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Le prix de l'exubérance en dollars

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Par Eric Walther, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Appelons-la Mandarine. Ce serait un joyau de l'industrie française. Une star de l'innovation, une championne du design, une reine du marketing. Après quelques passages à vide, elle serait devenue un symbole de l'excellence tricolore. 120 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 40 milliards de bénéfices, un trésor de guerre de 75 milliards... Et tous ses formidables produits sortiraient de complexes chinois aux pratiques sociales plus que contestables. Voilà ce que serait donc un Apple à la française, après conversion en euros et extrapolation sur un exercice annuel des chiffres faramineux révélés hier par la firme californienne. Et pourtant. Mandarine aurait la vie dure et serait à n'en pas douter convoquée dans le débat électoral. Profits indécents (souvenez-vous de la vendetta lancée contre les piteux 10 milliards de résultats de Total), insupportable arrogance d'une entreprise qui profite jusqu'à plus soif de sa position et qui plus est n'exploite pas la moindre chaîne d'assemblage sur les terres qui l'ont vu naître.

Apple n'est pas - encore - confronté à ce genre d'agression. En Amérique, le succès financier, dès lors qu'il est jugé mérité, fait toujours rêver. Il n'empêche. L'impunité de l'exubérance en dollars trouve ses limites lorsqu'elle conduit - issue fort courante - à des comportements dominants qui, eux, n'ont pas bonne presse de l'autre côté de l'Atlantique. IBM en son temps, Microsoft ensuite, en ont fait l'expérience. Le cas d'Apple est bien sûr très différent, ne serait-ce que parce que son marché est beaucoup plus éclaté. Mais l'acharnement avec lequel l'entreprise continue de verrouiller son univers éditorial (applications, musique, vidéo...) et d'entretenir une politique de prix astronomiques se paiera un jour. Quand, comment ? Difficile de le prédire. Mais déjà, la disparition de l'icône Steve Jobs, dépositaire diablement efficace de cette royale indifférence à la contestation, a ouvert une brèche importante dans le vaisseau.

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Commentaires

Rivière  a écrit le 28/01/2012 à 15:20 :

Way-C : tablette made in Africa !
Le Congo est prêt à envahir l?Afrique puis l?Europe (qui sait ?) avec sa propre tablette bien de chez elle, la Way-C. Un produit de 7 pouces ? comme la première Galaxy Tab de Samsung, soit 18 cm de diagonale d?écran ? sous Android 2.3 Gingerbread conçu pour attaqué le marché de l?entrée de gamme sans pour autant sacrifier la qualité de l?appareil.
Verone Mankou, créateur de la société VMK, ne sort pas comme par magie d?un chapeau pour tenter de gratter un peu de business numérique. La révélation tactile, ce jeune entrepreneur de Brazzaville, fils d?un ingénieur et d?une institutrice, l?a lors de la présentation du premier iPhone par Steve Jobs, en 2007. (...)

Suite http://www.techyou.fr/2012/01/25/way-c-tablette-made-in-africa/