Universal Music obligé de céder le joyau d'EMI

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La chanteuse Katy Perry est une des artistes EMI que va conserver Universal Music. Copyright Reuters
La chanteuse Katy Perry est une des artistes EMI que va conserver Universal Music. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
La filiale de Vivendi s'est engagée à revendre le plus bel actif de la maison de disque britannique, le label Parlophone pour obtenir le feu vert de la Commission européenne. L'association des labels indépendants Impala regrette que cette décision renforce le «duopole» formé à ses yeux par Universal et Sony.

Universal Music peut bien absorber son rival EMI. Mais la filiale de Vivendi devra en céder un gros morceau, le plus bel actif même de la maison de disque britannique : le label Parlophone, intégralement (et non une partie comme évoqué la veille dans le Wall Street Journal), sauf pour les droits des Beatles. La Commission européenne a en effet annoncé officiellement vendredi midi sa décision sur cette opération à 1,4 milliard d'euros: une autorisation sous conditions en réalité draconiennes car «l'opération envisagée aurait permis à Universal d'acquérir une envergure telle qu'elle aurait vraisemblablement été en mesure d'imposer des prix plus élevés et des conditions plus onéreuses d'octroi de licences aux fournisseurs de musique numérique» et in fine «restreint le choix des consommateurs en matière de musique numérique ainsi que la diversité culturelle au sein de l'espace économique européen.»

Katy Perry et les Beatles restent, mais pas Coldplay
«Pour dissiper les inquiétudes» de la Commission, le leader mondial du disque Universal Music Group (UMG) s'est donc engagé à «céder des actifs importants», notamment «le label emblématique Parlophone, maison de disques d'artistes tels que Coldplay, David Guetta, Lily Allen», entre autres, mais aussi d'EMI France propriétaire du catalogue de David Guetta, et des labels de musique classique d'EMI, de Mute et de Chrysalis (Depeche Mode, Moby, Nick Cave). Vivendi et sa filiale se sont cependant déclarés «très heureux» d'obtenir ce feu vert réglementaire: ils affirment qu'ils conserveront «plus des deux tiers d'EMI sur une base globale, contribuant ainsi à la nature relutive [positive pour le bénéfice par action NDLR] de l'accord.» UMG garde notamment dans son giron des artistes EMI tels que Katy Perry, Robbie Williams et Norah Jones, ainsi que «de véritables icônes comme The Beatles, les Beach Boys, Genesis et Bob Seger». Et la division «publishing» (catalogue) d'Universal Music possède déjà les droits de Coldplay. L'action Vivendi, qui avait cédé 1,55% la veille alors que circulaient déjà des rumeurs sur de lourdes concessions, a regagné 2,8% vendredi.

Les cessions devront faire émerger un concurrent solide d'Universal
Pour autant, ce n'est pas assez draconien aux yeux d'Impala, l'association des labels indépendants européens. «Après l'approbation de l'opération Sony/EMI (pour la partie publishing), cette décision renforce ce qui est déjà un puissant duopole» considère la présidente exécutive d'Impala, Helen Smith, dans un communiqué. En 2011, selon Music & Copyright, UMG détenait 27,7% du marché global (musique enregistrée, publishing, licences) devant Sony à 19,8%, et ce avant la vente d'EMI (9,9% en musique enregistrée et 19,3% en publishing) à Universal et Sony qui vont creuser l'écart avec Warner. Sauf si ce dernier, candidat malheureux au rachat d'EMI, récupère un gros morceau? La Commission a d'ailleurs insisté sur le profil des acquéreurs qui devront être déjà actifs dans la musique afin que ces cessions permettent «l'émergence d'un concurrent solide d'Universal». Des discussions auraient déjà commencé avec des parties intéressées. Attendu la semaine prochaine, le feu vert des autorités américaines de la concurrence, la FTC, est tombé ce vendredi soir, marquant la fin de l'examen réglementaire approfondi de l'opération annoncée en novembre 2011.

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Commentaires
a écrit le 22/09/2012 à 17:58 :
L'Europe, la meilleure fille du libéralisme...
a écrit le 22/09/2012 à 14:45 :
On voit que le bénéfice mondial consolidé ou intégration fiscale accordé par l'état comme autant de crédit permet au groupe Vivendi de se diriger vers autre chose que la téléphonie. L'ensemble communication et médias (donc hors téléphonie) représenterait un chiffre d'environ 17 millards de dollars qui pourrait bien voler de ses propres ailes. Après la reprise des actifs brésiliens France Télécom resterait le seul vecteur important français. SFR revenant progressivement au rang de Free et Bouygues. Ces trois auront vocation à être repris par des opérateurs étrangers comme contrepartie avec un américain au programme.
a écrit le 22/09/2012 à 6:57 :
Il ne peut en rester qu'un !

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