Innovation

Limiter les abus du Crédit Impôt Recherche : comment faire économiser 300 millions d'euros à l'Etat

Pierre Lasry, président de Lowendalmasaï, cabinet de conseil en management des coûts | 09/10/2012, 14:38 - 551 mots

Face aux abus constatés sur le Crédit impôt recherche, Pierre Lasry propose la mise en place d'un agrément pour les cabinets de conseil en innovation.
Pierre Lasry / DR
Pierre Lasry / DR

Dans un contexte de réduction de la dépense publique et de moral des entrepreneurs en berne, à la veille de l'examen du projet de loi de Finances 2013 par les parlementaires, François Hollande a souhaité envoyer un signal fort en matière d'incitation à l'innovation en France :le Crédit Impôt Recherche(CIR) sera maintenu et même complété par un Crédit Impôt Innovation pour les PME, comme nous l'appelions de nos voeux depuis plusieurs années. Dans le même temps, les dirigeants d'entreprises ont reçu des garanties quant au maintien des dispositifs d'investissement dans les PME ou la réintroduction des avantages liés au statut de Jeune Entreprise Innovante. Mais ces garanties n'ont pas suffi à faire oublier aux entrepreneurs la décision de taxer à plus de 60% les plus-values de cession des entreprises ...

La décision de maintenir, voire d'élargir le CIR, quoi qu'on pense du reste des mesures, est une bonne nouvelle à deux égards : d'abord parce qu'elle pérennise un dispositif plébiscité par les entreprises qui favorise le financement de l'innovation, ensuite parce que les ajustements pour rééquilibrer le dispositif en faveur des PME sont pertinents, eu égard à la ventilation actuelle du budget CIR et aux premiers ajustements de 2008.

Le CIR est donc reconnu comme un dispositif particulièrement efficient qui contribue à l'attractivité du territoire pour les investisseurs étrangers et permet de stabiliser voire d'augmenter les investissements de R&D. Ce dont on parle moins, ce sont les nombreux abus en matière de CIR, dont nous estimons le coût pour l'Etat à 300 millions par an. Les ressources des ministères étant plus que jamais limitées, on imagine mal l'Etat se lancer dans une démarche de vérification systématique des dossiers CIR. Ce serait un non-sens en termes de rapport cout-bénéfice. Nous proposons une solution simple et inédite pour lutter contre ces abus : l'agrément des cabinets de conseil en innovation.

La mise en place de cet agrément permettrait de donner aux conseils en innovation un véritable rôle de partenaire de l'administration pour garantir la bonne utilisation des deniers publics. Les conseils agréés engageraient leur responsabilité sur la réalité et l'éligibilité des travaux de R&D déclarés au titre du CIR. Cela permettrait de limiter les abus qui existent parfois en matière d'utilisation du CIR, et d'instaurer une réelle sécurité juridique pour les déclarants, comme ils le réclament à cors et à cris. Pour l'Etat, la mise en place de cet agrément limiterait le coût du dispositif aux travaux vraiment éligibles et empêcheraiant les abus, tout en rassurant les PME qui hésitent à utiliser le CIR alors qu'elles y ont légitiment droit, par peur du contrôle. Les entreprises qui feraient appel à un conseil agréé bénéficieraient d'une réelle sécurité et, partant, d'une meilleure visibilité pour piloter leurs investissements en matière d'innovation.

A travers la mise en place de cet agrément, nous voulons consolider la pérennité du CIR qui a permis à l'économie française de maintenir ses dépenses de R&D à 1,4% du PIB, là où celles des pays de l'OCDE ont diminué de 4,5% en 2011. Pour pérenniser ce dispositif vertueux, il faut tordre le cou aux abus, qui ne sont pas qu'une rumeur infondée mais une réalité. L'Etat ne peut pas tout, entend-t-on souvent, alors appuyons-nous sur les ressources qualifiées disponibles, et permettons ainsi à l'Etat d'économiser de quoi financer entièrement l'extension du Crédit Impôt Innovation aux PME.

 

Commentaires

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Tony a écrit le 16/10/2012 à 23:44 :

De meme il faut intrdire les grosses boites francaise a utiliser les aides publiques ANR pour la recherche!! Il est abberant que de grands groupes se greffent dans ces projets de recherche et RECLAMENT de l'argent public, alors qu'ils profitent déja de recherche gratuite!! Il

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Tony a écrit le 16/10/2012 à 23:42 :

le credit impots recherche ne devrai se faire qu'entre entreprise privé et recherche publique: comme pour payer un thesard le fat que le CIP soit appliqué en interne en entreprise est la porte ouverte au tout et au n'importe quoi!

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conseil en innovation... a écrit le 12/10/2012 à 15:26 :

" Nous proposons une solution simple et inédite pour lutter contre ces abus : l'agrément des cabinets de conseil en innovation. La mise en place de cet agrément permettrait de donner aux conseils en innovation un véritable rôle de partenaire de l'administration pour garantir la bonne utilisation des deniers publics." Sans intérêt & très commercial, "je considère cette proposition comme une chasse aux sorcières déguisée en chasse gardée" j?approuve et c?est comme cela que c?est présenté : "nous voulons consolider " Il serait intéressant de connaitre la définition de conseil en innovation / conseil en crédit d?impôt...Verra t-on un agrément pour les conseils en financement export, conseil en métier d?art... Un CIR peut être réalisé par l?entreprise sans l'usage de tiers et cabinets : doit-elle devenir un cabinet de conseil en innovation. Un expert-comptable qui ne connait pas obligatoirement toutes les technologies peut assister l?entreprise dans la réalisation des documents, doit-il, devenir un cabinet de conseil en innovation. Certain pôles de compétitivité aides a la mise en place du CIR doivent ils devenir cabinets de conseil en innovation Des experts indépendants et compétents ETC.... "Limiter les abus qui existent parfois en matière d'utilisation du CIR" on parle d?abus et non erreur, il est logique que cela soit réprimée, quel rôle joue dans ce cas l?expert-comptable... "Une réelle sécurité juridique pour les déclarants, comme ils le réclament à cors et à cris" des solutions simples existent déjà, de façon schématique : rescrit + comptabilité analytique + planning + feuilles de temps + outils de suivi projet + suivi de PI = sécurisation. Proposer d aider les entreprise est louable. Mais nous somme la dans une sécurisation de marché.

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JM Bruneau a écrit le 10/10/2012 à 11:57 :

La proposition est éventuellement pertinente. Il pourrait en effet être intéressant que les dirigeants et intervenants des conseils en crédit impôt recherche aient déjà fait de la recherche (ne serait ce qu?un stage !). Ce n?est souvent pas le cas aujourd?hui et les cabinets les plus présents sont parfois dirigés par des « cost killer » qui n?ont jamais mis un pied dans un laboratoire. Dans la continuité de votre proposition, il serait intéressant que les intervenants et dirigeants de structure de conseil en crédit impôt recherche disposent d?un diplôme technique, et non pas commercial. Ne soumet t?on pas l?entreprise à la nécessité d?avoir des diplômés techniques pour bénéficier de son crédit impôt recherche ? Pourquoi alors les gens qui les conseillent n?auraient pas éventuellement cette même obligation ? Au-delà de ceci, et s?il s?agit de faire des économies, le rapport d?un sénateur a suggéré des pistes qui me paraissent plus efficaces.

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jt a écrit le 09/10/2012 à 17:36 :

test

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Alex69 a écrit le 09/10/2012 à 17:15 :

Quel écran de fumée pour essayer de garder un business ou les acteurs se multiplient proposant des prestation de plus en plus qualitative à des tarifs de plus en plus compétitifs !. Cette idée n'a d?intérêt que pour les gros cabinets qui voient leur part de marché se réduire a cause d'abus dont ils ont eux même profité par le passé et qu'ils ne peuvent plus pratiquer du fait de la concurrence. Quand on pense que ce sont ces cabinets qui ont généré ces abus par le passé, quelle hypocrisie ... Mais au delà de toute critique voyons les arguments avancés. Sécurisation juridique? Allons soyons sérieux, il faudrait revoir les statuts de ces cabinets.En effet, ils ne peuvent engager leur responsabilité car ils n'ont qu'une obligation de moyen. Restons factuels: Un agrément? et bien soit, mais basé sur quels critères? Et pourquoi pas le nombre de dossier (clients) gérés par les cabinets qui ont conduit à un redressement par l'administration avec bien entendu les montant redressés ainsi que les honoraires perçues en contrepartie. Peu d'acteurs pourront se prévaloir de cela. Non vraiment, je considère cette proposition comme une chasse aux sorcières déguisée en chasse gardée sur un périmètre de plus en plus concurrentiel. Essayer de se renouveler, rester à l'écoute des entreprises, voilà comment on peu faire avancer les choses....

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De meme il faut intrdire les grosses boites francaise a utiliser les aides publiques ANR pour la recherche!! Il est abberant que de grands groupes se greffent dans ces projets de recherche et RECLAMENT de l'argent public, alors qu'ils profitent déja de recherche gratuite!! Il

par Tony le 16/10/2012 à 23:44

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