L'obésité, un marché qui rapporte gros

 |   |  635  mots
(Crédits : VIA BLOOMBERG NEWS)
L'obésité, que l'on croyait réservée aux pays riches, est aujourd'hui en voie de globalisation : les pays émergents rattrapent leur retard à grande vitesse. Surfant sur ce phénomène, le marché du bien-être pèse aujourd'hui 663 milliards de dollars ! De quoi aiguiser l'appétit des multinationales. Mais le plus gros marché, et de très loin, ce sont les médicaments qui soignent les pathologies liées à l'obésité...

"L'obésité est peut-être aujourd'hui le défi sanitaire le plus urgent de la planète et les efforts pour lutter contre, vont façonner la pensée des décideurs politiques du monde entier", soulignait récemment une étude BofA Merrill Lynch. La banque est partie du constat selon lequel « Les coûts liés à l'obésité sont beaucoup plus importants qu'on ne le pensait. En mai 2012, l'institut américain de médecine « US Institute of Medicine » a estimé le coût annuel de l'obésité aux États-Unis, à plus de 190 milliards de dollars, à elle seule, soit 21 % des dépenses médicales annuelles. »

Un phénomène que l'on croyait cantonner aux Etats-Unis mais qui se propage aux classes moyennes des pays émergents qui aspirent aux mêmes modes de consommation. Ainsi, si l'obésité en Europe a triplé en 30 ans, il connait une augmentation encore plus rapide dans les marchés émergents en raison d'une « occidentalisation » de leurs régimes alimentaires. En Chine par exemple, la proportion totale de personnes obèses a doublé en 5 ans. Même constat au Brésil, où 16 % de la population est obèse, est en voie d'égaler les niveaux d'obésité des États-Unis d'ici à 2020.

Diktat de la minceur

L'obésité est en passe de devenir un phénomène global, un marché qui pèse plusieurs milliards de dollars. Pour surfer sur ce phénomène, BofA Merrill Lynch a identifié plus de 50 actions, directement lié à l'obésité ou à la lutte contre celle-ci en fonction de quatre points clés. Outre la lutte contre l'obésité, notre société est placée sous le diktat de la minceur. Sans être nécessairement en surcharge pondérale, plus de 1 français sur 2 cherche à perdre du poids. Désormais, plus de 50 % des populations des pays suivent un régime alimentaire, à travers une nutrition spécifique et un changement de comportement, ce qui en fait un marché de 4 milliards de dollars rien qu'aux États-Unis. La France n'est pas en reste avec un marché des produits dits "light" qui croît de 10% par an. Danone (BN-FR) avec sa marque allégée « Taillefine », Nestlé (NESN-CH) avec Sveltesse Herbalife, spécialisés dans les compléments alimentaires, surfent sur cette vague. Weight Watchers (WTW-US) qui propose un accompagnement personnalisé moyennant finance, des plats préparés avec pour objectif de vous réapprendre à manger sainement sans frustration.

Un marché de 663 milliards de dollars

Plus généralement, le marché du bien-être pèse 663 milliards de dollars. Institut et soins du corps, crème amincissantes surfent sur ce phénomène. De quoi aiguiser l'appétit des multinationales. Les laboratoires pharmaceutiques notamment, voyant leurs brevets traditionnels expirer, ont trouvé dans le créneau de la minceur une vache à lait.

Mais le plus gros marché, et de très loin, ce sont les médicaments qui soignent les pathologies liées à l'obésité. Hypertension, diabète, troubles cardio-vasculaires, risque d'infarctus, l'excès de poids a des conséquences néfastes sur le squelette. Les kilos en trop pèsent sur les articulations et en accélèrent l'usure (hanches, genou, vertèbres...). Ils peuvent alors nécessiter la pose de prothèses (hanche, genou). Stryker (SYK-US) est justement un fabricant d'implants orthopédiques spécialisé sur ce type de prothèses.

Dernier secteur qui peut profiter de la lutte contre l'obésité, le sport. C'est un pari à plus long terme, mais la promotion de l'activité physique va devenir une priorité majeure pour davantage de gouvernement en matière de politique de santé. Les articles de sport, Nike, Adidas, Puma (filiale du groupe PPR). Et puis, pour ceux qui veulent parier contre l'obésité, vous pouvez toujours shorter le symbole même de la mal bouffe: Mc Donald.

 Plus d'actualité Bourse sur MonFinancier

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/10/2012 à 14:23 :
Pas grave, avec la récession puis la dépression qui s'annoncent, la planète entière va bientôt être réduite à bouffer de l'herbe, le problème va être vite réglé ! :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :