Armement : l'Arabie saoudite très, très intéressée par les frégates FREMM de DCNS

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Les frégates multimissions (FREMM) de DCNS vont-elles accoster en Arabie Saoudite
Les frégates multimissions (FREMM) de DCNS vont-elles accoster en Arabie Saoudite
Le prince héritier saoudien Salmane ben Abdel Aziz sera à Paris du 1er au 3 septembre. Il pourrait à cette occasion signer un accord (Letter of Intent) pour l'achat de six frégates multimissions FREMM. Une opération à 15 milliards d'euros.

La venue du 1er au 3 septembre du prince héritier saoudien Salmane ben Abdel Aziz à Paris est une visite très, très importante pour les industriels français de l'armement, DCNS ainsi que MBDA, Thales, Airbus Helicopters et Défense Conseil International (DCI). Enjeu de cette visite, la signature d'une Letter of intent (LoI) entre Paris et Ryad pour l'achat de six frégates multimissions FREMM fabriquées par DCNS et fortement équipées : missiles de croisière (MDCN), missiles Aster 15/30 et missiles navals Exocet block 3 de MBDA, 10 hélicoptères navals NH90 (NFH) d'Airbus Helicopters... Soit un contrat estimé à 15 milliards d'euros étalés sur une dizaine d'années.

Selon plusieurs sources concordantes, l'Arabie Saoudite serait très demandeuse de réaliser cette opération. Et souhaite aller vite. Mais faute d'un Accord inter-gouvernemental (AIG) pourtant attendu par Ryad mais pas encore prêt du côté français, Paris propose une LoI définissant les grands principes de l'AIG, qui pourrait être signé un mois plus tard. Le prince Salmane, également ministre de la Défense, doit déjeuner le 1er septembre avec François Hollande avec lequel il évoquera les dossiers internationaux de la région du Golfe (Syrie, Irak...) et rencontrera le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 3 septembre, avec lequel il discutera entre autre des dossiers armements.

La formation, l'un des clés de ce contrat

Pour emporter l'adhésion des Saoudiens, qui ont exprimé des inquiétudes sur l'exploitation de ces frégates très sophistiquées, la France a décidé de proposer un volet très complet et très poussé sur la formation à destination de la marine saoudienne, dont DCI sera le maître d'oeuvre. L'objectif est que les marins saoudiens maîtrisent parfaitement les FREMM. C'est d'ailleurs l'une des clés de la réussite de ce dossier. Dans cet esprit, les Saoudiens seront accompagnés par la marine française et l'Etat français. "Il y a une vraie volonté de les accompagner", assure-t-on à Paris. C'est ce que va expliquer Jean-Yves Le Drian au prince Salmane lors de leur rencontre de travail.

En outre, Paris propose à Ryad de l'aider à organiser la maintenance des bâtiments à partir d'Arabie Saoudite. Une poursuite en quelque sorte de la coopération industrielle franco-saoudienne commencée avec le contrat de modernisation des frégates Sawari 1 (LEX) qui a été signé en octobre 2013 et qui est réalisé en partie par un chantier naval saoudien, le groupe Zamil, en partenariat avec DCNS. Enfin, les groupes français devraient moderniser les infrastructures de la marine saoudienne de Djeddah sur les bords de la Mer Rouge pour accueillir les FREMM.

Un contrat important pour la loi de programmation militaire

Au début de l'année, la France et l'Arabie Saoudite avaient également déjà eu un projet de signer une LoI. Un projet qui a finalement avorté en raison de très nombreux changements au sein du ministère de la Défense. Mais ce n'était que partie remise... D'autant que Ryad, qui a besoin de moderniser sa flotte de l'Ouest, est "très allant" sur ce dossier. Pour Jean-Yves Le Drian, cette visite est donc importante pour la bonne marche de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) qu'il a tenu à bout de bras.

Car, tout comme pour le Rafale, l'exportation des FREMM, à un degré moindre certes, est également une des clés de la bonne exécution de la LPM. L'idée il y a quelques temps était  de re-router les futures frégates 4, 5 et 6 destinées à la Royale vers la marine saoudienne sans affecter le plan de charge de DCNS et de son site de Lorient, cher à Jean-Yves Le Drian.

Mark 3 au frigo

En revanche, le programme de défense aérienne (Mark 3), qui a été négocié avec Thales en vue de renouveler le système de défense aérienne Crotale (Air defence) du royaume, n'est pas jugé prioritaire par Paris, qui reste prudent après les déconvenues infligées par Ryad sur ce projet. "On attend de voir un peu, souligne-t-on. Mais si le projet n'est pas mort, il n'est plus prioritaire dans la pile des dossiers. Cela demandera plus de temps". Chez Thales, on y croit encore. Au total, le contrat Mark 3 s'élèverait à 4 milliards d'euros, dont 2,5 milliards pour la première tranche.

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Commentaires
a écrit le 04/09/2014 à 0:40 :
Très très intéressés ... Mais pas de signer !
a écrit le 29/08/2014 à 10:12 :
Lorsque l'on se penche sur la situation diplomatique catastrophique entre l'Arabie Saoudite + les EAU face au Qatar , on comprend vite que la France se fait balader comme une balle de ping-pong.
Coups d'annonce sur coups d'annonce de mégacontrats pour faire "mieux qu'en face" mais pas de finalisations , c'en est presque humiliant pour notre pays (voir l'article de LaTribune sur le programme Mark3 , ou les déboires du rafale aux EAU et au Qatar).

Evidemment , je ne peux pas predire la suite de cette affaire , mais pour moi c'est du même niveau que les autres vrais "mégacontrats" dans la région , c'est juste pour faire monter la pression dans le camps d'en face , en l'occurrence ici le Qatar, et je ne serais pas étonné que ces derniers renchérissent.
A voir donc.
a écrit le 27/08/2014 à 14:30 :
Et comme d'habitude avec ce genre d'annonce, cela ne se fera pas....
Réponse de le 27/08/2014 à 18:57 :
C'est vrai, le contrat LEX (modernisation des frégates saoudiennes Sawari 1) n'a jamais été signé, le contrat des quatre corvettes de DCNS pour l'Egypte, non plus, le contrat de satellites d'observation aux Emirats, non plus encore, le satellite d'observation au Pérou.... Alors svp évitez ce type de commentaires
a écrit le 26/08/2014 à 21:14 :
Il s'agit vraiment d'une exclusivité La tribune car aucun autre journal en parle. Espérons que les sources de ce journaliste soit bonne car cela ferait beaucoup de bien à notre économie exportatrice.
a écrit le 26/08/2014 à 12:53 :
Arrêtons de traiter avec ces gens là. Ces navires sont une vrai menace pour notre porte- avions à moins de pouvoir neutraliser leur système d'armes.
Réponse de le 26/08/2014 à 14:28 :
Pas de souci, ça tourne sous Windows et les back-doors sont à accès direct NSA.
Réponse de le 26/08/2014 à 14:45 :
Vous avez de la chance de ne pas être modéré ... je le suis en permanence quoi que j'écrive et je garde tous mes posts pour preuve de leur non publication et de la censure au mépris des conditions du site.
Réponse de le 26/08/2014 à 19:34 :
20% de mes commentaires sont supprimés. Tout simplement parce que 80% sont judicieux. C'est tout. La Tribune sait ce qu'elle fait, elle.
a écrit le 26/08/2014 à 12:31 :
@Durendal
Je suis tout à fait d'accord avec vous.
a écrit le 26/08/2014 à 10:17 :
On peut compter sur nos "alliés" américains pour faire capoter ce contrat par tous les moyens.
a écrit le 26/08/2014 à 8:43 :
Et on dit que le Qatar est aussi très très très très très très intéressé par les Rafas (Rafales).
Réponse de le 26/08/2014 à 10:05 :
l'Inde aussi.... mdr
a écrit le 26/08/2014 à 8:33 :
C'est étrange " comment les mêmes navires changent de dénomination dans la Presse.

Pour les Russes, c'était d'abord des navires révolutionnaires de commandement. Plus tard ce n'était plus que des " porte-hélicoptères ", sans importance

Et maintenant cela devient des frégates " multimissions."

Tout pour le même concept.
Réponse de le 26/08/2014 à 8:38 :
Ces frégates sont destinées à l'Arabie Saoudite, et non pas à la Russie... Essuyez vos lunettes !
Réponse de le 26/08/2014 à 8:51 :
Quel rapport entre les FREMM et les Mistral? C'est aussi différent qu'un char Leclerc et un transporteur de troupes Aravis. Il faut vous réveillez le matin avant d'écrire des commentaires...
Réponse de le 26/08/2014 à 9:17 :
C'est surtout pas le même type de bateaux : d'un côté un BPC et de l'autre FREMM.
Réponse de le 26/08/2014 à 9:21 :
Un BPC ou porte-hélicoptères n'est pas du tout le même navire qu'une frégate...
Réponse de le 26/08/2014 à 11:54 :
Ces frégates sont vraiment des navires multi-mission (j'ai travaillé dessus). Ce sont de redoutables navires furtifs et armés des armes de dernière génération. On ne doit pas mettre telles armes entre les mains d'extrémistes religieux pour du fric.
Réponse de le 26/08/2014 à 14:26 :
"les mains d'extrémistes religieux pour du fric. " Been .. il fallait choisir entre deux religions. Notes, une religion, c'est aussi fait pour en faire, néanmoins...
Réponse de le 29/08/2014 à 20:28 :
durendal, si vous avez travaillé dessus, vous savez qu'il y a déjà eu sawarii 1 et 2 qui étaient à l'époque top moumoute.
et vous devez aussi comprendre que comme vous lorsque vous avez travaillé sur le programme, les gars de lorient seront bien contents d'avoir de quoi bouffer tous les mois...
c'est très bête mais la seule industrie qui tourne encore en france, c'est les canons.

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