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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction
La bataille présidentielle est lancée : "La France forte" va affronter "Le changement, c'est maintenant". Travail, Responsabilité et Autorité, les trois mots clefs de Nicolas Sarkozy pour tenter de retrouver la confiance des Français.@nicolassarkozy, qui a déjà plus de 47.000 followers sur son compte twitter ouvert dimanche (plus de 151.000 pour @fhollande) est donc candidat à sa propre succession. Passé l'effet de surprise (sic), que peut-on attendre de la campagne électorale qui va maintenant pouvoir se dérouler dans la clarté ? Le président sortant le sait, il ne peut guère compter sur son bilan pour rattraper le retard considérable qui le sépare, au premier, et surtout au second tour, de son rival socialiste. "Son bilan est son passif ", disait déjà François Mitterrand en 1981 à propos de Valéry Giscard d'Estaing qui, ironie de l'histoire, avait choisi le même slogan que Nicolas Sarkozy en 2012 : "la France forte", une drôle de formule, qui résonne avec Francfort, siège de la BCE, et la course-poursuite vers le modèle allemand. Quel meilleur aveu d'une France sinon faible, du moins affaiblie, parce qu'elle n'a pas su depuis dix ans affronter les réformes profondes indispensables pour garantir son modèle social.
La vraie faute du quinquennat
Bien sûr, beaucoup a été fait, depuis 2007, et tout n'a pas été inutile : la réforme des universités, le service minimum dans les transports, la nécessaire réforme des retraites, la gestion de la crise financière... sont à mettre à l'actif du chef de l'Etat qui a aussi déployé une énergie considérable, sur la scène internationale. Le G20, la crise de la zone euro, la Libye (après le retard au démarrage sur la Tunisie) ont montré un Nicolas Sarkozy pragmatique, capable d'esprit de décision et de volonté.
Mais les résultats, eux, ne sont pas au rendez-vous. La faute à la crise, dit-il. En partie mais pas seulement. Sur la dépense publique, sur le déficit public et commercial, sur les impôts, Nicolas Sarkozy a déçu même ses plus ardents soutiens. La vraie faute du quinquennat, c'est de n'avoir pas fait dés 2007 le bon diagnostic sur les maux de l'économie française. Il a voulu être le président du pouvoir d'achat sans voir que ce ne pouvait être que le résultat d'une bonne politique économique, et pas son préalable. Il n'a pas vu, ou en tout cas pas su agir dés le départ sur le levier de la compétitivité perdue de l'industrie française, déjà visible à l'époque.
La première élection du 21ème siècle
Hyperprésident, Nicolas Sarkozy a bousculé tous les codes, jusqu'à provoquer un véritable rejet dans l'opinion. De son programme de 2007, il ne reste plus grand chose. Où sont passés le "travailler plus pour gagner plus", le bouclier fiscal, la France de propriétaires, la promesse de ne pas augmenter les prélèvements ? De la loi TEPA, fondatrice du quinquennat, il ne reste que la baisse des droits de succession et l'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires... Quand aux impôts, ils sont repartis fortement à la hausse, qu'il s'agisse de la CSG sur les revenus du patrimoine, de l'impôt sur le revenu ou bien désormais de la TVA. Et jamais le sentiment d'injustice fiscale n'a été aussi fort.
Le président-candidat de 2012 est-il capable de retrouver du crédit dans un pays anxieux face à la montée du chômage et de risques de toute nature ? C'est la vraie inconnue de la période qui s'ouvre. Il reste deux mois à Nicolas Sarkozy "pour renverser la table", transformer l'hyperprésident en un hypercandidat. Dans son intervention hier soir sur TF1, il a avoué son "soulagement" de pouvoir enfin s'abstraire du protocole pour "aller à la rencontre des Français". Candidat oui, mais pour quoi faire ? Faire ce qu'il n'a pas su, pas pu ou pas voulu faire quand il en avait le pouvoir ? Les thèmes de campagne choisis, "Travail, Responsabilité et Autorité", sont dessinés pour séduire la droite et les classes populaires, tentés par le vote extrême. Les reconquérir sera le principal souci de Nicolas Sarkozy pour qui cette élection sera « la première du 21ème siècle », celle où une France affaiblie devra prendre, quel que soit le vainqueur, un nouveau départ.
pmabille@latribune.fr
Felibre a écrit le 17/02/2012 à 22:49 :
Comment le "larbin de l'Allemagne" peut-il asseoir sa crédibilité sur un quinquennat aussi catastrophique: l'homme qui vaut 500 milliards de dette supplémentaire à la France n'a-t-il pas le courage d'évaluer son bilan, qui a largement contribué à un affaiblissement de la France sans pareil? Sarkozy n'est rien d'autre que le candidat des people et des riches!
caouane a écrit le 17/02/2012 à 10:34 :
je ne comprends pas que lors des meetings , il n'y ait pas de présentation de tableaux de bord mettant en évidence les indicateurs comparatifs entre La france et l'Allemagne sur l'historique sur les dernieres années de l'évolution de la dette, de l'emploi et du chomage, de la pauvreté et précarité, du nombre de députés et sénateurs et du nombre de fonctionnaires par pays en fonction des populations, Nous aurions ainsi une base de réfléxion claire et juste de la réalité. Ces bases servant à alimenter les argumentaires des propositions des candidats à l'éléction présidentielle. Eux mêmes devant étayer leurs discours par des projections de tableaux de bord prévisionnels à 5 ans . Cela clarifierait les débats .
zaured a écrit le 16/02/2012 à 20:29 :
Mr Mabille toujours égal à lui même, sectaire plus encore que partisan.
frannck13 a écrit le 16/02/2012 à 19:31 :
Il y a l'art et la manière de réformer un pays ! Visiblement Sarkozy et un copié/collé de Margaret Thatcher pour sa façon de réformer,mais pour l'art et la manière elles s"apparentent plus a celles d'un caïd des bas-quartiers! La dame de fer a l'allure d'un caïd, la France méritait mieux que cela pour espérer sortir de la crise!
flo a écrit le 16/02/2012 à 16:53 :
Raus, Herr Sarkozy und auf wiedersehen !!!
chantalon a écrit le 16/02/2012 à 16:47 :
Villepin avait laissé le pays dans un bon état en 2007 . 600 000 chômeurs de moins entre 2005-2007, réduction de la dette de l'époque : moins 500 milliards, à telle enseigne les Allemands et les Italiens furent PLUS endettés que nous ; croissance : plus de 2% ; violence contre les personnes : moins 21% ; déficit de la SS : moins 8,7 milliards d'euros . [....] La liste est non exhaustive . De plus, seul DDV a la stature, la carrure, l'envergure, la finesse d'analyse, la diplomatie et le charisme pour gouverner d'une manière équilibrée, juste et sensée . De surcroît, celui-ci possède une stature internationale, toutes les civilisations voudraient avoir à faire à DDV .
Truk a répondu le 19/02/2012 à 19:57:
Oui, DDV a eu un excellent bilan. Mais tout le monde s'en fout : ce que veulent les gens, c'est voter pour celui qui dit ce qu'ils veulent entendre. Hollande ? Quelle expérience ? Aucune. Sarkozy ? Quels résultats ? Catastrophiques. Mais ce sont eux que les médias ont choisi. Alors ce sont d'eux qu'ils parlent, malgré leurs limites, tandis qu'est ignoré DDV, malgré ses compétences. Les chroniqueurs mondains - les journalistes politiques - donnent la parole à la Cour. Pas aux gens de talent.
GERARDC27 a écrit le 16/02/2012 à 16:04 :
Une "dure" réforme tiens, celle du régime des intermittents du spectacle qui édictée jadis par je ne sais plus qui semble cependant satisfaire tout le monde,en déficit qu'elle est de plus de un milliard d'euros chaque année alors même qu'elle ne représente qu'une petite minorité de chômeurs. On est si bien en France.
michou53 a écrit le 16/02/2012 à 15:18 :
Merci pour votre article mais je ne comprend votre expression : ''Première élection du 21ème siècle'' ! Lors de l'élection de 2007, n'y étions-nous pas déjà (au 21ème siècle) ?
Socialistes a écrit le 16/02/2012 à 14:48 :
La France est faible parce qu'elle n'a pas voulu depuis dix ans, et même beaucoup plus, affronter les réformes profondes indispensables pour changer de modèle social. La France est faible parce qu'elle a renoncé à la liberté et à la responsabilité individuelle pour l'égalitarisme obtus et l'illusion d'une sécurité qu'on devine de moins en moins protectrice. La présidentielle 2012 est vaine : tous les candidats sans exception proposent des politiques similaires, socialistes, étatistes, collectivistes, avec quelques nuances populistes molles ou violentes, vaguement identifiables par le choix des boucs-émissaires jetés en pâture à une "opinion" immature, infantilisée, essentiellement travaillée par ses plus bas instincts. La candidature de Sarkozy ne fait qu'ajouter un socialiste de plus au concours de beauté politique, mais on cherche encore, parmi la pléthore de candidats, la moindre opposition. Dans cette parodie de démocratie, les politiciens, hauts fonctionnaires, syndicats, réseaux et copains du pouvoir, aidés sociaux, toutes les cigales qui emmènent doucement le pays à la ruine, n'ont pas d'inquiétude à avoir, du moins en ce qui concerne l'élection. Sur le plan économique, en revanche, l'hiver à venir sera rude pour la petite URSS française, d'autant plus rude et long qu'on aura perdu un temps précieux avant d'ouvrir les yeux.
tradenfi a écrit le 16/02/2012 à 13:19 :
En clair: SARKO, un hônnete manager sans grande vision ni charisme, mais qui sait réagir aux évolutions et bien faite son boulot au quotidien. Comme personne en face n'offre de perspective supérieure ( Hollande clouté au 20° siècle, Mélenchon au 19°, Joly et Lepen au 18°) c'est le moins mauvais choix. Reste Bayrou, qui lui semble avoir une "vision néo-gaullienne pragmatique" mais de là à prendre le risque d'un second tour Lepen-Hollande, je me pose la question du vote utile?
odds a écrit le 16/02/2012 à 12:05 :
Merci pour cet article plutôt juste et équilibré. Évidement, pour certains, un article n'est juste que s'il étripe Sarkozy. Il faut pourtant reconnaitre que ce Président s'est démené pour la France. Et même si les résultats sont pour le moins mitigés, il n'a pas manqué de courage. Qui aurait osé s'attaquer aux puissants syndicats de fonctionnaires en réformant leurs régimes spéciaux, en instaurant un service minimum dans les transports ou en ne remplaçant tous ceux qui partent en retraite? Qui aurait osé réformer une carte militaire qui visait à nous protéger d'une invasion Russe et qui ne sert aujourd'hui qu'à apporter une rente à certaines villes? Qui aurait osé fermer des tribunaux et des hôpitaux de campagne dont l'efficacité est nulle? Qui aurait joué franc-jeu avec l'argent dans un pays qui déteste toute ostentation? Je ne crois pas que ce soit le cas de ceux dont le discours consiste à prendre la posture du Père Lavertue.
bureaucratie parasitaire a écrit le 16/02/2012 à 11:13 :
La réforme des universités est une gabegie sans nom. Les scientifiques y sont désormais dessaisis de leurs droits et dignités au profit de nomenklaturas managériales : l 'université est devenue un véritable eldorado pour des carrières de gestionnaires et administratifs. Comme il faut justifier ces positions parasitaires par une activité , on évalue du matin jusqu' au soir de véritables savants , dont on considérait, jusqu 'ici, qu'ils étaient parfaitement capables de savoir ce qu 'ils avaient à faire.
odds a répondu le 16/02/2012 à 12:52:
La nomenklatura scientifique, c'est mieux? Il était temps que les universités soient gérés par des.... gestionnaires. Il va falloir que tout ce beau monde vive en bonne intelligence. C'est leur complémentarité qui fera leur efficacité.
tradenfi a répondu le 16/02/2012 à 13:34:
Les véritables savants? Dans l'art des RTT peut être... Voir les classements internationaux des universités françaises. Seules quelques grandes écoles s'inscrivent dans le classement de Shanghai. Autrefois nous avions un système dit élitiste mais sacrément efficace. Aujourd'hui, comprendre une regle de trois équivaut à un "master"! Consécutivement, la "dignité" des profs en prend un coup. Aucun de mes étudiants ne me donne du "Professeur" désormais, on m'écrit Monsieur, c'est censé suffisant.
GABUZO a répondu le 16/02/2012 à 14:17:
@tradenfi il est possible que la qualité de l'enseignement ait baissé en France je ne connais pas assez le domaine pour juger par contre se référer à des comparaison internationales qui se basent sur des critères liés à la pensée unique libérale c'est également tendancieux. Quant à la bureaucratie que dénonce bureaucratie parasitaire elle existe. C'est l'une des caractéristiaques de la réforme de l'administration voulue par NS dans tous les domaines. Auparavant l'administration avait un rôle de service public maintenant avec la réduction des effectifs lié à la RGPP elle a uniquement un rôle de contrôle formaliste tatillon servant de relai à la bureaucratie européenne.
GABUZO a écrit le 16/02/2012 à 11:10 :
2007 ce n'est pas le 21ème siècle? il ne commencerait donc qu'en 2012? faute d'être la fin du monde espèrons que ce soit la fin du Sarkozysme. attention toutefois si le rejet de la personne du président est net la France reste à droite et avec la désaffection des jeunes par rapport à la politique alors que le 3ème et 4ème âge et les ruraux continuent à voter et toujours dans le même sens il y a un risque de reconduction. Le reste de l'électorat doit prendre conscience que si il est réélu NS n'ayant plus le souci de sa réélection appliquera une vraie politique de droite en disant qu'il a compris le message d'une société qui souhaite plus de réforme. Le paradoxe c'est que le socle de son électorat: les ruraux et les ainés ne souhaitent pas de réforme ils votent pour lui pour la prétendue sécurité et la nosatlgie de l'ordre ancien.
rixhardon a écrit le 16/02/2012 à 10:21 :
beaucoup de lecteur ne seront pas d'accord sur certaines affirmation de cet article , en particulier sur les réformes des retraites qui d'aprés l'auteur étaient necessaires , mais en oubliant que lorsqu'une " réforme" est contre la volonté populaire elle ne doit pas étre mise en pratique !cest la voix du peuple qui compte, et puisque Monsieur Sarkozy parle de référemdum pourquoi ne l'a t-il pas fait pour les retraites, et la TVA "dite " sociale " ???
Vincent a écrit le 16/02/2012 à 00:33 :
Arreter de mettre votre tete en enorme dans ts les articles !!
Alain a répondu le 16/02/2012 à 02:18:
On peut aussi l'agrandir :)
Esteban89 a écrit le 15/02/2012 à 23:43 :
Ah, parce que 70.000 morts en Libye, un pays déchiré en route vers la charia, des embargos bafoués et une ONU aussi ridiculisée que la CPI et ses containers de viagra, c'est un succès ???
Tourmalin a répondu le 16/02/2012 à 11:00:
Il s'agit là d'opinions subjectives. Vous devriez être éditorialiste.
CitizenWorker a répondu le 17/02/2012 à 09:43:
Pour les libyens, la situation décrite par Esteban89 est plus qu'objective!
Force? a écrit le 15/02/2012 à 22:10 :
La force de N Sarkozy c'est une France ...faible
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Luce Caggini a écrit le 20/02/2012 à 00:10 :
« Braves gens , écoutez la triste ritournelle ?..» Après l 'affiche polaire qui nous promet des douleurs dans tous les os , comme dans les films d' horreur, un remake de Frankenstein , une face de président candidat , remonte à la surface des eaux, mutée en montreur d ' ours pour redonner aux pauvres bestioles les miettes d es chiens qui lui servent de maitres à danser. Le poing à la teutonne mais le trémolo dans la voix , la visière du commandant d' un Exodus sans courage ,c'est ainsi que « Vérité » sortit de la bouche de celui qui , voyant s'approcher le récif de la Mort ,s'écrie : « Dieu!Dieu ! Noie les poissons de la mer , verse la manne dans mes poches et monte le niveau du cac 40 que je puisse continuer à les mener en bateau . Alors , de derrière les fagots, une voix de sirène enrouée se fit entendre parmi les milliers de mille-pattes engargousés , qui dit « c'était émouvant , c'était merveilleux » !
Ouin Ouin a répondu le 20/02/2012 à 20:30:
Belle histoire. J'vais me coucher plein de rêves déçus.