La Tribune

Ceci est une Révolution : ce que l'Open Source a changé

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Patrice Bertrand, Président de l'Open World Forum 2012  |   -  2434  mots
Les 11, 12 et 13 octobre prochains se tiendra à Paris, l'Open World Forum, un événement de renommée internationale dédié à l'open source et aux approches ouvertes. L'open source est une idée qui a pris naissance dans le monde du logiciel, mais a inspiré et bousculé bien d'autres domaines. Tout comprendre en quelques clics sur une révolution qui bien au-delà de l'informatique, touche l'ensemble de la société...

Logiciel libre et open source

Revenons aux origines. Le logiciel libre est imaginé dans les années 80 par Richard Stallman. Il affirme que les programmes informatiques doivent pouvoir être librement utilisés, et surtout étudiés et modifiés. Utopique pour certains, il amorce pourtant une véritable révolution, qui 20 ans plus tard a bousculé toute l'économie du logiciel, et bien au delà. Fin des années 90, certains préfèrent l'appellation alternative de logiciel "open source" pour désigner à peu près la même chose, mais en mettant en avant non pas tant la liberté, que les qualités spécifiques de ces programmes réalisés de manière collective, peu centralisée, dont le code source (le programme tel qu'il est écrit par un informaticien) est disponible et peut être modifié, utilisé pour créer de nouveaux programmes, des oeuvres dérivées.

A certains égards, l'open source est un mouvement humaniste. Il considère que le logiciel est, à la manière de la connaissance scientifique, une forme de patrimoine de l'humanité, un bien commun que nous enrichissons collectivement, pour le bien être de tous.

L'open source, disons ici plutôt le logiciel libre, porte aussi un message particulièrement d'actualité: le logiciel nous contrôle, il est vital pour nous de contrôler le logiciel. Des pans de plus en plus grands de notre vie sont sous la maîtrise de logiciels. Un logiciel détermine si votre voiture va freiner, un autre si votre pacemaker va faire battre votre coeur, et un autre peut-être déterminera pour qui vous avez voulu voter aux  présidentielles. Le logiciel fait désormais plus que nous "rendre service", il nous contrôle. Ce n'est pas un mal en soi, à condition seulement que le contrôlions aussi, que nous sachions ce qu'il fait exactement, et ayons le droit de le modifier si besoin. Cette exigence première du logiciel libre est plus que jamais essentielle.

Ces 20 dernières années, le logiciel libre et open source, réuni sous l'appellation FLOSS, a apporté d'incroyables bouleversements.

Dans l'informatique, une révolution aux multiples facettes

D'abord dans la manière de créer des programmes. Dans les années 90, peu après la naissance du web, c'est une révélation : les programmes les plus critiques de la toile, les programmes les plus utilisés, les programmes les plus complexes, sont des programmes open source. Même Bill Gates en prend soudain conscience, et adresse en 1998 un mémo à ses troupes, où il s'alarme de cette transformation, de ces logiciels aussi bons et parfois meilleurs, de cette nouvelle forme de concurrence.

L'open source a apporté une rupture dans l'économie du logiciel en abaissant les coûts d'une manière incroyable. Tout ce qui constitue le socle d'une plateforme informatique, d'une plateforme web, est devenu tout simplement gratuit : système d'exploitation, bases de données, logiciels serveurs, outils de développement, outils d'administration. Bien sûr, le coût total de possession n'est jamais nul : il faut du matériel, du support et de l'expertise humaine pour déployer et faire marcher tout cela. Mais pour une start-up, la barrière à l'entrée a été abaissée de manière phénoménale, stimulant et accélérant la création d'entreprises innovantes. Et pour les entreprises utilisatrices, cette nouvelle donne s'est traduite en gains de compétitivité.

Comme toutes les révolutions technologiques depuis la machine à vapeur, l'open source a amené une forme de destruction créatrice, comme l'avait décrit l'économiste Joseph Schumpeter. En produisant des alternatives quasi-gratuites à des logiciels anciennement coûteux, l'open source a fait disparaître des acteurs devenus non compétitifs, et réduit les marges de quelques autres. Mais le contexte nouveau d'un socle logiciel devenu un bien commun a permis l'émergence de milliers d'acteurs, de startups innovantes, dont certaines sont déjà grandes. Et a permis, plus largement, l'émergence du web, de ses acteurs géants, et des milliers d'acteurs plus petits mais innovants et grandissants.

Le développement logiciel a été profondément modifié lui aussi. L'approche moderne du développement consiste à assembler des composants, grands et petits, pour l'essentiel open source. Une part déterminante du développement consiste donc à sélectionner les bons composants et les intégrer, en ne développant réellement que les parties spécifiques, qui concentrent la valeur ajoutée de l'application. C'est une transformation du développement logiciel qui a apporté d'importants gains de productivité.

L'open source domine sur les serveurs et dans le cloud

L'open source a eu des succès mitigés sur le poste de travail, sur le PC ordinaire. Et pourtant, moins visible et moins connue du public, la victoire de l'open source a été écrasante du côté serveurs et Cloud. Si Windows domine sur les postes de travail, le système d'exploitation Linux a une domination plus grande encore sur les millions de serveurs des grandes plateformes du web, de Google, Facebook, Amazon, ou eBay, mais des plus petits acteurs de la même manière. Une étude récente estimait à 90 % la part de marché de Linux sur le Cloud de Amazon. Dans beaucoup de domaines, l'open source est en pointe, faisant naître les outils de demain. Citons par exemple l'émergence du "Big Data", la manipulation des données à une échelle nouvelle, où les outils de bases de données anciens atteignent leurs limites, et où des technologies nouvelles sont nécessaires. Ces nouvelles bases, dites "NoSql", sont pratiquement toutes des logiciels open source.

Open Innovation

L'open source a apporté aussi une nouvelle approche de la R&D. Une belle illustration est donnée par le projet open source Genivi, qui a l'initiative de BMW et PSA a réuni des grands constructeurs automobiles et équipementiers dans une démarche typique de R&D mutualisée, construisant ensemble une plateforme logicielle destinée à leurs véhicules. Pour réussir ce projet stratégique, ces grands industriels ont adopté le modèle open source tant en termes de socle, de développement, de diffusion, que de gouvernance. Et l'on pourrait citer évidemment le noyau du système Linux lui-même, auquel contribuent des dizaines d'entreprise, en faisant sans doutes le plus bel exemple de R&D mutualisée, à l'échelle mondiale. Les démarches appelées parfois « open innovation » ont montré les bénéfices d'une innovation plus ouverte sur le monde, moins cachée, fonctionnant en réseau.

Open Art

Certains ont présenté l'open source comme antagoniste à la propriété intellectuelle. C'est tout le contraire, puisque l'open source se définit par ses licences d'utilisation, qui s'appuient elles-mêmes sur le droit d'auteur. L'auteur, titulaire des droits, donne à l'utilisateur des droits étendus, et quelques devoirs. Ce principe par lequel l'auteur d'une oeuvre reste parfaitement identifié, conserve ses droits, mais autorise différentes  utilisations et la redistribution de son oeuvre a été étendue à de nombreux domaines, bien au delà du logiciel.

L'open source se décline dans l'art également. Les licences Creative Commons ont permis de diffuser des oeuvres de toutes natures en donnant des droits étendus, en particulier une libre rediffusion, avec ou sans le droit de modifier l'oeuvre originale. Ainsi, la fondation Blender, qui développe l'un des meilleurs programmes d'animation 3D du monde, un programme open source, réalise des "open movies", des films d'animation dont tous les fichiers source, qui permettent de générer le film, sont rendus disponibles et peuvent être modifiés. Comme un roman dont on pourrait réécrire la fin.

Open hardware

L'open source a gagné le matériel également, sous l'appellation de « open hardware ». Il s'agit ici de partager les plans de circuits et d'équipements entiers. Un bel exemple d'open hardware, le projet Arduino est un microcontrôleur programmable totalement open source, matériel et logiciel, qui peut être adapté pour toutes formes de traitement du signal, ou de contrôle de process. Il peut être programmé pour réagir aux signaux de capteurs externes, les traiter, et commander des actions. Depuis 2005 il s'enrichit d'année en année, et plus de 300 000 unités ont été fabriquées. La diffusion de l'open hardware est encore modeste, mais souvenons-nous que c'était le cas aussi de l'open source logiciel à ses débuts : un « truc de geek ». Mais ces trucs de geeks font tourner les plateformes du web aujourd'hui.

Le mot clé derrière ces projets, ces démarches, est celui de réappropriation de la technologie. La technologie n'est pas le domaine réservé d'une élite minuscule, du fond de la Silicon Valley. Nous pouvons la maîtriser, et particulièrement si nous réunissons nos forces. C'est le principe des FabLabs ... Nous ne sommes pas que des consommateurs idiots qui s'endettent pour acheter le dernier smartphone, dont on n'aura pas le droit même de changer la batterie. Avec quelques amis, avec un peu d'aide, avec des plans et des logiciels open source, nous pouvons construire des choses extraordinaires, dans notre garage. Pas tout à fait le dernier smartphone, mais pas très loin. Les imprimantes 3D ouvrent de nouvelles frontières pour ces démarches. Après avoir pris le contrôle des logiciels, il sera possible de reprendre le contrôle sur le matériel. On rêve déjà de pouvoir télécharger, sous licence libre, les plans d'une pièce de rechange pour sa cafetière, d'imprimer chez soi sa pièce en 3D. Et un peu plus tard, d'imprimer la cafetière open source elle-même ! Utopique ?

Mais justement, c'est la plus grande révolution de l'open source, de montrer que l'utopie gagne, parfois.

Open médecine ?

Les systèmes open source ne sont pas que pour les bricoleurs du dimanche. Ils gagnent par exemple la recherche en médecine. Merveilleux exemple de matériel et de logiciel open source associé à une démarche de recherche : des chercheurs ont développé Raven, un robot chirurgien open source, mis à disposition des équipes de recherche du monde entier afin de faire progresser les logiciels et technologies de chirurgie assistée. D'autres chercheurs travaillent à une machine combinant scanneur et radiothérapie, dont les plans, le code source, et les instructions de fabrication seront open source. Il est intéressant de remarquer que certains de ces projets de médecine open source ont reçu le soutien de la FDA, qui est un peu l'équivalent de l'AFSSAPS, avec l'espoir en particulier que le logiciel open source améliore la qualité, jugée insuffisante, des équipements propriétaires.

Fédérer les énergies citoyennes

L'open source a montré aussi que l'on pouvait fédérer et organiser les efforts d'un grand nombre de personnes sur un projet commun. Il était précurseur de ce qu'on a appelé plus tard le "crowdsourcing", ces projets qui impliquent un grand nombre de contributeurs bénévoles, dont la réussite emblématique est celle de Wikipedia, mais qui a aussi donné OpenStreetMap. Avec un double crédo : d'une part la connaissance est un  bien commun qui doit être accessible à tous sans barrière économique, d'autre part les citoyens peuvent gérer eux-mêmes ce patrimoine, dans le cadre d'une organisation décentralisée, et d'une gouvernanceouverte.

Parmi les déclinaisons de l'open source, on peut citer aussi le mouvement de l'open data, la mise à disposition des données publiques, mais aussi des données de certaines entreprises. Une démarche citoyenne et démocratique d'une part, mais aussi le socle de nombreuses initiatives et modèles économiques nouveaux appuyés sur ces données.

L'open source a fédéré des combats citoyens fondamentaux. Les militants de l'open source ont une force particulière : ils réfléchissent aux tendances sociétales, mais sont aussi au coeur des technologies nouvelles et parfois de leurs rouages économiques. Ils ont compris par exemple l'importance de standards réellement ouverts, dont la spécification soit librement accessible, dont la gouvernance soit ouverte, dont l'utilisation soit  gratuite. Ils se battent pour la neutralité du Net, ce principe fondateur de non-discrimination des flux sur le réseau mondial, qui a permis l'émergence de toute une industrie du web et qui est menacée aujourd'hui. Ils tentent d'expliquer aux politiques pourquoi les brevets ne sont pas applicables au monde du logiciel, où la seule protection du copyright est amplement suffisante. Dans le monde du logiciel, les brevets sont contre-productifs, ils découragent l'innovation, ils sont l'arme d'un oligopole de géants et d'entités mafieuses appelées "patent trolls". Pour les premiers il s'agit d'effrayer les petits concurrents plus innovants. Pour les seconds, d'extorquer une rente sur l'innovation des autres.

Une industrie florissante

L'open source n'est pas à l'écart de l'économie, au contraire. Les développeurs qui construisent les programmes open source ne sont pas toujours des bénévoles : la plupart sont payés par des entreprises qui voient un intérêt bien analysé dans leurs participations à ces travaux : elles bénéficient de logiciels performants dont elles n'ont eu à financer qu'une fraction de la R&D, elles ont une parfaite maîtrise de ces technologies qui  deviennent des standards, elles ont un rôle dans la gouvernance de ces projets.

En France, l'économie du logiciel libre représente plus de 300 PME et ETI, éditeurs de logiciels ou sociétés de services, dédiées au logiciel libre. Elles sont souvent réunies en associations régionales, elles-mêmes  fédérées au sein du CNLL, le Conseil National du Logiciel Libre. Elles représentent ensemble plus de 3000 salariés, et connaissent une croissance annuelle de près de 30 %. Si on comptabilise également les emplois liés au logiciel libre dans les sociétés de services généralistes, l'industrie (notamment aéronautique) et les télécommunications, le chiffre d'affaires global lié à l'open source est estimé à 2.5 milliards d'euros, soit 6% du marché des logiciels et des services informatiques, et plus de 30.000 emplois, en croissance annuelle de 30%. [Source : Pierre Audoin Consultants].

On le voit, les déclinaisons de l'open source sont nombreuses, les impacts de l'open source vont bien au-delà du logiciel, des nouvelles technologies, ils s'étendent à d'autres industries, à l'ensemble de la société, à nos conceptions de la citoyenneté, de la démocratie. Toutes ces facettes de l'open source, à l'articulation de la technologie et du sociétal, sont représentées à l'Open World Forum. Ceci est une révolution, comme le dit une célèbre marque technologique...

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Commentaires

D0B  a écrit le 14/10/2014 à 13:05 :

Cet article fût un très beau soutien vers un mieux pour l'humanité.

Je souhaite qu'il ne soit pas isolé, ou oublié. Car la culture DoItYourself et Open Source ouvre la voie à l'accession au savoir pour le plus grand nombre, ce qui déplaira aux groupes mercantiles certes, et l'obscurantisme grandissant.

ignace72  a écrit le 24/09/2012 à 15:22 :

Une belle confusion entre Logiciel Libre et OpenSource.
Je propose donc à l'auteur de se former sur un sujet avant d'en parler.
De nombreux logiciels OpenSource ne sont pas libres.
Comment donc porter le moindre crédit à cet article ?

EricM  a répondu le 24/09/2012 à 16:22:

Pourtant j'ai l'impression que l'article expliquait la différence au premier paragraphe. Je crois que Richard Stallman a écrit "Nearly all open source software is free software." Sa vision sur la chose est donc différente de la votre. Et plus loin "The two terms describe almost the same category of software, but they stand for views based on fundamentally different values." C'est bien ce qui est expliqué ici par l'auteur: la différence est grande au plan des croyances, elle est très réduite au plan des licences. Comme le dit R. Stallman, ce sont "pratiquement la même catégorie de logiciels". Dommage de passer à côté de tout le contenu de l'article pour si peu de choses.

Amaryl  a répondu le 02/10/2012 à 13:34:

Open Source signifie seulement qu'on peut voir la source. Le logiciel libre suppose entre autres qu'on peut le modifier, et le redistribuer modifier. Et dans aucun de ces deux cas il est question de gratuité du logiciel.

Bien à vous.

P. Bertrand  a répondu le 09/10/2012 à 9:18:

Non, ce n'est pas cela la différence. Beaucoup de commentaires portent sur cette idée, qui est erronée. Comme dit EricM plus haut, "la différence est grande au plan des croyances, elle est très réduite au plan des licences". Pour se revendiquer "open source", selon la définition de l'OSI, Open Source Initiative, qui est clairement la définition à laquelle tout le monde se réfère, il faut de la même manière autoriser à modifier et redistribuer. La différence n'est pas dans des droits plus étendus ou moins étendus, accordés sur le logiciel.

Sorenj  a répondu le 28/10/2012 à 22:32:

Il faut voir cela comme une maison avec une porte ouvert, on peut y rentrer et y sortir librement

ignace72  a écrit le 24/09/2012 à 15:22 :

Une belle confusion entre Logiciel Libre et OpenSource.
Je propose donc à l'auteur de se former sur un sujet avant d'en parler.
De nombreux logiciels OpenSource ne sont pas libres.
Comment donc porter le moindre crédit à cet article ?

Didier  a écrit le 21/09/2012 à 11:31 :

Je ne suis pas convaincu que l'Open soit viable sur la durée. Je crois que progressivement Internet va se banaliser, susciter moins d'enthousiasme bénévole et se marchandiser de nouveau, un peu comme les radios libres ont cédé la place aux radios privées. La qualité moyenne des sites gratuits est en forte baisse par rapport aux contenus du départ (je ne parle pas de ce qui a bénéficié de progrès techniques pour les forums et images). Il faut payer pour avoir accès aux revues et aux livres électroniques.

ramon  a écrit le 21/09/2012 à 2:11 :

L'open source, c'est aussi ne pas payer du travail et avancer de manière désorganisée..C'est sans doute la raison pour laquelle, on a des micros, mais de moins en moins de logiciels sont en vente et aujourd'hui certains disent, en informatique tout est fait, il n'y a plus d'opportunité de démarrer des activités de créer sa boîte.

ah bon?  a répondu le 21/09/2012 à 9:18:

Faut dire ça à tous les gens qui se jetent sur le marché des ordinateurs ultraportables qu'on appellent smartphone alors.
Ca n'est pas parce que les ordinateurs classiques sont en déclins du fait qu'ils sont supplantés par des outils plus adaptés que l'informatique c'est fini on peut tout fermer!

Wulkanman  a écrit le 20/09/2012 à 16:28 :

Encore une fois bravo pour cet article très didactique. En effet beaucoup font l?amalgame en Logiciel Libre et Logiciel open source. Pour beaucoup, open source est synonyme de gratuit. Bien sur tout cela est très nuancé. Un logiicel Open Source est un logiciel dont les sources sont publics, tout simplement. Cela permet aux utilisateurs (Qui en ont les compétences) de comprendre comment le produit fonctionne, de plus facilement l'exploiter, et dans une certaine mesure de le maintenir si il désire.

C'est pourquoi le logicile open source est de plus en plus apprécié en entreprise.

Faut le dire  a écrit le 19/09/2012 à 15:15 :

"un bien commun que nous enrichissons collectivement, pour le bien être de tous."

Vous devriez faire un article sur le problème des mises à jour.

Sur un site internet ou intranet on rencontre par exemple le triplet Cms + mysql + php
Quand ces trois produits évoluent et qu'il faut intégrer les évolutions à l'application, il faut commencer par perdre un temps considérable pour vérifier que ce qui marchait marche encore. Avant même toute évolution.

Certains n'osent plus rien toucher.
C'est la réalité.
Faites un article.

cdg  a répondu le 19/09/2012 à 16:00:

ca ne change rien par rapport aux logiciels proprietaires. Il faut toujours verifie que vous n avez rien casse avec la mise a jour (ex recent, un maj de microsoft a installe skype d office sur les PC-> breche de securite. le SP4 de win200 a carrement mis les base de donnees oracle hors de combat)
L avantage d el open source, c est que si ca se produit, vous pouvez essqyer de vous debrouiller vous meme. Avec du proprietaire, c est mort (et dans certaisn cas vou spouvez meme pas installer la version precedente)

Faut le dire  a répondu le 19/09/2012 à 18:36:

Je comprends bien que l'on peut avoir les mêmes pb avec des logiciels propriétaires.
Mais risqueriez vous de vous débrouiller avec les sources des logiciels open source, de perdre à nouveau un temps considérable avant de les comprendre et de créer une version personnelle ?
Il serait intéressant de savoir ce que font les utilisateurs open source dans un tel cas et d'avoir des statistiques ??


JB1Sky  a répondu le 19/09/2012 à 18:36:

"Faut le dire". Ca s'appelle tester et ça fait parti du Job. Ce n'est pas parce que c'est de l'open source que ça s'émancipe d'étapes critiques comme justement TESTER des montées de versions, surtout si le besoin s'en fait sentir par l'utilisateur. Et j'ajoute que cette problématique est valable que le produit soit open source ou pas. Comme le dit cdg, vous aurez plus de chance de trouver sur le net quelqu'un qui à déjà rencontré et solutionné le problème pour de l'open source que pour du propriétaire. Si ce n'est pas le cas, la possibilité de faire une correction vous-même et voir même de la proposer à la communauté et justement contribuer à ce mouvement participatif qu'est l'open-source.

Faut le dire  a répondu le 19/09/2012 à 20:02:

JB1Sky - J'ai bien compris l'intérêt de ce mouvement participatif et l'efficacité de l'entraide entre développeurs, mais je voudrais avoir des statistiques

baloo  a répondu le 20/09/2012 à 8:52:

Et si la question de fond était lié à la responsabilité du décideur :
- je m'engage et fais confiance à mes équipes internes
- je dégage ma responsabilité sur des éditeurs externes

baloo  a répondu le 20/09/2012 à 8:58:

Et si la question de fond était ailleurs ?
- Je m'engage et fais confiance à mes équipes
- Je dégage ma responsabilité sur des éditeurs externes

Qu'est ce qui motive le décideur ?
- coacher ses collaborateurs pour trouver des solutions
- gérer les contrats de services

Pour avoir une bonne réponse ne faut il pas poser la bonne question ?

Faut le dire  a répondu le 20/09/2012 à 11:11:

baloo - Bonjour - Vous posez la question de la responsabilité et de la décharge de cette responsabilité.
Mais je voudrais savoir quel % de développeurs entrent dans le source en cas de pb .
.

@Faut le dire  a répondu le 20/09/2012 à 11:25:

La question va bien plus loin que le % de dev allant dans le source.
Le problème se pose notamment lorsque les devs utilisent une librairie, si celle-ci est propriétaire et sans les sources bin ça devient très dur en cas de problème de savoir si le problème vient d'une mauvaise utilisation de librairies ou que la librairie a un problème qui doit être corrigé (d'autant plus que parfois la documentation n'aide absolument pas).
Dans les faits si on a accès au source l'arbitrage est trivial.
Les industriels et les juristes peuvent épiloguer sur le sujet tant qu'ils le veulent mais dans les faits pour faire son travail correctement c'est plus bien plus simple d'avoir les sources (après évidemment il y a des industriels indélicats qui volent le code d'autrui mais c'était déjà vrai quand les gens se sont mis à faire du reverse engineering (on peut retrouver le source à partir du code machine)).

walter99  a écrit le 19/09/2012 à 14:43 :

Bravo pour votre article et pour les nombreux bons commentaires: les logiciels propriétaire ont en effet asséché la concurrence sans apporter de qualité .Microsoft qui a une position de monopole pose toujours des problèmes après ...30 ans de développement. Il faudra un jour rendre hommage à Linus Torvalds pour sa création de Linux. Toutes les situations de monopole sont dangereuses t asphyxient la recherche ou créent des monstres où la marketing à court terme a pris le pas sur notre sécurité ou même notre avenir tout court: je pense à Monsanto et sa course folle au brevetage du vivant , aux semenciers qui interdisent la culture de plantes anciennes, savez vous qu'ils ont réussi à imposer une liste de plantes autorisées à cultivées (celles qu'ils produisent ) et à interdire des plantes anciennes qui pourraient être en concurrence .Ils ont établi un "certificat d'obtention végétale" (COV) ? à savoir le droit de propriété des "obtenteurs" de l'espèce: un paysan n'a plus le droit de replanter une partie de sa récolte, il est prisonnier de "brevet" propriétaires depuis la loi du 8 nov 2011. Cela rappelle Microsoft qui il y a bien longtemps voulait breveter les fenêtres .....
lisez: http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/29/pour-les-agriculteurs-ressemer-sa-propre-recolte-sera-interdit-ou-taxe_1610778_3244.html
rien n'est acquis pour toujours mais jamais rien n'est perdu non plus....soyons vigilants

Marcel  a répondu le 20/09/2012 à 1:30:

Linus Torvalds a certainement reçu plus d'un hommage. Et si Linux n'avait pas décollé, les systèmes BSD auraient sans doute pris leur essor sur le jeune web à sa place, peut-être un peu plus tardivement.

Gnuku  a écrit le 19/09/2012 à 11:39 :

J'ai oublie de mettre le lien montrant que les logiciels dits libres sont classes de-facto a l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanite, section "patrimoine culturel immateriel de l'humanite" (engl: Intangible Cultural Heritage). Regardez ici: http://fsfe.org/campaigns/mankind/mankind.en.htm

Gnuku  a écrit le 19/09/2012 à 11:36 :

L'auteur de l'article n'est pas tres clair dans son premier paragraphe lorsqu'il compare l'open source aux logiciels libre.
Pour faire plus simple:
- les logiciels dits libres ont une vocation socio-culturelle (selon les mots de Stallman) et sont classes de-facto a l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanite, section "patrimoine culturel immateriel de l'humanite" (engl: Intangible Cultural Heritage).
- les logiciels opensource ont pour vocation economique (reduction des cout de developpement, amelioration des codes, faciliter les collaborations, diffusions dans les secteurs marchands).

Tachez de regarder le reportage Revolution-OS sur youtube, pour avoir un appercu historique et philosophique entre ces 2 mouvements: http://video.google.com/videoplay?docid=7707585592627775409

Naomi  a répondu le 19/09/2012 à 21:12:

Tout a fait exact : le Free Software (le VRAI logiciel libre) et l'open source sont deux choses totalement différentes, et honnêtement, je trouve l'article terriblement laxiste sur ce point. C'est bien dommage d'introduire autant de confusion auprès du grand public, dans un article qui se veut une référence sur le sujet !

Autant la philosophie d'ouverture des Free Software se base sur le partage réel et quasi inconditionnel du source, autant l'open source ne fout magistralement de toute philosophie de partage, et se contente de laisser un accès au code tout en gardant soigneusement le contrôle ce qui peut être modifié ou pas - on l'a encore vu récemment avec android/alibaba ou plus anciennement hp/webos. Il n'y a pas de liberté dans le monde industriel : l'open source est quelque part une fumisterie pour les niais.

Pendant ce temps, M. Stallman et ses Free Software ont permis une autre informatique, respectueuse des droits de l'homme, tout simplement, en utilisant au maximum des formats ouverts et documentés pour permettre l'interopérabilité. Quand on zieute aujourd'hui un GNU/Linux, on peut clairement dire que la FSF a réussi son coup, même si la liberté est et reste un combat permanent.

P. Bertrand  a répondu le 20/09/2012 à 8:39:

Bonjour Gnuku & Naomi. J'ai répondu (voir le post suivant) sur ce point à Anthony: les appellations correspondent à des écoles de pensées bien différentes, des philosophies différentes - vous avez pleinement raison sur ce point, et c'était dit dès le premier paragraphe de l'article - et pourtant désignent les mêmes logiciels à l'arrivée. Ainsi la phrase " l'open source (...) se contente de laisser un accès au code tout en gardant soigneusement le contrôle ce qui peut être modifié ou pas" n'est pas exacte: pour pouvoir être appelé "open source", un logiciel doit autoriser la modification et la redistribution (voir sur ce point http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_Source_Definition). Beaucoup croient, à tort, que "logiciel libre" et "open source" se distinguent par des droits différents accordés sur le logiciel, mais ce n'est pas le cas.
Cela étant, je me joins à vous pour saluer l'oeuvre accomplie par Richard Stallman.

Anthony  a écrit le 18/09/2012 à 17:22 :

Open source contraint seulement la diffusion de code avec l'application. Par conséquent un logiciel Open Source peut être propriétaire. Par contre, un logiciel libre est forcément Open source puisque de par sa licence il oblige la divulgation du code au grand public.

P. Bertrand  a répondu le 18/09/2012 à 18:11:

Non, ce n'est pas tout à fait cela. Les appellations "logiciel libre" et "open source" ne sont pas interchangeables, puisqu'elles correspondent à des écoles de pensée différentes. Comme indiqué dans l'article, la première met l'accent sur la liberté, la seconde sur la qualité du logiciel. Mais pour être appelé "open source", un logiciel ne doit pas uniquement mettre à disposition ses sources, il doit accorder, par les termes de la licence, des droits de modification et de redistribution, qui sont à peu près les mêmes que ceux qui caractérisent les licences libres. En termes de licences donc, il n'y a pas de logiciels qui soient "open source" sans être aussi "logiciel libre", et réciproquement. Mais les valeurs qui accompagnent ces appellations sont bel et bien différentes.

heulman  a répondu le 20/09/2012 à 22:06:

Désolé mais je pense également que vous faites erreur.

Le lien Wikipedia que vous fournissez explique que l'OSD (Open Source Definition) est la définition du logiciel libre du point de vue de l'OSI (http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_Source_Initiative) qui est une organisation "concurrente" de la Free Software Foundation. Il ne 'agit en aucun cas de la définition d'un logiciel open source.

Il est vrai que l'article sur l'open source sur wikipedia est trompeur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_source):
"La désignation open source [...] s'applique aux logiciels dont la licence respecte des critères précisément établis par l'Open Source Initiative, c'est-à-dire la possibilité de libre redistribution, d'accès au code source et aux travaux dérivés."

La version anglaise est bien meilleure (http://en.wikipedia.org/wiki/Open-source_license):
"An open-source license is a copyright license for computer software that makes the source code available for everyone to use.[...] One popular set of free open-source software licenses are those approved by the Open Source Initiative (OSI) based on their Open Source Definition (OSD)."

Autrement dit: une partie des licences dites open source sont approuvées par l'OSI, et celles-ci sont, à de très rares exceptions, également considérées comme libres par la FSF.

P. Bertrand  a répondu le 21/09/2012 à 9:30:

Dans les faits, tout le monde se réfère à la définition de l'OSI pour appeler un logiciel open source. Je ne connais pas de logiciel qui se réclame "open source" et dont la licence ne satisfasse pas cette définition, en tous cas pas de logiciel d'une certaine importance. En matière de licences, personne ne veut d'une licence "maison", qui serait à auditer juridiquement. C'est pourquoi aussi bien les communautés de développement et fondations, que tous les éditeurs de logiciels, utilisent un très petit nombre de licences bien connues. Avec une quinzaine de licences, on couvre 90% du patrimoine open source. Et ces licences bien connues répondent toutes aux critères de l'OSI. Et sont toutes des licences libres selon la définition FSF. Mieux que ça, en fait on constate que les éditeurs de logiciels open source, sociétés à but lucratif donc, qui sont celles dont on pourrait craindre qu'elles n'utilisent une définition moindre, non-OSI, non-FSF, dans les faits choisissent toutes la licence GPL, qui est celle préconisée par la FSF.

heulman  a répondu le 21/09/2012 à 11:16:

Zimbra par exemple, à travers la version open source (Zimbra Collaboration Suite (ZCS) Open Source Edition), a été soumis, selon les versions, à 3 licences différentes (http://www.zimbra.com/license/index.html), la Mozilla Public License 1.0 (MPL) qui n'est plus reconnue par l'OSI, la Yahoo! Public License qui n'est pas reconnue par l'OSI et enfin la Zimbra Public End-user License Agreement qui n'est pas n'ont plus reconnue par l'OSI. C'était également le cas, au moins à un moment de leur développement, de SugarCRM (avant d'adopter l'AGPL), de Alfresco (avant la LGPL), de Compiere, de SocialText, etc. Par ailleurs, l'OSI ne fait que décerner une sorte de label sur le mode déclaratif, il faut donc que la licence soit soumise par son créateur à l'OSI, ce qui n'est pas le cas des milliers de licences open sources dérivées des licences les moins contraignantes comme la LGPL ou la MIT.

P. Bertrand  a répondu le 21/09/2012 à 11:47:

En fait, la licence Zimbra ZPL, qui est dérivée de la Common Public License (CPL) et de la Mozilla Public License (MPL), est reconnue comme licence Libre par la FSF (http://www.gnu.org/licenses/license-list.html), qui dit à son sujet "Cette licence est identique à la Yahoo! Public License 1.1, à part le fait qu'elle est proposée par VMWare au lieu de Yahoo!. Les mêmes commentaires s'appliquent ; c'est une licence de logiciel libre, à copyleft partiel, incompatible avec la GPL. " Mais arrêtons là ces débats d'experts, qui n'intéressant doutes qu'un petit nombre de lecteurs de La Tribune.

heulman  a répondu le 21/09/2012 à 14:02:

... mais n'est pas reconnue par l'OSI, comme quoi open source n'est pas égal à "reconnue par l'OSI" CFQD

P. Bertrand  a répondu le 21/09/2012 à 17:33:

... Ce qui donnerait à penser que les exigences de l'OSI pour qu'une licence soit "open source" seraient plus fortes que celles la FSF pour faire une licence "libre" ! Ce n'est sans doutes pas ce que vous vouliez montrer ;-) Et ce n'est pas le cas d'une manière générale. Ce que j'essaye de montrer essentiellement dans mes réponses, c'est que la différence entre "open source" et "logiciel libre" n'est pas dans les licences, elle est dans les croyances.

heulman  a répondu le 21/09/2012 à 21:33:

Ce n'est pas du tout ce que cela montre, il y a simplement des licences reconnues par l'OSI qui ne sont pas considérées comme libre par la FSF, comme 'il y a des licences reconnues comme libres par la FSF qui ne sont pas reconnues par l'OSI (notamment dû au mode déclaratif). Il n'y a donc pas stricte équivalence entre les deux et aucune des deux ne couvre entièrement le champ de l'open source contrairement à ce que vous dites. En ce qui concerne les différences FSF/OSI, il s'agit fondamentalement de différences de philosophies (disons humaniste/utopique vs. économique/pragmatique) qui souvent se traduisent par des différences de licences (un peu plus "laxistes" à l'OSI) mais effectivement pas toujours. Il n'en reste qu'un logiciel open source n'est pas forcément libre alors qu'un logiciel libre est TOUJOURS open source, sans pour autant que sa licence ne soit reconnue par l'OSI pour peu qu'elle n'est pas été soumise à son approbation.

KiKiTiTi  a écrit le 18/09/2012 à 15:07 :

Le mot "utopie" est très souvent utilisé dans cet article. Ce qui dénote une grande divergence entre le chemin poursuivi par les idéalistes du monde Open Source et la réalité. Quelques exemples suivants dans le secteur des télécoms (que je connais bien) montrent ses limites :
- La plupart des logiciels embarqués dans le FreeBox sont issus d' OpenSouce. Pourtant, à ma connaissance, on ne peut pas y accéder ;
- La tentative d'Alibaba (un géant E-commerce chinois) de promouvoir son OS Aliyun face à Android dans les smartphones, un OS qualifié Open Source par excellence, a rencontré une défense farouche de Google, propriétaire de "Open Source" Android ;
- Les récentes victoires juridiques d'Apple et ses systèmes purement "propriétaires" sur les fabricants de smartphones sous Open Source Android mettent en exergue les incertitudes pesées sur le développement et/ou l'utilisation des produits Open Source

P. Bertrand  a répondu le 18/09/2012 à 16:23:

Bonjour,
Après quelques années de disputes et procès, Free a finalement mis en ligne, din 2011, le code source des logiciels embarqués sous licence libre.

yep  a écrit le 18/09/2012 à 13:28 :

Ma foi l'article ne devrait pas faire un amalgame aussi fort entre Libre (Free software) et l'open source.

Frame  a écrit le 18/09/2012 à 7:57 :

Une belle idée...déjà récupérée par les plus gros acteurs du marché qui rachètent les produits originaux ainsi développés dont ils acquierent le controle total moins chers que si ils les avaient développés eux-mêmes!
Bonne pioche pour les actionnaires..dont leur cash dort dans ces grosses entreprises, à cours d'idée rentable. Allez, on développe!

Theor  a répondu le 18/09/2012 à 14:38:

Pardon ? Comment rachète-t-on un logiciel libre, qui n'appartient à personne ? Quels sont ces "plus gros acteurs du marché" qui auraient racheté des produits sous licence GPL, comme Linux, Postgres, Apache ? Aucun... mais vous trouvez tout de même un moyen d'insinuer votre propagande en faisant valoir un complot du grand capital et des actionnaires.
L'OSS permet par contre de formidables économies à toutes ces entreprises, on y gagne donc tous.

Baobab  a répondu le 18/09/2012 à 15:11:

La façon dont Frame s'est exprimé est effectivement un peu ridicule. Mais il met le doigt sur deux grosses limites de l'open source.
1) un logiciel "libre" appartient bien a quelqu'un, le titulaire de la licence qui, comme le dit l'article, "cède" ou autorise simplement plus de chose qu'une licence "propriétaire" (reproduction, transfert gratuit et modification notamment). Mais la licence interdit aussi : d'en faire un usage commerciale, de modifier dans un mauvais sens, de transférer sans les docs, etc... Mais certaines boites passent des contrats spéciaux avec ces titulaires pour développer de (bons ou pas) logiciels avec de belles interfaces, puis les vendent sous licence propriétaire.
2) le droit français pose des problème car dès lors qu'on modifie le logiciel libre de façon importante et originale, on peut avoir de plein droit un monopole d'exploitation dessus. Et là on rentre dans des imbroglios juridiques avec des "briques" libres, des "briques" propriétaires, etc...

P. Bertrand  a répondu le 18/09/2012 à 16:30:

Effectivement, les logiciels libres n'appartiennent pas "à personne", pas plus qu'à "tout le monde", ils ont - presque toujours - un propriétaire des droits.
Pour être précis, il existe 2 types de licences libres, les premières dites "copyleft" n'interdisent pas exactement l'utilisation commerciale, mais obligent à diffuser les oeuvres dérivées sous les mêmes termes de licence. Les secondes, dites "non copyleft' permettent des oeuvres dérivées non libres.
Je ne sais pas bien à quoi vous faites allusion (@Baobab) sur le droit français. L'oeuvre dérivée comporte en général des parties propriété de l'auteur initial, d'autres parties propriété de l'auteur second. Selon la typologie de licence, copyleft ou non, l'auteur de l'oeuvre dérivée peut ou non distribuer sous une licence non libre. S'il le peut, alors effectivement, il peut avoir une forme de monopole d'exploitation, mais uniquement sur l'oeuvre dérivée, pas sur l'oeuvre initiale bien sûr. Mais en général on arrive à y voir clair dans cet "imbroglio".

fred13  a répondu le 18/09/2012 à 19:48:

Tout à fait d'accord avec frame. Si l'open source s'impose, c'est qu'il répond parfaitement aux exigences du capitalisme mondialisé : c'est la mutualisation des outils de production et de la main d'oeuvre à l'échelle globale. C'est encore mieux que la délocalisation qui elle entraîne des coûts.
La notion de propriété n'a aucune importance, ce n'est qu'une question juridique, donc le plus fort (meilleurs avocats) gagne toujours. Une loi se contourne toujours: on vend la maintenance et pas le logiciel, etc...

@fred13  a répondu le 20/09/2012 à 10:55:

Ouais, non.
Dans les faits en entreprise que le logiciel soit propriétaire ou non ça n'a pas beaucoup d'importance si la maintenance ne suit pas.
Un logiciel libre sans personne pour fournir la maintenance souvent ne sera pas exploité au profit d'un logiciel propriétaire qui à une maintenance béton (contre lequel l'entreprise peut aussi se retourner au besoin).
Dans les faits ça permet une plus grande réactivité et de mieux fédérer la communauté d'utilisateurs.
D'autant que logiquement la maintenance d'un freeware devrait être plus élevé que celle d'un non freeware vu que le prix de vente du logiciel permet de payer les gens de la boîte et non seulement le coût de la maintenance.
Mais là on parle business model/stratégie d'entreprise et plus vraiment de Logiciel Libre, c'est plus vraiment la même chose.
Sachant que dans tous les cas si le logiciel libre fait mieux que le propriétaire c'est pas toujours le cas non plus (exemple frappant d'Oracle par exemple qui est plus que leader sur un marché clé parce que son outil est objectivement meilleur que ce que peut faire la concurrence fut-elle open source ou free software).

Paradox  a écrit le 18/09/2012 à 7:48 :

Tres bon article. L open source tel que postgres 9.2 pour les bases de données est effectivement le nec plus ultra, releguant les acteurs classiques tres tres loin derriere en matiere de performance. La NASA utilise l open source pour ses serveurs... C est dire !
Pour les postes de travail, c est avant tout une question de com mais cela ne tardera pas car il existe deja quantité de softs type "office" tout aussi pointu et performant.

nicolas  a écrit le 18/09/2012 à 0:14 :

Vous oubliez de parler de l'opendata, qui a un bel avenir...

yvan  a écrit le 17/09/2012 à 20:01 :

Excellent article. Il est évident que le Libre (appris de nos Maîtres libertariens et liberticides) gagnera sur le propriétaire. Ainsi, ils n'auraient pas dû caresser leur cercle car il est devenu vicieux.

yvan  a écrit le 17/09/2012 à 20:01 :

Excellent article. Il est évident que le Libre (appris de nos Maîtres libertariens et liberticides) gagnera sur le propriétaire. Ainsi, ils n'auraient pas dû caresser leur cercle car il est devenu vicieux.

CM63  a répondu le 18/09/2012 à 22:40:

Bonsoir,
Moi je me demande comment Oracle a pu rendre a nouveau payant OpenOffice, simplement en rachetant son propriétaire et créateur Sun. Et pourquoi c'est le fork libre qui a dû se trouver un autre nom : Libre Office.
Bonne soirée.

NaSH  a répondu le 19/09/2012 à 1:42:

@CM63 Vous faites un amalgame, libre ne veux pas dire gratuit. il est tout a fait possible de vendre un produit opensource, meme si cela a peu d'interet de le vendre sous forme de boite. D'ailleur si vente il y a, elle est accompagné d'un plugin non-libre, voir d'un service associé.

Il y a aussi un autre amalgame. OpenOffice est une marque. c'est la marque qu'Oracle a racheté. Le code en lui meme etait partagé, les developpeurs associé a OpenOffice et mécontent de la direction du projet se sont simplement desinscrit de la partie collaborative d'OpenOffice, pour aller fonder, puis s'inscrire chez LibreOffice.

Vincent M.  a répondu le 19/09/2012 à 9:40:

Article intéressant, même s'il gagnerait à évoquer la question des biens communs.
Petite erreur sur le logiciel libre et le concept de "destruction créative"... le logiciel libre et l'open source arrivent après l'auto-destruction "libérale" de la concurrence. Il réintroduise justement la concurrence

P. Bertrand  a répondu le 19/09/2012 à 11:17:

Bonjour, Je m'explique sur la destruction créatrice. La formule a des sens différents, selon les auteurs. Mais ces dernières années, elle est utilisée surtout pour faire référence aux perturbations qu'amène une rupture technologique, qui mettent à mal d'anciens acteurs, mais donnent naissance à de nouveaux. Non pas juste des concurrents qui perdent des parts de marché tandis que d'autres en gagnent, mais véritablement des industries qui disparaissent tandis que d'autres apparaissent. Vous avez raison (Vincent M.) sur ce que vous appelez "l'auto destruction de la concurrence", c'est effectivement un phénomène particulièrement aigu dans le logiciel: la "prime au premier" est telle qu'on passe très vite à un quasi-monopole, et l'open source est souvent le seul moyen de rétablir une forme de concurrence.

Stéphane M.  a répondu le 20/09/2012 à 11:52:

Bravo Naomi (cf. "Naomi a répondu le 19/09/2012 à 21:12").

J'ajouterai juste ceci, Linus TORVALD approuve quand même un modèle OPEN SOURCE pour répondre au besoin de faire évoluer le LOGICIEL FERME (ou PRIVATIF selon la terminologie de Richard STALLMAN).

Le logiciel OPEN SOURCE - logiciel fermé devenu plus ouvert - reste quand même soumis à des COPYRIGHT et donc des souscriptions pour rémunérer les sociétés éditrice ou détentrice de brevet logiciel. Nous sommes bien dans le pré-carré des éditeurs, pour un grand nombre venant des États-Unis.

En revanche, le LOGICIEL LIBRE est soumis à un "COPYLEFT" s'il utilise une licence de diffusion, par exemple, de type licence publique générale GNU (GPL V3). Par conséquent. L'activité économique se structure en compétences pour accompagner les organisations utilisatrices aussi bien que des sociétés du CAC 40 français.

L'intérêt de l'amalgame entre OPEN SOURCE et LOGICIEL LIBRE profite aux détenteurs des licences commerciales ou des brevets logiciels.

L'intérêt d'une nation - hors États-Unis - serait plutôt des rétribuer les intelligences nationales et donc de développer le LOGICIEL LIBRE.

Pardon Naomi si je n'ai pas rajouté grand chose à votre propos déjà très lumineux.

P. Bertrand  a répondu le 20/09/2012 à 17:32:

Bonjour Stéphane. J'apporte quelques précisions sur le sujet du copyright. Pratiquement tous les logiciels libres ont un auteur identifié, (parfois des auteurs), qui en détient les droits, le copyright. C'est parce qu'il détient ces droits que l'auteur peut affirmer "je vous autorise à utiliser ce logiciel, selon les termes de la licence GPL (par exemple), qui est une licence libre, et qui vous autorise de le modifier et de le redistribuer". Il faut absolument bien comprendre que le logiciel libre n'est pas en opposition au copyright, il se fonde sur le copyright. Et ceci indépendamment de la notion de copyleft, qui malgré le jeu de mot, n'est pas le contraire du copyright. Le logiciel libre, y compris par exemple un programme comme GCC écrit pour une large part par Richard Stallman, est sous copyright de la Free Software Foundation. De manière très concrète, ceci apparait clairement dans les quelques lignes qui figurent toujours dans l'entête d'un programme libre, typiquement: "Copyright (C) 1993, 94-97, 1998, 1999 Free Software Foundation, Inc. This file is part of GNU CC. GNU CC is free software; you can redistribute it and/or modify it under the terms of the GNU General Public License". Le copyright précède toujours la mention de la licence, car le copyright fonde la licence, qu'elle soit libre ou non. J'espère vous avoir aidé à bien comprendre la chose.

Stéphane M.  a répondu le 21/09/2012 à 16:05:

Merci Bertrand pour ton message. Bien entendu on voit bien le coté facétieux de Richard STALLMAN sur le vocable copyleft qu'il a apprécié et promu. Mais si c'était la même chose alors il aurait employé le même mot. Or cela n'est pas tout à fait le cas. Le mouvement du logiciel libre n'est pas opposé au mouvement du logiciel Open Source comme on peut le voir avec l'association GNU/Linux possible.
L'idée essentielle est de ne pas laisser une certaine production intellectuelle dans le domaine public pour qu'un copyright vienne s'en approprier les droits pour des fins autres que celles prévues par l'auteur qui souhaitait partager et rester libre. Le copyleft, justement, s'approprie un droit sur cette production intellectuelle afin de garantir qu'elle reste libre d'usage, de partage, de modification, de redistribution ET QUE CE DROIT RESTE PRÉSERVÉ. Cette nuance est une différence fondamentale par rapport au copyright.
Par exemple, c'est grâce à la licence GPL de l'époque sur GCC que le noyau (le c?ur) de Linux a pu être écrit et compilé avec. Qui sait ce que serait devenu un "UNIX-like" s'il avait été compilé (compiler = transformer le langage écrit - compréhensible par l'humain - en séries de nombres compréhensibles par le microprocesseur de l'ordinateur) sur un compilateur propriétaire, un "Microsoft-OS-like" ? un "Apple-OS-like" ? Serait il un autre système d'exploitation (Operating System ou OS en anglais) payant (ou pas) dont on ne peut améliorer qu'avec les directives encadrées, limitatrices, d'un copyright de l'auteur (ou éditeur ?) ?

P. Bertrand  a répondu le 21/09/2012 à 16:59:

Je n'avais pas écrit que copyleft et copyright c'était la même chose, nullement ! J'ai dit que ce n'était pas le contraire, et plus précisément que le copyleft, c'est à dire l'obligation pour des oeuvres dérivées d'utiliser la même licence, donc libre, est en fait fondé sur le copyright, car sans copyright, point de licence, et point de licence libre donc.

vacla  a répondu le 21/09/2012 à 17:09:

Je suis très loin de m'y connaître précisément... Mais OS X est justement un OS dérivé d'UNIX et compilé à la sauce Apple.

J5012  a répondu le 28/09/2012 à 23:06:

@vacla : mac osx est l'exemple parfait de ce que font les "pilleurs" de code libre :

- darwin sous-couche operative du systeme osx est libre car derive de bsd, mais avec le meme type de licence, la bsd licence qui donne totale liberte au sens du developpeur, ie "je prend le code comme ca me chante (sans meme rien reverser comme je veux) et j'en fais ce que je veux" ... licence en complete opposition a la gpl qui oblige a des droits de reversements sous les memes conditions.

- apple a ensuite joint par dessus darwin, leurs composants maison donc proprietaires, cocoa et aqua.

- apple ne peut pas interdire l'usage ou la modif de darwin, mais darwin seul ne fait pas macosx.

google a presque fait la meme chose , en plus sympa :
- une base linux modifiee android (licence gplv2)
- la difference : possibilite de reutiliser le code android pour un systeme de bureau, ou d'autres projets.
- tout le code android est reutilisable et modifiable moins les bouts de code (firmware) propre a chaque constructeur/assembleur de smartphones.

Stéphane M.  a répondu le 01/10/2012 à 18:54:

Bertrand, j'ai oublié de continuer concernant l'entête d'un programme libre. le mot copyleft n'est pas un terme juridique mais une idée. Juridiquement on s'approprie un droit de copie avec le terme copyright. Puis on donne soit une référence à un droit déjà établi - localement ou internationalement - ou on écrit un contenu juridique que l'on donne au droit de copie. C'est pourquoi on retrouve le terme juridique copyright dans l'entête d'un programme libre.