Comment la chute de Nokia s'est transformée en "bénédiction" pour la Finlande

Olivier Mirguet, envoyé spécial en Finlande
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Polar Bear Pitching, Oulu
O.M.

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Polar Bear Pitching, Oulu
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« Nous avons acquis des licences, et puis... mon Dieu, que c'est froid ! » Akseli Jylhä-Ollila, président de Rat Crew Studios, grimace et suffoque dans l'eau glacée. Comme onze autres porteurs de projets, il participe au Polar Bear Pitching, un concours de startups qui a la particularité d'être organisé dans un trou découpé dans la glace. La compétition se déroule mi-mars à Oulu, cinquième ville de Finlande (200.000 habitants) au bord de la mer Baltique, à deux heures de route du cercle polaire arctique.
Installés confortablement sur des peaux de rennes, les investisseurs désignent le vainqueur qui repart avec un chèque de 10.000 euros. Pour cette cinquième édition du Polar Bear Pitching, les Norvégiens de Bookis l'ont emporté grâce à leur projet de plateforme de vente en ligne de livres neufs ou d'occasion. Leur bain glacé a duré deux minutes, par une température extérieure de moins 10 degrés.
Mia Kemppaala, enseignante à l'université d'Oulu, est l'initiatrice de cette idée folle du Polar Bear Pitching. Elle s'explique :
Le géant finlandais des équipements télécoms avait établi à Oulu les activités de recherche et développement de sa branche mobiles. Des milliers d'ingénieurs et de jeunes diplômés se sont retrouvés au chômage. « Personne, en Finlande, n'imaginait que nous puissions nous en remettre », se souvient Mia Kemppaala.
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« En cinq ans, nous avons réussi à créer plus d'emplois dans la high-tech que Nokia n'en a détruit », calcule pourtant Juha Ala-Mursula, directeur général de BusinessOulu, l'agence locale de développement économique. Pour expliquer l'esprit de son festival de startups à l'humour si particulier, Mia Kemppaala fait référence au « sisu », un mot finnois qui évoque le courage et la persévérance. « Il s'agissait avant tout de lancer de nouvelles activités, de transformer un territoire meurtri en territoire d'innovation », précise-t-elle.
Olivier Mirguet, envoyé spécial en Finlande
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