Ferrari fait une entrée mitigée à la Bourse de Milan

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La place jouxtant la Bourse avait été, pour l'occasion, décorée des symboles de la maison automobile: le célèbre "cavallino" ("petit cheval") cambré et les drapeaux rouges de la marque, ainsi qu'une dizaine de modèles de la voiture de luxe, dont la toute dernière F12 Tdf (ici, en jaune, en partie masquée par deux autres Ferrari).
La place jouxtant la Bourse avait été, pour l'occasion, décorée des symboles de la maison automobile: le célèbre "cavallino" ("petit cheval") cambré et les drapeaux rouges de la marque, ainsi qu'une dizaine de modèles de la voiture de luxe, dont la toute dernière F12 Tdf (ici, en jaune, en partie masquée par deux autres Ferrari). (Crédits : Reuters)
La marque italienne de voitures de luxe a ainsi ouvert lundi "un nouveau chapitre" de son histoire. Le titre perdait néanmoins plus de 2% lundi matin, dans un contexte de déstabilisation des marchés européens sous l'effet de la fermeture des Bourses chinoises.

"Enfin, l'Italie est là !" C'est ainsi que Matteo Renzi a commenté l'entrée à la Bourse de Milan de Ferrari, qui fait suite à sa cotation à Wall Street il y a deux mois. Le Premier ministre italien s'est rendu lundi 4 janvier dans la ville du Nord de la péninsule pour célébrer ce moment historique, rendu possible par la toute récente scission entre Ferrari et sa maison mère, Fiat Chrysler Automobiles (FCA).

Ferrari revient aux origines

A ses côtés, toutes les grandes figures du groupe automobile étaient présentes : Sergio Marchionne, président de Ferrari et directeur général de FCA ; John Elkann, président de FCA; Piero Lardi Ferrari, seul fils encore en vie de celui qui fonda la marque en 1947, Enzo Ferrari. La place jouxtant la Bourse avait été pour l'occasion décorée des symboles de la maison automobile: le célèbre "cavallino" ("petit cheval") cambré et les drapeaux rouges de la marque, ainsi qu'une dizaine de modèles de la voiture de luxe, dont la toute dernière F12 Tdf.

"Cette cotation ouvre un nouveau chapitre. C'est un nouveau but, un nouveau départ", a déclaré Sergio Marchionne. "Concourir sur la cote de Milan c'est pour Ferrari comme revenir aux origines", a-t-il ajouté.

48 dollars à Wall Street

Ce démarrage n'a pourtant pas été particulièrement encourageant. Un peu plus d'une heure après l'ouverture de la Bourse, alors que 3% du capital du groupe avait était échangé, l'action du constructeur, qui avait débuté à 43 euros, se repliait de 2,40% à 42,37 euros. Pendant un moment, le titre, descendu en dessous de 41,75 euros, a même été suspendu. Lors de la dernière clôture de Wall Street, jeudi 31 décembre, le titre de Ferrari était échangé à 48,06 dollars.

L'action Fiat Chrysler Automobiles (FCA) chutait pour sa part de 33,71% à 8,5650 euros à 10h25, conséquence de la scission de son actif jugé le plus attractif, qui risque de concentrer désormais l'attention des investisseurs sur l'endettement de FCA, les retards de plusieurs nouveaux modèles et un plan de croissance à cinq ans que nombre d'analystes jugent trop ambitieux.

L'Italie sortie du bourbier?

Toutefois, lors d'une journée marquée par la fermeture en catastrophe des Bourses chinoises, qui a affecté toutes les Bourses européennes, Sergio Marchionne s'est voulu rassurant:

"Aujourd'hui est un jour bizarre. Nous sommes cotés depuis 40 minutes, il faut attendre une stabilisation, il faut encore quelques jours", a-t-il observé.

Une demie heure après l'ouverture de la Bourse de Milan, le Ftse Mib, dont le titre de Ferrari fera partie, perdait d'ailleurs 2,56%.

Matteo Renzi a d'ailleurs tenu à souligner la portée symbolique de ce moment pour toute l'Italie qui - a-t-il affirmé lors d'une interview à La Stampa - est à son sens enfin "sortie du bourbier de 2013". La cotation italienne de Ferrari est aussi pour le Premier ministre un "très beau geste, très important, et je crois qu'il devrait être suivi aussi par d'autres réalités qui sont cotées en dehors du pays", a-t-il déclaré à Milan, avant de souligner:

"En ce moment la Bourse italienne a eu des résultats extraordinaires, en réalisant en 2015 la meilleure croissance parmi les bourses occidentales. Je crois que la cotation de Ferrari est une occasion extraordinaire pour les investisseurs".

3,66 milliards d'euros engrangés à Wall Street

L'introduction à Wall Street du constructeur de luxe en octobre a permis à FCA d'empocher plus de 4 milliards de dollars (3,66 milliards d'euros). Dans ce cadre, FCA n'avait vendu que 10% du capital de Ferrari, et il a ensuite distribué le solde de sa participation, soit 80%, à ses propres actionnaires.

Les 10% restants sont détenus par Piero Ferrari, le fils du fondateur, qui conservera ses parts. Ce dernier a signé le mois dernier un pacte d'actionnaires avec Exor, la holding de la famille Agnelli, qui possède environ 23,5% du capital de Ferrari.

Avec la cotation à Milan, le flottant du constructeur avoisine 67%.

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