Bouygues Telecom cède ses pylônes mobiles pour lever du cash

 |   |  429  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
L'opérateur vient de conclure la vente et la gestion de 2.166 pylônes en France à Antin Infrastructure Partners pour 185 millions d'euros. Une tendance généralisée chez les opérateurs du monde entier.

C'est un peu comme un grand distributeur cédant les murs de ses hypermarchés. Bouygues Telecom vient d'annoncer la conclusion d'un accord définitif avec la société de gestion Antin Infrastructure Partners (BNP Paribas) pour la vente et la gestion de ses 2.166 pylônes en France (voir le communiqué). Le montant de l'opération est de 205 millions d'euros mais le produit net pour la filiale de Bouygues sera de 185 millions, puisqu'elle conservera une participation de 15% dans la société créée pour gérer ces mâts sur lesquels sont fixées les antennes-relais, France Pylônes Services (FPS). Cet argent frais, bienvenu alors que sa génération de cash flow opérationnel a viré dans le rouge au troisième trimestre du fait de la baisse des prix accélérée dans le mobile, sera utilisé par l'opérateur « pour continuer à investir dans ses activités et améliorer sa position de dette nette. »

Des infrastructures qui peuvent rapporter des milliards
Adossé à BNP Paribas Investment Partners, Antin IP a dans son portefeuille des infrastructures portuaires, pétrolières, autoroutières, des fermes photovoltaïques en Europe. Bouygues Telecom a conclu « un accord cadre d'hébergement et de service long terme » avec le nouveau propriétaire de ses pylônes où étaient parfois hébergés d'autres opérateurs (et le resteront). Bouygues Telecom dispose d'environ 15.000 antennes-relais sur le territoire dont 10.000 font l'objet d'un bail sur des toits ou terrasses, 3.000 autres se trouvent sur des sites loués à TDF. Cette vente des pylônes par les opérateurs est une tendance mondiale : aux Etats-Unis, T-Mobile, la filiale de Deutsche Telekom, vient de signer fin septembre un deal à 2,4 milliards de dollars avec Crown Castle (vente et lease-back). En Afrique, IHS vient d'acquérir plus de 1.700 pylônes auprès de l'opérateur MTN pour 284 millions de dollars. En Inde, l'opérateur Bharti Airtel prévoit d'introduire en Bourse 10% de sa filiale de pylônes, Infratel, qui pourrait être valorisée 9 milliards de dollars. En Europe, le néerlandais KPN vient d'annoncer la vente de tous ses pylônes en Allemagne à American Tower Corporation pour 393 millions d'euros, après avoir cédé ses tours aux Pays-Bas. Outre la vente et le lease-back, les opérateurs ont de plus en recours au partage d'infrastructures pour réduire leurs coûts. En France, Bercy a annoncé qu'il publierait début 2013 des lignes directrices sur les conditions de mutualisation et de partages d'infrastructures mobiles : l'Autorité de la Concurrence a d'ailleurs été saisie pour avis début novembre sur le sujet.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/11/2012 à 17:53 :
Nous avons le même problème avec Réseaux Ferré de France qui gère toutes les voies féroviaires nationale et régionale pour la SNCF. Toujours un conflit de genre ou cela permet de déresponsabiliser les dégâts occasionés qui font la colère des clients SNCF.
a écrit le 26/11/2012 à 14:09 :
Si les opérateurs cèdent leurs pylônes, qu'en sera-til de la politique commercial de ces opérateurs?je suppose que les acheteurs voudront récupérer une rentabilité minimum de ces investissements.Je ne vois pas les opérateurs diminuer leur marge sur les consommateurs.Je m'inquiète donc d'une hausse des forfaits pour rémunérer les opérateurs et les propriétaires des pylônes.Qu'en pensez-vous?Par ailleurs quid de la maintenance de ces infrastructures?En cas de problèmes de réseau, qui sera responsable?j'imagine que les opérateurs diront "ce n'est pas nous! c'est le prestataire qui gère le pylône...et le propriétaire du pylône dira, c'est pas nous, c'est l'opérateur du réseau...Ca va devenir un peu compliqué...
Réponse de le 26/11/2012 à 14:35 :
en même temps, le propriétaire du pylone devrait pouvoir le louer à plusieurs opérateurs (free, par exemple) et mutualiser ses coûts sur plusieurs clients ...non?
Réponse de le 27/11/2012 à 16:48 :
L'opérateur garde son réseau et ses antennes. Il vend juste les pylones (= une dalle de béton avec un mat dessus).
Réponse de le 27/11/2012 à 21:52 :
Une opération similaire a déjà eu lieu il y quelques années avec TDF et n'a strictement rien changé pour le client.
Réponse de le 23/11/2013 à 15:22 :
mensonge tdf ne respecte pas ces engagements

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :