Près de huit mois d'incertitudes et de tensions pour l'équipementier GM&S

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(Crédits : DR)
Manifestations, blocages et négociations se succèdent depuis fin 2016 pour la survie de l'équipementier automobile GM&S alors que le tribunal de commerce de Poitiers a décidé lundi de repousser d'une semaine sa décision sur l'avenir du site. Retour sur un conflit sans fin !

GM&S, dont les deux principaux clients sont les constructeurs français Renault et PSA, est le deuxième employeur privé de la Creuse avec 277 salariés.

  • Redressement judiciaire

Spécialisée dans l'emboutissage, l'assemblage et la tôlerie, l'entreprise GM&S Industry (ex-Altia), située sur la commune de La Souterraine (Creuse), est placée en redressement judiciaire le 2 décembre 2016.

  • Mobilisations

Le 6 janvier 2017, François Hollande est accueilli lors d'un déplacement à Brive par 200 salariés. Le 23 janvier, une cinquantaine d'entre eux bloquent l'autoroute A20 et, deux jours plus tard, les accès à des sites de Renault et de PSA dans l'Yonne et dans l'Allier.

  • Sursis

Le tribunal de commerce de Poitiers décide le 1er février de prolonger la période d'observation pour l'entreprise en redressement jusqu'au 23 mai. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve promet que son gouvernement mettra "tout en œuvre" pour redonner une "perspective industrielle" à GM&S.

  • Blocage

Après s'être invités à Paris, sur les Champs-Élysées, 150 salariés de GM&S bloquent l'accès de l'usine PSA de Poissy (Yvelines) le 19 avril, pour réclamer davantage de commandes.

  • Négociations

Réunion au ministère de l'Économie, le 27 avril, en présence des représentants syndicaux et des représentants des constructeurs Renault et PSA. Des discussions s'enchaînent les jours suivants.

  • Échec

Le 10 mai, les représentants syndicaux annoncent "l'échec des négociations". Dès le lendemain, des salariés commencent à détruire du matériel: ils découpent en deux une presse et écrasent une machine-outil. Selon la CGT, l'usine a été "piégée" à l'aide de bonbonnes de gaz et de bidons d'essence.

  • Efforts de Bercy

Le nouveau ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'engage le 19 mai à déployer "tous les efforts nécessaires pour garantir l'accroissement des commandes" des constructeurs clients de GM&S.

  •  Nouveau répit

Le tribunal de commerce de Poitiers prolonge jusqu'au 30 juin la période d'observation de l'entreprise, le temps d'examiner les options de reprise. Les salariés annoncent le 24 mai le "déminage" du site.

Dialogue musclé le 9 juin entre Emmanuel Macron et les salariés à la sous-préfecture de Bellac (Haute-Vienne). Le président promet de faire "le maximum" avec la mise en place d'une "cellule de crise" pour travailler aux conditions de la reprise.

  •  Offre de reprise partielle

Les salariés relancent le blocage et l'occupation de leur usine le 13 juin. Le leader français de l'emboutissage GMD dépose le 29 juin une offre de reprise partielle, soumise à des conditions suspensives, avec la promesse de conserver 120 des 277 emplois. Renault et PSA s'engagent par des financements et commandes supplémentaires à soutenir cette offre.

  • Liquidation judiciaire

Le tribunal de commerce de Poitiers place le 30 juin GM&S en liquidation judiciaire avec prolongation de l'activité jusqu'au 21 juillet dans l'espoir d'une amélioration de l'offre de GMD.

  • Re-blocage

Les 5 et 6 juillet, des salariés de GM&S bloquent le site de PSA à Sept-Fons dans l'Allier pour réclamer des mesures pour "limiter la casse sociale".

  •  Pression

Des "avancées" lors d'une réunion à Bercy le 11 juillet avec les acteurs du dossier ne suffisent pas à faire retomber la pression: les salariés bloquent l'usine Renault de Villeroy dans l'Yonne du 19 au 21 juillet tandis que Bruno Le Maire en déplacement à La Souterraine assure que l'activité de ce site serait garantie pour "cinq ans".

  • Nouveau sursis

Le 24 juillet, les salariés maintiennent la pression, annonçant un nouveau blocage du site de Renault dans l'Yonne tandis que le tribunal de commerce de Poitiers accorde un nouveau délai: il statuera le 31 juillet sur l'offre de reprise par GMD.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 25/07/2017 à 15:36 :
les syndicats coulent les boites en rigolant
quand ca tourne mal, elles envoient leurs amis syndicalistes professionnels, payes par les grosses entreprises, remettre une louche pour etre sur que personne ne se releve..............
puis la boite coule
les memes syndicalistes peuvent denoncer le patronat avide qui met les gens a la rue, et recasent leurs potes dans d'autres boites a couler dans la rigolade generale
qu'on leur confisque leurs chateaux, le 1%CE et les 30 milliards de la formation, ca sera un bon debut
a écrit le 25/07/2017 à 10:33 :
j'ai été dans directeur fiscal d'une belle PME (26 000 salariés) filialles peugeot renautl qui a déposé son bilan en 1993... j'ai été directeur d'une importante fédération industrielle ou mes problémes contants étaient les conditions D ACHAT, surtout de renault, l'exploitation des filialles des sous traitants étaient le principe (vous avez vu les suicides cher R) bon on sait que la pression économique est insancée...et on découvre que les sous traitants meurent....silence total de la DGCRF - j'ai eu plusieurs rencontre avec l'ancien directeur de cet organismes....- mais la vraie question une entreprise commence lorsqu'elle est en difficulté a ne pas payer sa TVA ses charges sociales, ses fournisseurs, ca fait donc 8 mois que cette société survie en étant financé par nous (les contribuables) les choix économiques ont donc des conséquences sur nos impots...et on ne parle que des salariés qui sont bien sur les premiers concernés mais vivent avec l'argent public; et auront le chomage les indemnités de licenciement.... et on voit un ministre qui ne sait rien de tout cela
Réponse de le 25/07/2017 à 17:27 :
C'est tellement vrai ...

Dit moi quel est ton chiffre d'affaire , je te dirais combien tu as de salariés ...

Pour une entreprise , il faut être dans le positif ( sinon dette ) , payer ses taxes a l'état , ses fournisseurs et sa masse salariale ...
Le salarié est la variable ajustable et cela est mal compris de la population et pourtant , moins de chiffre d'affaire avec une masse salariale identique l'entreprise ne peut pas survivre !

Si cette entreprise à une offre de 120 personnes sur 277 c'est que son chiffre d'affaire lui permet une masse salariale de 120 personnes .
Vous pouvez gagner 10 000€ mais si vous avez 40 personnes sous votre toit , vous êtes dans la précarité , pour une entreprise c'est pareil !
a écrit le 25/07/2017 à 8:48 :
Feuilleton politico-médiatique
Ce dossier est devenu absurde ou quasiment malsain, par trop de battage médiatique et de récupération politique.
Il s'agit maintenant autant de symbole et d'artifices, plus que d'industrie et d’économie ?
C'est l'image du pays qui se projette, ce qui ne devrait pas inciter des industriels à venir en France.
Si l'on avait investi tout ce temps, ces énergies et cet argent à trouver des idées pour essayer de sortir de cette histoire sans fin...

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