La Tribune

Le PDG de Goldman Sachs à la barre du procès Galleon

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Jérôme Marin, à New York  |   -  305  mots
Lloyd Blankfein a témoigné mercredi à New York au cours du procès de Raj Rajaratnam, le fondateur du fonds Galleon poursuivi pour délits d'initiés.

Costume gris, chemise blanche et cravate bleue, Lloyd Blankfein est apparu ce mercredi à la barre du tribunal fédéral de Manhattan, dans le cadre du procès de Raj Rajaratnam, le fondateur du fonds Galleon poursuivi pour délits d'initiés. Très attendu, son témoignage a été plutôt bref et portait sur les informations confidentielles qu'aurait fournies Rajat Gupta, un ancien administrateur de la prestigieuse banque d'affaires, à l'accusé.

Réagissant à la diffusion de conversations téléphoniques entre les deux hommes, Lloyd Blankfein a estimé que Rajat Gupta avait violé la politique de confidentialité qui s'impose à tous les administrateurs de la banque, étayant ainsi le discours du ministère public qui reproche à Raj Rajaratnam d'avoir utilisé "des informations volées" sur des nombreuses sociétés pour engranger illégalement 45 millions de dollars de profits.

En septembre 2008, au plein de la crise financière, Rajat Gupta a ainsi averti le fondateur de Galleon que Warren Buffett s'apprêtait, via sa holding financière Berkshire Hathaway, à injecter 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs. "Cela signifiait que nous étions considérés comme un bon investissement de la part d'un investisseur réputé être doué et couronné de réussite", a expliqué Lloyd Blankfein. Prévu juste avant l'annonce officielle, Raj Rajaratnam aurait ainsi réalisé un gain d'un million de dollars.

Pour John Dowd, l'avocat de la défense, Raj Rajaratnam n'a fait que son travail : collecter "une mosaïque d'informations" avant d'investir. "Dans le monde réel, rien n'interdit de discuter et de faire des recherches sur des actions, avait-il expliqué lors des déclarations d'ouverture du procès. C'est parfaitement légal et cela bénéficie à nous tous". Arrêté en octobre 2009 mais remis en liberté depuis, l'investisseur est poursuivi pour 14 chefs d'accusation et risque jusqu'à 20 ans de prison.

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