Sous-marins : DCNS se lance dans la compétition du siècle en Australie

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DCNS propose un nouveau sous-marin à base du Barracuda
DCNS propose un nouveau sous-marin à base du Barracuda
Le groupe naval a déposé en Australie une première offre dans le cadre de la compétition du siècle "Sea 1000". Le montant du contrat est évalué à plus de 30 milliards d'euros pour 12 sous-marins.

En Australie, la compétition du siècle "Sea 1000" en vue d'équiper la marine australienne de 6 à 12 sous-marins océaniques de plus de 4.000 tonnes entre dans la dernière ligne droite. Tout comme son grand rival allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et le consortium japonais, composé de Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kawasaki Heavy Industries (KHI), DCNS a déposé vendredi une première offre auprès de Canberra dans le cadre d'un processus d'évaluation compétitif (Competitive Evaluation Process-CEP), lancé par la marine australienne.

Le groupe naval s'appuie sur une équipe France jusqu'ici soudée pour cette campagne commerciale très importante (ministères de la Défense et des Affaires étrangères, direction générale de l'armement, industriels...) Car c'est une compétition structurante pour l'avenir de l'industrie navale mondiale. Pourquoi ? Parce que la marine australienne va consacrer un type de sous-marin de 4.000 tonnes de nouvelle génération qui pourrait prendre un avantage commercial crucial pour les 20 prochaines années, estiment certains observateurs.

Cinq critères prioritaires

Les trois concurrents doivent, selon nos informations, remettre fin novembre une seconde offre engageante, qui pourrait faire l'objet d'améliorations dans le cadre d'un dialogue compétitif avec le ministère de la Défense australien. La décision de Canberra est attendue à l'horizon de la fin du premier trimestre 2016. Ce qui est en revanche moins clair, c'est de savoir si l'Australie veut passer par la sélection de deux candidats ou d'une entrée directe en négociations exclusives avec l'un des trois concurrents. Le contrat est évalué à plus de 30 milliards d'euros (voire 35 milliards d'euros) pour 12 sous-marins, qui remplaceront la flotte de vieux Collins, dont le premier est entré en service en 1996 et fabriqués par le suédois Kockums, ainsi que leur soutien sur 30 ans. Le premier sous-marin doit entrer en service en 2027 dans la Royal Australian Navy.

Que veulent exactement les Australiens? Pour gagner cette compétition, les trois rivaux devront répondre au mieux aux exigences très ciblées de la marine australienne, qui a défini, outre le prix, cinq critères prioritaires : performance des bâtiments, industrialisation, soutien et maintien en condition opérationnel (MCO) au-delà de 2040, capacité à intégrer un système de combat américain (Raytheon ou Lockheed Martin) dans la continuité des Collins et enfin, signature d'un accord de gouvernement à gouvernement.

DCNS prêt à fabriquer en Australie

DCNS propose le programme "Shortfin Barracuda Block 1A" à propulsion classique, dérivé du sous-marin d'attaque nucléaire français de dernière génération Barracuda dont la première livraison est prévue avant la fin de la décennie. En revanche, le groupe naval ne développera pas pour la Royal Australian Navy un nouveau système de propulsion anaérobie (AIP) plus performant, considérant que les missions de ces sous-marins sont plutôt océaniques. "L'AIP sert plutôt dans des mers peu profondes pour rester immobile et observer longtemps; Ce qui n'est pas le cas de la marine australienne qui va faire de très longues patrouilles", explique-t-on à La Tribune. Il ne proposera pas non plus des batteries de nouvelle génération lithium-ion, soulignant que les Australiens n'ont pas exprimé ce besoin.

DCNS s'est dit à de nombreuses reprises capable de produire aussi bien à Cherbourg qu'en Australie (Adélaïde?) tout ou partie des futurs sous-marins de la Royal Australian Navy. Le constructeur avait indiqué en juillet au Parlement australien que son offre prévoyait que plus de 70% de la fabrication se fasse en Australie. Le gouvernement australien s'est montré très intéressé par la réponse de DCNS à son CEP. Car de nombreuses voix s'élèvent en Australie pour s'inquiéter de l'avenir de la construction navale nationale, le gouvernement hésite entre faire construire ces sous-marins sur son sol ou à l'étranger.

"Je vois qu'un des soumissionnaires a dit qu'il pouvait assurer une part importante de la construction en Australie, de l'ordre de 70 à 80%", a déclaré jeudi au Parlement le ministre australien de la Défense, Kevin Andrews. "Si une part plus importante des sous-marins est construite ici, cela veut dire que cela fera plus d'emplois en Australie", a-t-il fait valoir.

Le directeur général de DCNS Australie Sean Costello a salué vendredi les propos du ministre en expliquant que son groupe serait en mesure de construire tous les sous-marins soit en Australie, soit en coopération avec un chantier en France. "Les deux options auraient les mêmes implications en matière d'emploi", a précisé Sean Costello, cité par le quotidien "The Australian".

Pour les médias australiens, les propos de Kevin Andrews sont en rupture avec ce qu'était la ligne du gouvernement de l'ancien Premier ministre, Tony Abbott, réputé favorable à l'offre japonaise plus économique. En revanche, les sous-marins sont fabriqués au Japon. Or les plus importants chantiers navals australiens se trouvent en Australie méridionale, qui est aussi l'État où le taux de chômage est le plus élevé (7,9%) du pays.

TKMS ne présente qu'un projet

Le patron du constructeur allemand TKMS en Australie, John White, a déclaré au quotidien "The Australian" que son groupe était également en mesure de construire localement tous les sous-marins, en important certains éléments. Pour autant, TKMS n'a aucun sous-marin à proposer de la taille des 4.000 tonnes, le plus gros qu'il ait construit est le sous-marin nucléaire de 2.200 tonnes, le Dolphins II en service en Israël.

Contrairement à DCNS, le constructeur allemand doit encore construire un tel bâtiment, qui sera doté d'un AIP et de batteries lithium-ion. Dans ce cadre, TKMS propose pour satisfaire au cahier des charges du programme "SEA 1000" le programme Type 216, basé sur les sous-marins 212/214. Avec l'AIP, il aura un rayon d'action de 4.815 km (2.600 nautiques).

L'offre japonaise en retrait?

A priori le départ de Tony Abbott, qui a perdu lundi son poste de Premier ministre au profit de son ancien ministre des Communications, Malcolm Turnbull, semble défavorable à l'offre du consortium japonais. D'autant qu'une délégation nipponne a refusé fin août de s'engager à construire les sous-marins de type Soryu, long de 84 mètres et déplaçant 4.200 tonnes en plongée, sur le sol australien. La délégation emmenée par le général en retraite Takahashi Saito a préféré mettre en avant le savoir-faire technologique de pointe du Japon et ses relations stratégiques étroites avec l'Australie lors des présentations publiques.

Selon Reuters, deux sources qui ont assisté à des réunions privées entre responsables australiens et japonais ont déclaré que ces derniers n'avaient visiblement pas pris la mesure des enjeux politiques du dossier et qu'ils semblaient avoir pris du retard sur leurs rivaux.

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a écrit le 03/10/2015 à 14:44 :
une bonne opportinité pour l'exportation français, notre produits a l'avantage d'etre dérivé d'une unité nucléaire existante.... se qui rends possible un equipment future en SNA; Je regrette que deux pays européen soit en coucurance... Nous aurions du trouver un accords pour ne présenter qu'un seul projet, sous-marin Français et propûlsion Allemande ( surtout qu'ils sont plus performent en propultion conventionnel).
Maintenant il nous reste a proposer une offre intérrésante pour les deux partis. Nous avons déja démontré que nous somme capable de produire a l'étanger ( au Pakistan ). Bonne chance il nous faut gagnier des nouvelles parts de marcher....
a écrit le 27/09/2015 à 23:16 :
En premier lieu, je ferai remarquer que les sous marins Dolphins II offerts par la RFA,
ne sont en aucun cas des "sous-marins nucléaires" (même si hélas ils peuvent envoyer des missiles qui le sont) ; mais simplement des diesels...
Or le caractère "nucléaire" de notre flotte navale peut-être un atout; quand on pense à la célèbre performance d'un "vieux" Rubis lors de dernières manœuvres avec US Navy

Ceci dit je trouve regrettable que la proposition française ne comporte pas le volet "piles lithium-ions", car dans tous les cas ces petits sous-marins silencieux ont un réel problème d'autonomie (il suffit de voir les options de la marine russe en la matière pour comprendre, ou de penser aux vieux téléphones Mobiles).
Sinon... où aurait-il fallu que la France se procure ces fameuses batteries... là encore il suffit d'ouvrir son mobile et de lire le "made in..."
a écrit le 23/09/2015 à 13:31 :
Hé! la "compétition sous-marine du siècle" n'était pas celle au Brésil avec Sarkozy ? mdr
a écrit le 21/09/2015 à 19:11 :
Je note qu'il est regrettable que deux entreprises européennes se fassent concurrence sur ce type de projet hors frontière de l'Union. Enfin je soutiens DCNS qui a suffisamment de compétences pour être un vrai partenaire des australiens. Bonne chance.
a écrit le 21/09/2015 à 18:23 :
allez ! on croise les doigts pour dcns , c'est un beau contrat
a écrit le 21/09/2015 à 11:15 :
Quiconque connait le triste état de la marine australienne ne peut que rigoler en voyant cet appel d'offre.

12 sous-marins...

La marine australienne à du mal à armer 2/3 de ses Collins par manque d'équipage, même en puisant dans le pool commun de sous-mariniers du commonwealth.

Grand maximum l'Australie à suffisament de marins pour armer 2 Collins... en général c'est 1.

Sur 6...

Et c'est des vaisseaux "récents"... entrés en service au milieu des années 90.

C'est le même niveau que le porte avion brésilien et autre...

Qui plus est DCNS est complètement l'outsider sur ce marché, les japonnais sont favoris (parce que le japon à besoin pour de vrai d'un sous-marin moderne diesel), ThyssenKrupp et ACS (chantier naval australien) sont des partenaires historiques, etc...
Réponse de le 23/09/2015 à 17:29 :
Les Japonais n'ont pas compris l'enjeu politique de l'emploi et n'ont montré aucune confiance envers les chantiers locaux. DCNS a déjà montré son savoir faire en transfert de technologie avec les constructions indigénisées des brésiliens et des indiens (une gageure). Quant à TKMS, leur sous-marin est bien en dessous des besoins australiens. Ils n'en ont jamais fait d'aussi gros.

DCNS est bien placé. Le seul gros point dur, c'est le système de combat obligatoirement américain. Ces derniers risquent de refuser de coopérer avec DCNS pour pousser l'offre de leur allié stratégique japonais.
a écrit le 21/09/2015 à 9:08 :
Les conditions semblent propices à un succès pour DCNS. La France eu une longue histoire de coopération militaire avec l'Australie avec la vente de Mirage 3 dans les années 1960.
La France a un savoir faire incontesté en matière de sous-marins et DCNS a une réelle expertise en matériel lourd conçu pour de très longues missions, ce dont TKMS ne dispose pas. L'armement que propose DCNS est en outre très complet, entre les différentes variétés de torpilles, les versions mer/mer et mer/terre de l'Exocet et le Missile de Croisière Naval (MdCN) qui offre une possibilité de frappe en profondeur que seuls les américains pouvaient proposer jusqu'à présent.
Réponse de le 21/09/2015 à 10:06 :
Bonjour Patex, je crains que l'armement soit américain, c'est une demande des Australiens...
Réponse de le 22/09/2015 à 19:01 :
Sans revenir aux années 60, THALES est aujourd'hui très bien implanté en Australie avec de beaux contrats, dans le civil comme dans le militaire. A part l'armenent, THALES est un équipementier majeur des sous-marins de la DCNS. Les emplois générés en Australie vont bien au-delà de la simple construction.

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