Une lutte désormais plus intérieure pour les femmes dirigeantes

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Si les femmes sortent de plusieurs décennies d'adaptation, elles 
refusent le paléo-management qui consiste à dire qu'il existe un management féminin et masculin.
Si les femmes sortent de plusieurs décennies d'adaptation, elles 
refusent le paléo-management qui consiste à dire qu'il existe un management féminin et masculin. (Crédits : Décideurs en région)
Après des années de conquête par les femmes des plus hauts postes en entreprise, il semblerait que l'environnement soit assaini et que la parité soit de moins en moins un sujet en soi. Demeurent, alors que s'ouvre cette semaine à Deauville le Women's Forum, des freins plus culturels et psychologiques que s'imposent les femmes elles-mêmes.

Il est loin le temps où pour atteindre les sphères du pouvoir les femmes ont dû se masculiniser. Brigitte Lemercier, chasseuse de tête qui fait autorité dans son métier, dirigeante de NB Lemercier&Associés, raconte :

"L'environnement est assaini et elles bénéficient désormais d'un champ d'action sans précédent et d'une bonne volonté managériale. 
Heureuses d'apporter leurs codes vestimentaires et leurs comportements, 
leur autorité se personnalise et elles peuvent arbitrer sans heurts la relation vie privée et vie professionnelle. 
Elles associent aujourd'hui cette liberté à un certain nombre de devoirs comme celui de témoigner"

Elle vient de mener une enquête auprès des femmes dirigeantes de très grandes entreprises pour saisir les singularités de la fonction au féminin. Des femmes déjà "arrivées" au regard plutôt bienveillant sur leur parcours antérieur malgré les difficultés, qui disent devoir encore s'adapter ici ou là  face à des résidus folkloriques d'un certain machisme ou face à la suspicion sur leurs compétences.


Une violence structurelle

A l'origine du parcours, une même volonté que celle de leurs homologues masculins, portée par une éducation favorable où la volonté du père s'est révélée déterminante. Elles indiquent toutes un mentor dans les premières années de leur vie prof
essionnelle. Les épreuves viennent après et sont incontournables : une violence structurelle qui a peu de choses à voir avec le machisme. La chercheuse de talent observe :

"Mais ce qu'elles éprouvent c'est l'épreuve psychologique et biologique de souscrire simultanément à un rôle pluriel : devoirs de dirigeants, devoirs familiaux et affectifs, devoir social. la culpabilité toxique générée par ce que les femmes éprouvent comme une faillite de leur personne, avant de la tolérer comme une limite naturelle, est encore longue à guérir"


D'où parfois le choix de limiter leurs ambitions pour une vie personnelle plus épanouie, ce qu'elles appellent des "retraites courageuses". Les 
freins à lever restent donc aujourd'hui largement intériorisés : syndrome de la "good girl" et de cendrillon, attentes d'être reconnues et remerciées, avouer leur ambition et leur désir de devenir chef avec la rémunération qui vient avec. En somme beaucoup de culpabilités dans ces différents rôles.

"Devenir dirigeante doit correspondre à un programme personnel : il faut vouloir cette vie et cette identité,  oser et créer les conditions plutôt qu'en déplorer les circonstances", en conclut Brigitte Lemercier.

Pas de management féminin

Car si les femmes sortent de plusieurs décennies d'adaptation, elles 
refusent le paléo-management qui consiste à dire qu'il existe un management féminin et masculin. 
Elles estiment que les qualités managériales que l'on prêtent aux femmes ne sont pas féminines mais juste une façon de s'adapter et d'apporter de l'innovation. Et se perçoivent alors comme cheval de Troie du renouveau managérial. Ainsi elles observent à quel point les hommes osent parler de leurs enfants et sont fières d'avoir amenés de la vie en entreprise. 


Restent alors pour les femmes dans ces parcours vers les hautes sphères à se libérer de leur syndrome de bonnes élèves qui les enferme pus qu'il ne les libère. Elles ont pour elles, face aux hommes, d'être des personnes avant d'être des fonctions avec plus de transparence que leurs homologues. En s'exprimant davantage et en ayant à coeur de traduire leurs valeurs au travail, elles sont à même d'apporter plus d'humanité dans le monde de l'entreprise. Brigitte Lemercier prévient :

"A condition qu'elles soient vigilantes et conscientes de leur mode de fonctionnement et de ce qui les arrête. Regarder les schémas répétitifs, plus douloureux à mesure que l'on avance. Quand on regarde une carrière, c'est plein d'imprévus. 
On est beaucoup plus choisies que l'on ne choisit mais il s'agit de faire les bons choix".

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Commentaires
a écrit le 21/10/2014 à 0:05 :
On peut avoir une majorité de femmes dans un conseil, d'hommes dans un autre. L'essentiel est d'avoir de bonnes équipes là où il faut.
Aucun intérêt de nommer une femme parce que femme, comme son rejet pour ce motif.
Réponse de le 21/10/2014 à 18:29 :
Un faux problème n'est pas un problème que l'on refuse de traiter, comme celui de l'inégalité homme femme dans la gouvernance des entreprises, Se poser toutes les questions et bien sur se mettre aussi en question c'est cela qui fait progresser
Réponse de le 22/10/2014 à 17:50 :
18:29; n'était ce pas l'heure de préparer la soupe?
Réponse de le 23/10/2014 à 15:10 :
Lol:), c’est drôle et bien envoyé…En fait mon amant 5/7 est parti plus tôt et toujours l’estomac vide pour ne pas inquiéter sa femme , et pour la libido à lui de gérer , pour ma part je ne suis pas économe. L’homme qui vient pour la nuit est cadre dirigeant et finit toujours très tard, je prévois donc un plat traiteur à passer au micro-onde… Même au foyer nous sommes toujours performante, multitâches, conciliante et avenante envers nos proches…. Il n’y a pas « la femme » mais des femmes et beaucoup veulent une vie à hauteur des leurs études et de leurs ambitions La promotion des femmes. bouscule les habitudes, d’autant que les hommes ne veulent pas voir parfois que c’est eux-mêmes qui bénéficiaient auparavant de mesures de discrimination positive qui ne dit pas son nom, par cette cooptation généralisée en leur faveur. Il y a probablement chez certains, quelque chose qui ressemble alors à de la peur et qui peut évoluer vers une nostalgie du passé.

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