La Grèce sauvée, mais pour combien de temps ?

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Seuls un retour de la croissance dans la zone, un redémarrage des activités touristiques et portuaires, un afflux d'investissements étrangers (ou un rapatriement d'une partie des fonds que les grandes fortunes grecques ont stocké à l'étranger) peuvent relancer la machine dans la durée. Photo : Reuters
Seuls un retour de la croissance dans la zone, un redémarrage des activités touristiques et portuaires, un afflux d'investissements étrangers (ou un rapatriement d'une partie des fonds que les grandes fortunes grecques ont stocké à l'étranger) peuvent relancer la machine dans la durée. Photo : Reuters (Crédits : REUTERS)

Si aucun accord n'avait été trouvé sur le plan de sauvetage de la Grèce, c'est toute l'Union européenne qui aurait basculé dans la crise, avec la probable remise à plat du fonctionnement de la zone euro, voire de sa justification. Dans le climat de crise économique, financière et sociale qui règne dans une partie de l'Europe, c'était un risque à ne surtout pas prendre. Cette épreuve nous sera donc épargnée, et il y a tout lieu de s'en féliciter. La Grèce est provisoirement tirée d'affaire. Il n'échappera pas à l'observateur averti que ce répit est assorti de conditions sévères, et notamment de nouvelles mesures d'austérité auxquelles les Grecs répondront à leur façon, en manifestant massivement dans les jours qui viennent.

Tenir face à l'exaspération de l'opinion publique

Il reste néanmoins deux points qui posent question. Le premier est celui des abandons de souveraineté qui sont réels. Au cours des prochaines années, la Grèce sera surveillée par un nombre impressionnant d'observateurs de l'Union Européenne et du FMI. Elle doit s'engager, dans la Constitution, à rembourser en priorité ses créanciers étrangers. Cela peut-il tenir face à l'exaspération de l'opinion et d'une partie de la classe politique ? Pour la première fois dans l'histoire de la construction européenne, un pays membre est privé d'une partie de ses prégogatives en matière de politique budgétaire. La Grèce va donc fournir un champ d'observation privilégié sur la façon dont cette mise sous tutelle peut s'organiser et surtout, avec quels effets réels sur le redressement de la situation économique du pays. 

Créer une vitalité économique nouvelle

Cela nous conduit au deuxième point: comment redresser ce pays exsangue et proche du désespoir ? On peut arguer du fait que ce n'est pas la responsabilité de la Troïka ou de la BCE. Néanmoins, si l'on veut stabiliser la situation et donner aux Grecs une perspective un peu plus réjouissante, il est nécessaire de créer en Grèce une vitalité économique nouvelle, tout en limitant le recours aux dépenses publiques, puisque après ce plan de redressement, la dette grecque est encore à 120% du PIB. L'amélioration des comptes courants et des facteurs de production sont des  éléments positifs, mais pas encore suffisants pour impulser une reprise significative. 

Rapatrier les grandes fortunes grecques

Seuls un retour de la croissance dans la zone, un redémarrage des activités touristiques et portuaires, un afflux d'investissements étrangers (ou un rapatriement d'une partie des fonds que les grandes fortunes grecques ont stocké à l'étranger) peuvent relancer la machine dans la durée. Pour l'heure, les gouvernements de la zone euro, la BCE, le FMI ont "acheté" du temps et placé la Grèce sous la contrainte. Reste à accomplir l'essentiel: insufler un esprit nouveau en Grèce, proposer de nouvelles règles du jeu aux partis politiques, créer une nouvelle dynamique dans le secteur privé, instiller la confiance dans l'avenir. Une mission bien au delà des compétences et des capacités de la Troïka et qu'il apprtient essentiellement au Grecs de mener à bien. 

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a écrit le 23/02/2012 à 14:48 :
comme disait un trop celebre europeiste,giscard,:la grece,une chance pour l'europe!non ,rien de rien ,non je ne ne regrette rien...
a écrit le 23/02/2012 à 13:56 :
La Grèce sauvée, mais pour combien de temps ? La semaine prochaine? Le temps de découvrir le nombre exact de titres qui seront apportés à l'échange. Ceux qui sont couvert par des CDS vont avoir du mal à accepter une décote de 75% alors qu'ils ont payer leur prime d'assurance au prix fort.
a écrit le 22/02/2012 à 23:31 :
pour l'europe tout dependra de l'Iran dans les mois avenir!, si une guerre eclate on est tous cuits economiquement!,...de plus n'oublions pas que les US sont en pire etat que l'Europe!... donc tout cela est mal barré!....
Réponse de le 23/02/2012 à 10:05 :
oui et non, ca peut etre aussi un moteur de croissance et d enrichissement (mode cynique réaliste activé)
a écrit le 22/02/2012 à 18:52 :
c'est L'euthanasie du peuple Grec qui se dessine à l'horizon .d'autre pays suivront et la France aussi .
nous devrions quitter cette UE au plus vite .
Réponse de le 23/02/2012 à 17:56 :
Avec tous les beaux postes qu'il y a à Bruxelles (planques souvent pour recalés du suffrage universel), les élites ne veulent pas entendre parler de la fin de l'UE.
Réponse de le 27/02/2012 à 19:08 :
Gilles : +++1111
a écrit le 22/02/2012 à 17:08 :
La "solution" que subissent les Grecs signifie la mort de la démocratie.
Mon seul souhait est que ce qui arrive en Grèce soit une limite ? la fin annoncée d?un système ? et non le modèle de ce qui va se passer (en Europe et ailleurs).
Aux citoyens d'en prendre conscience, et pas seulement en Grèce.
a écrit le 21/02/2012 à 20:27 :
le reportage du Journal le Monde http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/02/21/grece-les-miseres-de-patras_1646217_1581613.html#ens_id=1508090 donne une idée du revenu de retraite et d'allocation chomage.. ils sont assez comparables à ceux pratiqués en France, pour un pays qui n'exporte pas grand'chose il y a là un problème structurel, et les dîts fournisseurs sont au bout de cette chaine économique qui conduit à des prix de biens et services Grecs sur-gonflés... donc au fond, pourquoi les contribuables Européens devraient-ils indemnisés ces fournisseurs ?. Lorsqu'une entreprise fait faillitte les fournisseurs sont les avants dernier chirographaires (avant les actionnaires), loin derrière les salariés, pourquoi en serait-il autrement maintenant ?
a écrit le 21/02/2012 à 17:58 :
Si les Grecs ne s'en relèvent pas, cela s'étendra à toute l'Europe comme la gangrène avec peut être à la clé une révolution à l'échelle Européenne.
Réponse de le 23/02/2012 à 14:54 :
et si justement,ce renflouement decreté hier, a vie ,par le vote du M.e.s,à l'assemblée n'etait pas en fait le pillage des contribuables européens jusqu' à notre propre ruine pour l'enrichissement de qq1 ?
a écrit le 21/02/2012 à 17:50 :
Et pendant ce temps, goldman sachs, premier prêteur, se remplit les poches.
a écrit le 21/02/2012 à 17:28 :
Je ne comprends pas que les grecs ne se soient pas soulevés. Lorsque l'on a plus rien à perdre, il ne reste que l'honneur et je ne doute pas que les grecs en aient autant que n'importe qui.
Réponse de le 21/02/2012 à 19:51 :
L'histoire n'est pas fini ! Patience... Les élections d'avril sont un exutoire pour les foules, l'espoir d'une nouvelle donne. Quand elles vont passer et que les grecs vont réaliser que rien ne va changer ; là ! les véritables soulèvements vont commencer. On verra si l'Europe envoie des chars... pour protéger sa troika... Fin du premier acte, entracte jusqu'en avril puis deuxième acte et bouquet final l'an prochain... Pas besoin de réserver son billet (on l'a déjà acheté à crédit), on est aux premières loges...
a écrit le 21/02/2012 à 16:37 :
En fait pour ce pauvre peuple, c'est "chronique d'une mort annoncée". Le pays s'enfonce dans la misère et il y a de plus en plus de suicides. Nous devons être solidaires du peuple Grec car demain c'est le Portugal, puis l'Espagne et enfin la France qui subiront le même sort. Il valait mieux faire sortir la Grèce de l'Euro et l'aider à remonter la pente.
Réponse de le 21/02/2012 à 17:36 :
Sortir la Grèce de l'euro était le moyen le plus rapide de renvoyer directement tout le peuple grec au Moyen-Age. En échappant au socialisme à l'aide de réformes bénéfiques, il ne fait aucun doute que le redressement du peuple grec sera spectaculaire au cours des prochaines décennies, d'autant plus spectaculaire vu de France, si nous ne menons pas ces mêmes réformes avec courage et détermination dans un bref délai.
Réponse de le 21/02/2012 à 17:36 :
Malheureusement, les eurocrates, les eurobéats, les hommes politiques, et les financiers, ne veulent avouer l'échec cuisant de l'Euro. Maintenant Draghi veut imprimer encore plus de billets (plus de 1000 milliards d'Euros la semaine prochaine ?), sans que personne ne le conteste. Ils nous mènent tous face au mur. Et nous allons tous en mourir !
Réponse de le 21/02/2012 à 23:41 :
Le peuple Grec est en train de retourner au Moyen-Age avec l'austérité imposée. C'était mieux et moins grave de sortir de l'Euro, il y a deux ans. Vous parlez de redressement spectaculaire dans les prochaines décennies ? oui, s'ils ne sont pas tous morts avant ! Morts guéris en quelque sorte.

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