Télécoms : l’Arcep veut corriger ses cartes de couverture mobile

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La couverture 4G d'Orange en Côte-d'Or (Bourgogne), au nord de Beaune, d'après le site « Mon réseau mobile » de l'Arcep.
La couverture 4G d'Orange en Côte-d'Or (Bourgogne), au nord de Beaune, d'après le site « Mon réseau mobile » de l'Arcep. (Crédits : DR)
Le régulateur des télécoms a lancé une consultation publique visant à améliorer et affiner les cartes de couverture en 2G, 3G et 4G qu’il met à disposition des Français.

L'autorité n'a pas traîné ! L'Arcep a annoncé, ce mercredi, une campagne visant à améliorer significativement ses cartes de couverture mobile. Ces outils, qui sont disponibles via le site « Mon réseau mobile », permettent aux Français et aux pouvoirs publics de visualiser les territoires effectivement couverts en 2G, en 3G et en 4G par les opérateurs télécoms. Ces informations sont particulièrement utiles aux particuliers dans les territoires ruraux, où les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ne sont pas présents partout. Ces cartes, qui ont vu le jour en 2017, servent également aux collectivités, aujourd'hui très impliquées dans la couverture des zones dites « blanches » ou « grises », où le mobile ne passe pas, ou très mal.

Problème : les informations fournies par l'Arcep font depuis longtemps l'objet de critiques. Beaucoup estiment que ces cartes ne sont pas suffisamment fiables. Et, en clair, que des territoires censés être correctement couverts sur le papier, ne le sont, en réalité, pas du tout. Dans un rapport récent sur la couverture numérique du territoire, les députés Laure de la Raudière (Agir) et Eric Bothorel (LREM), s'en sont fait l'écho. Il existe, déplorent les parlementaires, « un décalage préoccupant entre les cartes de couverture et la réalité perçue sur le terrain ».

« Un décalage entre la couverture mesurée et celle ressentie »

« En dépit des progrès réalisés, il existe aujourd'hui un décalage notable entre la couverture mobile mesurée par l'Arcep et la couverture ressentie par les citoyens, détaillent Laure de la Raudière et Eric Bothorel. Cet écart explique d'ailleurs le recours croissant, de la part des collectivités, à des outils leur permettant de réaliser leurs propres cartes de couverture. »

Des critiques dont l'Arcep a pris bonne note. « Vous nous dites que nos cartes sont fausses => nous les changeons ! (Ou : quand c'est compliqué, il faut savoir avancer en mode essai/erreur, sinon on ne bouge jamais) », a affirmé Sébastien Soriano, le président du régulateur des télécoms, ce mercredi sur Twitter. Dans un communiqué, l'Arcep affirme vouloir améliorer la fiabilité de ses cartes. « Jusqu'à présent, une carte est considérée comme fiable par l'Arcep si son taux de fiabilité est supérieur ou égal à 95%, précise l'institution. L'autorité souhaite fixer ce seuil à 98%, et lance ce jour une consultation publique sur un projet de décision en ce sens. »

L'amélioration des cartes prendra du temps

Dans son appel à consultation publique, l'Arcep rappelle la manière dont sont élaborées ses cartes. Jusqu'à présent, les opérateurs transmettent à l'autorité, chaque trimestre, des cartes « réalisées par simulation informatique » précisant la disponibilité de leurs services 2G, 3G et 4G. L'Arcep vérifie ensuite leur fiabilité grâce à des campagnes de mesure sur le terrain. Celles-ci sont réalisées « soit sur l'intégralité des zones déclarées couvertes par les opérateurs, soit une partie de celles-ci, sélectionnées par échantillonnage ».

Les nouvelles cartes de l'Arcep ne seront, quoi qu'il en soit, pas disponible tout de suite. La consultation publique est ouverte jusqu'au 6 mars. Et il faudra, ensuite, du temps au régulateur pour analyser les avis reçus, et mettre en place de nouvelles manières d'améliorer les cartes.

« Nous voulons stimuler les opérateurs »

Aux yeux de Sébastien Soriano, ces cartes n'ont rien d'un gadget. Elles constituent un élément important de sa politique de « régulation par la data ». En braquant les projecteurs sur les zones les moins bien couvertes par les opérateurs, l'institution espère inciter les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free à y investir et à y déployer des antennes. « Nous voulons stimuler les opérateurs », affirmait Sébastien Soriano en septembre 2017, lors de la présentation du site « Mon réseau mobile ». Avec ses cartes, le chef de file du régulateur espère donner un coup de fouet à la concurrence par la qualité des réseaux, en plus de celle, déjà vive, sur les prix.

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Commentaires
a écrit le 01/02/2020 à 0:31 :
Ben moi pour avoir la 4g à st hilaire de Riez, ville de 11000 habitants toute l'année, j'ai du quitter free pour orange et encore c'est tout juste, je n'ai trouvé en tout que 5 antennes, installées du côté des marais, 1 seule free, chez-moi même les villages de 500 habitants ont leur antenne.
On ne peut pas avoir une box à l'année dans la maison de famille bien obligé d'avoir la 4g et s'en servir de modem.
a écrit le 31/01/2020 à 10:21 :
Je ne sais pas chez qui elle est mais ma voisine téléphone dehors, on est dans une zone couverte mais avec les montagnes, faut se méfier. De l'étage ça peut mieux passer mais c'est pas pratique (sur le toit encore mieux ? :-) ).
La cartographie du signal ne peut se faire qu'en parcourant les rues et routes, pour internet on peut mesurer (outils à installer sur l'ordinateur) le débit ADSL ou fibre chez chacun (sans se fier aux débits maxi indiqués par le fournisseur) mais en téléphonie, à part mesurer le nombre de barres, c'est réduit comme moyen de participer à une carte réelle vs les opérateurs.
Réponse de le 31/01/2020 à 15:35 :
D'où la mauvaise foi du gouvernement qui feint de considérer que la 4G peut se substituer à la fibre.
a écrit le 30/01/2020 à 18:48 :
Réponse à Bara
Et ce sera pire encore avec la 5G, bien plus sensible aux obstacles physiques. La France n'a pas le gouvernement et les opérateurs au niveau des technologies d'avenir. On devrait laisser les chinois venir nous équiper au lieu de régresser pendant encore des décenies.
Quand à Orange, son plan à 5 ans prévoit clairement de désinvestir en France pour investir à l'étranger. Apparemment les pays plus concurrrentiels et moins administrés ont plus d'avenir qu'une France enlisée dans son fantasme d'une régulation publique et sa peur du progrès technique.
a écrit le 30/01/2020 à 18:36 :
ca veut dire qu'en toute independance l'arcep va taper sur orange pour qu'ils mettent a titre quasi gratuit leur reseau a free pour que ce dernier puisse continuer des prix casses?
ou est ce que ca veut dire qu'ils vont exiger la meme qualite, quelque soit le positionnement marketing ( et les prix qui vont bien)?
a écrit le 30/01/2020 à 18:34 :
La carte de couverture des zones est un honteux mensonge.
Dans ma région, la Bretagne, qui est dans les dernières de France en matière de connexion fibre et de couverture 4G, Orange annonce fièrement 90% de couverture mais il s'agit de couverture théorique car les antennes ont été positionnées en considérant que le territoire est archi plat. Il suffit du moindre relief, voire de simples bosquets, pour que les prétendument elligibles à la 4G ne recoivent rien du tout.
Le gouvernement feint de croire ces couvertures fictives pour aider les usagers privés de fibre à payer des box 4G qui ne marchent pas non plus. Résultat ni fibre ni 4G mais un opérateur et un gouvernement ravis des couvertures et des promesses de haut débit qui ne correspondent pas a la réalité.
Dans le domaine de l'internet, le governement prend les gens pour des pigeons. Mais est-il un domaine où ses succès et ses promesses "tenues" sont autre chose que de grossières mystifications ?
Quand à la motivation d'Orange elle est si "forte" qu'ils ont cédé la propriété des installations fibres présentes et à venir à une collectivité régionale. Résutat : les promesses de l'opérateur et du gouvernement n'ont plus cours. Ce sont devenues celles d'une collectivité locale qui s'est empressée de recruter du personnel de bureau, de faire des dépenses de com et de ne rien faire … le temps d'étudier les dossiers et de changer de majorité.
Réponse de le 31/01/2020 à 10:14 :
"90% de couverture" en surface ou en population ? A une époque équiper les villes permettait de donner de bons chiffres vu le nombre d'utilisateurs "concentrés" mais couvrir toute la surface c'est compliqué, surtout dans les coins où y a personne (sauf de passage), et aussi le caractère "circulaire" des émissions, la portée est un cercle autour de l'antenne, si vous avez trois antennes relais sur les coins d'un triangle, au centre, vous pouvez avoir un signal trop faible même étant "arrosé" largement (question de distance).
Il parait qu'ils ont donné des GSM aux bergers au Portugal mais ça manquait d'antennes, idée inutile.
En Corse avec Bouyg*, il faut être près d'une ville, avec Orange j'imagine que c'est mieux couvert (opérateur national historique), une fois ai du faire 15km pour pouvoir appeler le continent.
a écrit le 30/01/2020 à 18:30 :
La carte de couverture des zones est un honteux mensonge.
Dans ma région, la Bretagne, qui est dans les dernières de France en matière de connexion fibre et de couverture 4G, Orange annonce fièrement 90% de couverture mais il s'agit de couverture théorique car les antennes ont été positionnées en considérant que le territoire est archi plat. Il suffit du moindre relief, voire de simples bosquets, pour que les prétendument elligibles à la 4G ne recoivent rien du tout.
Le gouvernement feint de croire ces couvertures fictives pour aider les usagers privés de fibre à payer des box 4G qui ne marchent pas non plus. Résultat ni fibre ni 4G mais un opérateur et un gouvernement ravis des couvertures et des promesses de haut débit qui ne correspondent pas a la réalité.
Dans le domaine de l'internet, le governement prend les gens pour des pigeons. Mais est-il un domaine où ses succès et ses promesses "tenues" sont autre chose que de grossières mystifications ?
Quand à la motivation d'Orange elle est si "forte" qu'ils ont cédé la propriété des installations fibres présentes et à venir à une collectivité régionale. Résutat : les promesses de l'opérateur et du gouvernement n'ont plus cours. Ce sont devenues celles d'une collectivité locale qui s'est empressée de recruter du personnel de bureau, de faire des dépenses de com et de ne rien faire … le temps d'étudier les dossiers et de changer de majorité.

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