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Meta dégaine une nouvelle application, concurrente de Twitter

latribune.fr

Publié le 04 juillet 2023 à 05:59 - Mis à jour le 04 juillet 2023 à 07:06

Pour rappel, la maison-mère de Facebook et Instagram, avait annoncé mi-mars travailler sur un nouveau réseau social dont la description en faisait un concurrent potentiel de Twitter.

Pour rappel, la maison-mère de Facebook et Instagram, avait annoncé mi-mars travailler sur un nouveau réseau social dont la description en faisait un concurrent potentiel de Twitter.

YVES HERMAN

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Baptisée Threads, l'application devrait être disponible dans les prochains jours. Sur la boutique d'Apple, l'App Store, elle est décrite comme « l'application d'Instagram pour les conversations via du texte ». Objectif affiché du géant Meta, concurrencer frontalement Twitter. L'arrivée de cette nouvelle application intervient dans un contexte agité pour ce dernier. En effet, Twitter a de nouveau suscité de fortes réactions ces derniers jours en choisissant de restreindre la lecture de tweets pour les comptes non-certifiés, limitant de facto l'utilisation de sa propre application.

La nouvelle risque de faire grincer des dents, à commencer par Elon Musk, patron de Twitter. La nouvelle application du groupe Meta est désormais disponible sur les magasins d'applications mobiles pour iPhone et Android en précommande gratuite, a constaté un journaliste de l'AFP. Pour rappel, la maison-mère de Facebook et Instagram, avait annoncé mi-mars travailler sur un nouveau réseau social dont la description en faisait un concurrent potentiel de Twitter.

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Pourquoi Elon Musk pénalise Twitter en limitant son utilisation

« Threads, an Instagram app », la nouvelle application, dont le nom signifie « fil » en anglais, devrait être disponible dans les prochains jours. Sur la boutique d'Apple, l'App Store, elle est décrite comme « l'application d'Instagram pour les conversations via du texte ».

«Threads est le lieu où les communautés se rassemblent pour discuter de tout, qu'il s'agisse des sujets qui vous intéressent ou des tendances de demain», précise la description de l'application sur les magasins d'applications.

Une application interopérable

Elle doit permettre de « vous connecter directement avec vos créateurs favoris et ceux qui aiment la même chose ou pour construire votre propre base, afin de partager vos idées, opinions et créativité avec le monde entier ». Selon le site Platformer, l'application serait pensée afin d'être interopérable avec les autres réseaux du même type. Si cette donnée se confirme, elle constituerait une rupture majeure avec la stratégie jusqu'ici employée par les géants de la tech, qui ont toujours préféré les environnements fermés avec leurs propres règles d'utilisation.

Le choix de l'interopérabilité envisagée par Meta se démarque également de l'approche de Twitter en la matière. En décembre, son principal actionnaire Elon Musk avait fait brièvement bloquer les comptes de plusieurs utilisateurs qui partageaient des liens vers d'autres réseaux sociaux, dont Facebook, Instagram ou Mastodon.

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L'arrivée de Threads, concurrent direct de Twitter, intervient dans un contexte particulier pour ce dernier. En effet, Twitter a de nouveau suscité de fortes réactions ces derniers jours, en annonçant plusieurs mesures qui pourraient bel et bien pénaliser le réseau social, et ouvrir la porte à Meta. Samedi, Elon Musk a choisi de restreindre la lectures de tweets, à 6.000 par jour pour les comptes vérifiés, 600 pour les autres et même 300 pour les nouveaux comptes. Le plafond a été relevé à 8.000, 800 et 400 respectivement, puis à 10.000, 1.000 et 500.

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Twitter en très mauvaise posture

Objectif affiché, limiter l'utilisation massive des données du réseau social par des tiers. La décision vise, selon Elon Musk, à « remédier aux niveaux extrêmes de recueil de données » par des sociétés tierces spécialisées dans l'intelligence artificielle. L'IA dite générative, c'est-à-dire capable de créer du contenu (texte, image, vidéo, son) en réponse à une demande en langage courant, nécessite d'être alimentée par des quantités massives d'informations, notamment des conversations sur les réseaux sociaux. « Cela perturbait l'utilisation ordinaire » par les internautes, selon Elon Musk. Pour les mêmes raisons, Twitter avait mis fin à la possibilité de consulter des tweets sans se connecter et s'identifier.

En décidant de limiter la lecture de tweets, officiellement donc pour contrer l'exploitation de Twitter pour l'intelligence artificielle, Elon Musk a néanmoins froissé nombre d'usagers et s'est un peu plus mis à dos les annonceurs et les développeurs. Par ricochet, Elon Musk expose ainsi le réseau social à une baisse des revenus, alors que le chiffre d'affaires a déjà chuté de moitié depuis le rachat.

Et pour cause, ces mesures ont affecté des applications tierces, certaines très populaires, qui faisaient partie de l'écosystème Twitter, notamment Tweetdeck qui appartient pourtant au groupe de San Francisco (Californie). De nombreux utilisateurs se sont plaints que certaines fonctionnalités étaient devenues inutilisables.

«La trajectoire des plateformes a été entièrement bâtie sur leur capacité à assurer un service stable et fiable sans limites d'utilisation», rappelle John Wihbey, professeur à l'université de Northeastern. Ce qui vient de se passer «semble être une volte-face», selon lui.

Une fuite des annonceurs à venir ?

A force de licenciements et de réductions de coûts, « on s'attend depuis longtemps à ce que l'infrastructure de la plateforme se détériore au point qu'elle devienne inutilisable ou que les dysfonctionnements fassent fuir les utilisateurs », poursuit l'universitaire. Lors de la prise de contrôle de Twitter par Elon Musk, en octobre, « les gens étaient prêts à partir pour des raisons éthiques », rappelle-t-il.« Aujourd'hui, Musk leur donne des raisons techniques. »

«C'est un motif de plus pour lequel les annonceurs vont dépenser ailleurs leurs budgets dédiés aux réseaux sociaux», fait valoir Mike Proulx, du cabinet Forrester. Les marques «dépendent de leur audience et des interactions (avec les usagers)», rappelle-t-il. «Or, Twitter est en train de ravager les deux.»

« Comment allez-vous expliquer aux annonceurs de Twitter que les utilisateurs peuvent potentiellement ne pas voir vos publicités à cause de la limitation de leur utilisation ? », a interrogé, sur son compte, Justin Taylor, ancien du réseau social et aujourd'hui vice-président de la ligue professionnelle de catch WWE.

Les motivations réelles de Musk interrogées

La séquence est d'autant plus dommageable qu'elle a donné l'impression qu'Elon Musk est toujours seul aux manettes, alors qu'une nouvelle directrice générale, Linda Yaccarino, a pris ses fonctions il y a près d'un mois, en grande partie pour tenter de rassurer les annonceurs.

Les restrictions appliquées par Twitter menacent aussi de faire une autre victime, car «le monde de la recherche est dans la panade (concernant l'extraction de données). Ça devient extrêmement compliqué de faire ça légalement avec des données publiables», sur la désinformation notamment, explique Florent Lefebvre, analyste des social data, c'est-à-dire des données provenant des réseaux sociaux.

Plusieurs observateurs s'interrogent ainsi sur les motivations réelles de l'actionnaire majoritaire du groupe à l'oiseau bleu.

«Cela ne paraît pas crédible que le recueil de données génère soudainement des problèmes de fonctionnement tels que Twitter n'ait pas d'autre choix que de forcer les gens à entrer leurs identifiants», a commenté, sur le réseau social Bluesky, Yoel Roth, ancien responsable de la sécurité de la plateforme.

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Pour développer les modèles de langage (LLM) qui servent à l'IA générative, « les contenus des réseaux sociaux sont bien moins utilisés que les articles de presse ou les livres, car ils sont de bien plus mauvaise qualité, bourrés de fautes et manquent de contexte », souligne Florent Lefebvre, ce qui fragilise l'argument d'Elon Musk.

(Avec AFP)

latribune.fr

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