécurisés, plus ils consomment d'énergie".
a écrit le 25/10/2017 à 14:36 :
Des produits plus chers profitant uniquement aux marchands de ces produits, j'ai acheté ma télé non smart moins chère que le nouveau modèle connecté exactement le même mais 100 euros de plus, c'est plus que rebutant pour le consommateur.

Vous évoquez la surconsommation énergétique des produits du coup à laquelle je n'avais pas pensé alors qu'en ces périodes d'économie d'énergie c'est franchement gênant quand même, c'est une bulle de plus, une machine à gaz qui n'ajoute aucun service au client au contraire même et en plus il doit le payer plus cher.

Quand les multinationales nous font payer notre propre asservissement, avouez que cela a de quoi rebuter mais on peut être tranquille les gros ont décidé de nous l'imposer même si ça ne se fait pas aussi rapidement qu'ils le pensaient parce qu'à priori ils nous prennent vraiment pour des imbéciles, ils nous l'imposeront à terme.
Réponse de le 25/10/2017 à 14:58 :
Ils devraient se méfier des peuples endormis.
Réponse de le 25/10/2017 à 16:18 :
Je ne sais pas si c'est un mauvais paris, nous sommes allés très loin dans l'asservissement nous autres citoyens quand même, on est bien lobotomisé à la société de consommation-production, aux crédits-dettes, aux médias de masse et au spectacle seule la faim nous réveillera à mon avis mais ils font bien attention que nous ne soyons dans le pire des dénuements.

Ce qui est surtout vraiment regrettable c'est de laisser ce formidable potentiel gigantesque humain dans les mains de gens stupides, non éclairés, incapables de faire épanouir en nous tout le potentiel dont nous sommes détenteurs.

Ils nous exploitent certes mais nous sous exploitent, ils exploitent notre corps mais pas notre esprit alors que toute notre richesse est ici tout en anéantissant notre si belle race humaine donc nous ne saurons jamais de quoi nous sommes réellement capables puisque de part cette exploitation exponentielle actuelle notre extinction aura survenu bien avant.

Un immense gâchis, espérons que nos robots pourront sauver l'honneur mais vu que ce sont les mêmes propriétaires que ceux de la terre il y a peu de chance là aussi.

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