Face aux sécheresses, à la fonte des glaciers mais aussi aux pollutions, la Métropole de Lyon entend redoubler d'efforts pour préserver sa ressource en eau. Son nouveau contrat conclu avec l'Agence de l'eau voit ainsi son enveloppe quasiment tripler par rapport au mandat précédent.C'est en plein cœur de la seconde canicule la plus forte relevée en France pour un mois de juin que le Grand Lyon présentait, jeudi 3 juillet, l'ambition de son nouveau « contrat Eau et climat ». Il s'agit de la déclinaison locale des objectifs du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et du Plan de bassin d'adaptation au changement climatique (PBACC), signé avec l'Agence de l'eau.
Une période propice aux réflexions sur l'anticipation des besoins, alors qu'un rapport sur l'état de l'environnement souligne déjà une perte colossale de la ressource.
«Des années 1990 au début des années 2000, en France, il restait 230 milliards de m3 utilisables une fois l'évapotranspiration retirée de la pluie tombée. Dans la moyenne des années 2010-2020, on est passé à 198 milliards de m3», développe Nicolas Mourlon, directeur de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, organe étatique chargé d'arbitrer les investissements à réaliser pour protéger la ressource en eau.
À une échelle plus locale, les prévisions annoncent déjà une perte d'au moins 20 % des débits du Rhône d'ici à 2050, rappelait également Bruno Bernard, président du Grand Lyon. Au-delà la seule quantité, l'enjeu est aussi d'assurer la qualité de l'eau alors que le sud de la région lyonnaise est l'épicentre du scandale de la pollution aux PFAS.
D'où le renforcement des mesures prises pour préserver la ressource en eau, et le vote d'un nouveau contrat doté d'un budget quasiment trois fois plus important que le précédent. Il passe ainsi de 100 millions d'euros (2022-2024) à 286 millions d'euros, dont 53,9 millions d'euros financés par l'Agence de l'eau, pour les trois années à venir.
Renforcer les mesures précédentes
Ce nouveau contrat doit permettre de poursuivre le travail entamé depuis 2022 au travers de 190 mesures, réparties au sein de six grands axes de travail parmi lesquels la protection et la restauration des milieux aquatiques, le suivi de la ressource en eau (qualité et quantité) ou encore la gestion des eaux pluviales et la désimperméabilisation. Le tout, avec un focus mis sur la « sobriété », en écho au plan eau initié par le gouvernement en 2023, souligne Anne Grosperrin, vice-présidente du Grand Lyon chargée de la préservation de la ressource en eau.