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DaWanda, la start-up berlinoise du « do-it-yourself »

Photo de Les correspondants de La Tribune

Pauline Houédé à Berlin

Publié le 16 février 2015 à 13:30 - Mis à jour le 16 février 2015 à 13:35

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Bricoleurs du dimanche ou professionnels, ils créent des bijoux, tricotent, construisent des mobiles en origami... et vendent leurs créations en ligne. Depuis 2006, DaWanda surfe sur la mode du « fait main ».

Dans sa boutique atelier de Neukölln, quartier populaire berlinois, Britta Eppinger s'active derrière sa machine à coudre. Bandeau publicitaire, voile de bateaux ou stores de magasin..., la créatrice confectionne des sacs à partir de matériaux recyclés. Sur la table voisine, son ordinateur portable est à portée de main. Britta Eppinger jongle aujourd'hui entre les ventes physiques et les commandes en ligne. La Berlinoise fait partie des 280000 vendeurs enregistrés sur le portail DaWanda. Sorte de eBay du « do-it-yourself » où s'achètent et se vendent des articles bricolés à la main, la start-up lancée à Berlin en 2006 propose aujourd'hui près de cinq millions de produits et se présente comme le numéro un sur le segment en Europe.

Comme Britta Eppinger, 80% des vendeurs de DaWanda sont des femmes. Amateurs (60 %) et professionnels (40%) ont trouvé sur le portail un débouché pour leurs créations. Sa recette : la simplicité.

«Il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances particulières», explique la couturière. Quelques clics suffisent pour mettre un produit en vente.«Toute seule, je n'aurais pas pu créer ma boutique en ligne, j'aurais eu besoin de payer quelqu'un pour m'aider».

Habituée à vendre ses sacoches sur les marchés, Britta Eppinger a fait ses premiers pas sur le site en 2009. Elle y a vendu à ce jour 264 sacs, entre 20 et 120 euros pièce. La créatrice a improvisé un studio photo dans un coin de son atelier et soigné les textes associés à chacun de ses articles. Elle génère aujourd'hui environ 20 % de son chiffre d'affaires sur le portail.

DaWanda gagne 5 % sur chaque produit vendu, collecte dix à trente centimes pour chaque nouvel article mis en ligne (seulement en Allemagne), et monnaie des emplacements de choix sur le site pour les articles. Un système qui fait recette, alors que Claudia Helming, la cofondatrice de la start-up, indique que l'entreprise est aujourd'hui rentable en Allemagne.

«La valeur des produits vendus est supérieure à cent millions d'euros par an», souligne-t-elle, refusant de révéler son chiffre d'affaires annuel.

Avec aujourd'hui 170 employés (dont 120 en Allemagne), la start-up a grandi et a déménagé dans des locaux plus grands, sous les toits d'un immeuble du cossu Charlottenburg, dans l'ouest de la capitale allemande.

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Une alternative à la distribution de masse

Comment expliquer le succès de DaWanda ? Claudia Helming met en avant le « goût pour l'individuel, le personnalisé, l'authentique ». Exit les productions en série, la mode est à l'article unique, à la série limitée. Parmi les produits proposés, des bijoux, articles de décoration pour la maison, accessoires de mode ou vêtements... pour un prix moyen de vingt-cinq euros. La période de Noël est stratégique pour l'entreprise, qui y réalise 30 à 35 % de son chiffre d'affaires annuel.

L'américain Etsy, le premier à s'être lancé dans la mode du « fait main » aux États-Unis, a également ouvert un site en Allemagne. Un danger pour DaWanda ? « Etsy n'est pas arrivé hier mais depuis bientôt cinq ans. Je crois que le risque est écarté. Quand une plate-forme a atteint une masse critique, il est très compliqué pour un nouveau candidat de se faire une place », répond la cofondatrice.

Fort de son succès en Allemagne, DaWanda s'est lancé à l'assaut de l'Europe, présente en Pologne, Espagne, Pays-Bas, Italie, et en France. La plate-forme a pris son essor en 2012 dans l'Hexagone, où elle compte 300.000 utilisateurs.

«La France est un pays façonné par l'e-commerce. C'est également naturellement un pays où le design, l'art, la mode ont de la valeur», raconte la chef d'entreprise.

DaWanda y rencontre cependant un problème avec les profils de ses vendeurs :

«En Allemagne, on commence à confectionner des écharpes et on les vend. On peut créer son entreprise en une ou deux semaines. En France, c'est assez compliqué, c'est un vrai processus qu'il faut planifier, ce qui freine les ambitions de certains. En conséquence, on y trouve beaucoup de bricoleurs amateurs d'un côté, et de l'autre des designers très professionnels, mais pas grand monde entre les deux», raconte Claudia Helming.

Pauline Houédé à Berlin

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