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Le groupe Galeries Lafayette tergiverse sur le dossier Monoprix

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latribune.fr (Source AFP)  |   -  553  mots
En conflit avec Casino sur la valorisation de Monoprix, les Galeries Lafayatte seraient prêtes à vendre leurs parts dans leur co-entreprise pour 1,95 milliards d'euros ou, au contraire... à racheter celles de l'autre actionnaire si ce dernier valorise l'entreprise de distribution à 700 millions d'euros. C'est ce qu'à indiqué Philippe Houzé, président du directoire des Galeries Layafette dans un entretien aux "Echos".

Vendre ses parts dans Monoprix ou bien tout acheter ? Le groupe Galeries Lafayette ne s'est toujours pas décidé. Dans un entretien accordé au quotidien "Les Echos", Philippe Houzé, président du directoire des célèbres galeries marchandes, a indiqué que le groupe était favorable, soit à l'achat de la participation Casino dans Monoprix, soit à la vente de ses propres parts dans cette co-entreprise.

Conflit sur la valorisation de Monoprix

Les deux partenaires, associés depuis quinze ans, sont en conflit ouvert sur la valorisation de 50% de Monoprix: 1,95 milliard d'euros, selon la Société Générale, conseil des Galeries Lafayette, 700 millions d'euros selon Rothschild, conseil de Casino. "Nous, nous sommes indifféremment vendeurs ou acheteurs à un prix d'équilibre, que nous situons à la moyenne des évaluations, soit 1,35 milliard" d'euros, a déclaré Philippe Houzé. "Si (le PDG de Casino, Jean-Claude) Naouri estime que 50% de Monoprix ne valent que 700 millions environ, comme il l'a répété récemment, il devrait trouver que ce prix est une très belle opportunité pour les actionnaires de son groupe", a relevé Philippe Houzé. "S'il veut nous cantonner à la position de vendeur, nous revenons naturellement à notre évaluation initiale de 1,95 milliard".

Les deux groupes se sont mutuellement assignés en justice: les Galeries Lafayette pour obliger Casino "à respecter ses engagements dans le cadre du processus d'évaluation", et Casino au sujet de la prorogation de Philippe Houzé à la présidence de Monoprix. Selon Casino, cette fonction aurait du revenir à l'un de ses représentants à partir du 31 mars pour une période de trois ans. "Nous verrons comment prospèrent ces assignations. En l'état, nous avons le temps devant nous", a relevé Philippe Houzé. "Quant à mon mandat chez Monoprix, je vous confirme qu'il peut être prorogé jusqu'à quatre ans".

"Pour les trois années à venir, nous prévoyons d'investir 850 millions d'euros, autofinancés, dont 240 millions pour Monoprix à hauteur de notre part"

En ce qui concerne l'activité du groupe Galeries Lafayette, qui a annoncé mardi un bénéfice net de 43 millions d'euros en 2011, pénalisé par sa filiale de crédit à la consommation LaSer Cofinoga, Philippe Houzé a indiqué avoir "de nombreux projets ambitieux". "Nous voulons investir dans la modernisation de nos magasins, dans notre croissance internationale et dans le développement de nos ventes par internet", a-t-il précisé. "Pour les trois années à venir, nous prévoyons d'investir 850 millions d'euros, autofinancés, dont 240 millions pour Monoprix à hauteur de notre part".

Selon lui, "Monoprix résiste bien et les grands magasins Galeries Lafayette (...) sont toujours des lieux attractifs pour nos différentes clientèles. Je note qu'à fin février 2012, les ventes de l'enseigne Galeries ont encore progressé de 8,4% en comparable et celles de Monoprix de 6,2%". Il a également indiqué que le magasin BHV de la rue de Rivoli, à Paris, "fait aujourd'hui l'objet d'une réflexion très approfondie pour adapter son offre à son environnement, la clientèle du Marais, et lui trouver une vocation porteuse".

"Nous sommes sur le point de lancer une refonte importante centrée sur la mode et la décoration de la maison", a précisé Philippe Houzé, évoquant un investissement de "plusieurs dizaines de millions d'euros" et des travaux qui devraient s'achever en 2015. "Mais dès cette année, nous prévoyons une forte hausse du résultat", a-t-il souligné.

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