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Helena Dupuy | 12/01/2011, 16:51 - 337 mots
Accor a participé à sa façon à l'ouverture des soldes en France. Les discussions entre le groupe hôtelier et Fimalac Développement ont abouti. Accor va donc, comme il le souhaitait, se désengagner de cette participation non stratégique qui était une sources de déconvenues pour lui. Accor revend sa participation de 49% pour un montant de 268 millions d'euros, valorisant la totalité du premier exploitant français de casinos à plus de 540 millions d'euros. C'est moins que la valorisation de 575 millions retenue en septembre dernier lors de la tentative ratée d'introduction en Bourse de Lucien Barrière. Mais Accor précise qu'il va également percevoir un complément grâce au versement d'un dividende relatif de 7,35 millions d'euros au titre de l'exercice 2010.
Fimalac va acquérir auprès d'Accor un participation de 34% dans le groupe Lucien Barrière, pour un montant de 186 millions d'euros. Tandis que le groupe Barrière va se porter acquereur du solde de la participation d'Accor, soit 15% pour 82 millions d'euros. Ces actions seront ensuite annulées dans le cadre d'une réduction de capital. Fimalac Développement détiendra alors 40% du capital. Le nouveau partenaire explique que "cette acquisition renforce ses activités immobilières". Les actionnaires familiaux tiennent toutefois à préserver le patrimoine immobiliers et il ne faut pas s'attendre à la mise en vente des fleurons du groupe, tel que les palaces Royal et Normandy à Deauville.
Fimalac est déjà présent dans ce secteur avec notamment la détention d’un important immeuble de bureaux dans le quartier des affaires de Canary Wharf à Londres. Et au travers de sa participation dans Gilbert Coullier Productions et de sa filiale Vega, Fimalac Développement exerce aussi des activités de production de spectacles et d’exploitation de salles. "Cette acquisition permettra ainsi de devenir un des acteurs les plus importants dans ces domaines, le groupe Lucien Barrrière étant lui aussi très présent dans la distribution de spectacles", précise Fimalac dans son communiqué.
La famille Desseigne sort renforcée de cette transaction. Elle porte sa participation de 51% à 60% du capital de Lucien Barrière, renforçant son contrôle majoritaire sur l'entreprise.
L'opération interviendra dans le courant du premier trimestre 2011, dés l'accord de l'Autorité de la concurrence.
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homo ludens a écrit le 14/01/2011 à 10:46 :
Contrairement à la Française des Jeux et au PMU, les 197 casinos français ne profitent pas de la crise, bien au contraire. Après avoir affichés une forte régression sur les six premiers mois de l?exercice (-6%), ils viennent de publier des résultats[iii] en décroissance (-2,1% du PBJ à 2,29 milliards d?euros) pour l?ensemble de la saison 2009/2010, après trois années marquées par une forte chute du PBJ (-20 %). Si cette décroissance inaugurée avec l?arrivée de l?euro est structurelle, un certain nombre d?éléments conjoncturels et règlementaires ont grandement accentué le phénomène : perte de l?anonymat pour jouer aux machines à sous, interdiction de fumer, resserrement du dispositif alcool/circulation routière?, image jeu=drogue véhiculée par la doxa du jeu pathologie maladie qui nuit aux casinos? Au niveau national cette dépression n?arrange pas les finances des grands groupes casinotiers : Partouche, Barrière, Joa, Tranchant?. Au niveau local, elle inquiète les exploitations et les municipalités des « villes casinos », dont certaines dénoncent « un désengagement de Bercy ». Etienne Blanc (président de l?AIPEVIC et député maire de Divonne) craint paradoxalement « que les petites communes ne puissent plus contrôler l?activité de leur casino, si le ministère de l?intérieur devient la seule autorité de tutelle ». Ce dernier a fait evolué récemment la réglementation « pour faciliter la gestion des casinos, alors que ceux-ci connaissent une situation économique difficile ». Ces mesures visent à : ? simplifier les procédures : par exemple en matière de poker, autorisation du poker Omaha[xiii] qui sera taxé à 2% contre 4% pour le texas hold?em ; ? assouplir les règles de gestion : par exemple en matière de machines à sous pour mieux adapter l?offre à la demande. Trois mesures d?ordre technique complètent le dispositif : ? Harmonisation des règles des tournois de poker ; ? Possibilité d?étendre le dispositif d?accepteurs de billets sur un plus grand nombre de MAS, avant que le casino puisse modifier leur TRJ ; ? Réduction du nombre annuel de vérifications techniques exercées par les SFM Jean-Pierre Cot (délégué général du syndicat Casinos de France) s?est réjoui de ces nouvelles dispositions, destinée à aider les casinos « qui sont dans une mauvaise passe ». Difficile de prévoir cependant si ces modifications qui visent à « aider des casinos en crise », suffiront à redynamiser une profession qui ? selon Michel Roger, Président de Casino de France ? était dans « une crise latente depuis deux ans »[xvi]. En 2009, la profession avait déjà tiré la sonnette d?alarme en soulignant que « six casinos sur dix perdaient de l?argent ». Les conséquences de cette situation ont été multiples : ? Baisse du PBJ (- 20 % en deux ans) et de la fréquentation ; ? 1000 postes supprimés sur 18 000 ; ? Mise en cessation de paiement du casino de Beaulieu[xix], propriétaire du groupe Partouche. (Groupe Partouche a doublé sa perte sur l?exercice 2008-2009 et a du rééchelonner sa dette. Son action a perdu 85% en trois ans). Autre conséquence qui fait sens sur le futur de la profession, quand Lucien Barrière a présenté aux marchés « un projet ambitieux » pour son introduction en bourse, certains « analystes dubitatifs » n?ont pas manqué de souligner : ? « l?incertitude quant à la reprise du secteur » ; ? le fait que les casinos étaient « une rente déclinante » sur une pente savonneuse. Résultat des courses, « aux portes de la Bourse » Dominique Desseigne (51% des actions) a du renoncer à cette opération, car les investisseurs ont répondu non à la question : « Faut-il miser sur le groupe Lucien Barrière ? ». Le PDG d?Accor Gilles Pelisson, qui cherchait depuis longtemps le moment opportun pour céder sa participation de 49%, aura finalement raté son « coup de poker sur Lucien Barrière[xxvii] ». D. Desseigne a t il été trop ambitieux dans ses promesses de « rentabilité » au marché ou trop symbolique dans sa communication ? Difficile de répondre. Une chose est certaine, les investisseurs ont jugé « ce bel actif que constitue Lucien Barrière (37 casinos, 16 hôtels, 6600 salariés, 1,06 milliards d?euros de chiffre d?affaires, 33% des parts de marché) n?était pas ? pour l?instant ? « une valeur d?avenir ». Mais le propriétaire du Fouquet?s n?a sans doute pas dit son dernier mot, car ce qui le motive c?est de « tenir l?engagement fait à sa femme Diane Barrière Desseigne avant son décès ». Le 30 novembre dernier, en marge de l?inauguration du casino de Lille ? le plus gros investissement du groupe jamais réalisé ? D. Desseigne a confirmé qu?il était « en pourparlers avec des fonds.» Malgré ces nombreux déboires et cette morosité qui perdure , nous pensons cependant que les jeux ne sont pas faits pour les casinos Français. Quelques « signes encourageants » apparaissent dans les résultats de la saison dernière. « Les casinos vont moins mal grâce au poker », qui apporte une nouvelle clientèle, plus jeune. Dans notre dernière étude nationale réalise dans les casinos, nous avons noté la synergie existante entre le poker en ligne et le poker en dur. Certes le succès du poker en ligne (que nous avions annoncé) se confirme mais cela ne va pas forcément enlever des clients aux casinos en dur, comme le pensent certains observateurs. Par ailleurs, la fréquentation des casinos augmente légèrement. Il y a eu un peu plus de monde dans les casinos la saison dernière, mais les gens dépensent moins. Nous ne croyons pas cependant, comme le pensent certains, « que les casinos ne font plus rêver » ou que la crise a déclenché des réactions sous jacentes dans l?esprit des gens, qui s?interrogent sur « le sens de la société de consommation. » L?activité restauration/spectacle/animation a progressé également. « L?avenir du casino c?est le loisir au sens large, le jeu, la danse, les restaurants, les bowlings?,» affirme Laurent Lassiaz, Président de Joa Groupe, 3ème casinotier national qui ouvrira, en 2012 à Montrond les Bains, un casino de nouvelle génération « ultra design. » Mais il est clair que même si des signes de « reprise » apparaissent au niveau de l?économie mondiale, y compris dans l?industrie des jeu, la crise actuelle des casinos (qualifiée récemment de « pire crise qu?ait connue le business » par Sol Kerzner) ne va pas disparaître par un simple coup de baguette magique, marketing ou esthétique. La « chute du moral des ménages » ? inaugurée en 2007 ? plombe toujours la consommation. Mais cet indicateur comporte une ambivalence . Comme le montre un sondage IFOP, quand l?ambiance morose perdure les Français peuvent souhaiter sortir, s?amuser et se détendre, par exemple dans les casinos. Ils peuvent chercher dans les loisirs « des exutoires à la crise », pour oublier leurs difficultés, s?évader, faire un écart. Face à cette demande, les casinos ont de bonnes cartes en main pour distraire les gens. Encore faut-il que nos concitoyens osent franchir les portes d?un casino, ou quand ils les fréquentent déjà, y reviennent. Michel Roger (Président de Casinos de France) déplore objectivement un « taux de pénétration sur la population de seulement 10 % », mais on ne peut qu?approuver Georges Tranchant quand il observe que « le secteur s?est reposé sur ses lauriers. » Au regard de la connaissance que nous avons du secteur (et des enquêtes de terrain effectuées dans les exploitations), il nous apparaît que la profession a peu investi en matière de R&D, qu?elle conçoit avant tout sous l?angle technologique, marketing? Cela concerne la politique anti-churn (connaître finement les mécontentements de la clientèle existante et les raisons du turn over) et la politique de conquête (comprendre pourquoi une majorité de Français ne fréquentent jamais ou très rarement les casinos et à quelles conditions ils pourraient les fréquenter). Souvent dans la plainte, le lobbying politico-ministériel et le deal gouvernemental à cause d?une réglementation contraignante et d?une lourde fiscalité, la profession a sans doute peu ou prou oublié ces deux politiques (qui nécessitent enquêtes approfondies quanti et quali, expertises externes, client mystère?) dont l?acuité augmente en période de crise. Par ailleurs, en finançant la doxa du jeu pathologie maladie (pour répondre aux attentes gouvernementales en matière de jeu responsable), la profession a peut-être un peu vite occulté qu?il n?était pas certain que ? sociologiquement et culturellement ? la pathologisation des casinos les rendent attrayants. Dans le même temps, nous avons parfaitement conscience que les sciences sociales ? et la sociologie spécialisée dans le gambling pour la part qui lui revient ? n?ont pas de leçon à donner aux managers de casino qui sont en première ligne dans cette crise, et doivent jongler « entre prise de décision stratégique et pilotage de l?entreprise au jour le jour, « tout en gardant mobilisés leurs collaborateurs » dans un environnement devenu imprévisible . Nous avons juste voulu rappeler aux casinotiers « que tout ce qui se mesure s?améliore » et qu?il serait certainement pertinent de faire monter en compétence de manière pérenne la fonction recherche au sein du secteur casinotier. Ressources : JP Martignoni : jeux d?argent et crise économique : Succès inattendu du jeu de grattage de la Française des jeux « Cash 500 000 euros » Cash = un jeu au nom évocateur, sur la thématique de l?Argent et de l?Amérique » (octobre 2010, 3 pages). Muriel Weiss : « Les villes de casinos dénoncent un désengagement de Bercy » (www.localtis.info, 2 novembre 2010). « La règlementation des casinos évolue » (site officiel du ministère de l?intérieur, 5 novembre 2010). Graphique de l?action Groupe Partouche en bourse de 2007 à 2010 confer : « Groupe Partouche : rester à l?écart » (Le journal des finances n°6375, 6 février 2010). Anne Eveno : « La chute du moral des Français menace la consommation « (La Tribune du 27 juin 2009). Figure dans cet article le graph de « l?indicateur résumé d?opinion des ménages » de l?INSEE de 95 à 2008. D?après Frédéric Dabi, (directeur du département opinion et stratégies d?entreprise à l?IFOP) ce sondage montre « que la crise n?a pas segmenté socialement l?envie de loisirs des F