Smart mobility, l'intelligence en mouvement

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David Lacombled et Christian Jeanneau
David Lacombled et Christian Jeanneau (Crédits : DR)
Nouveaux mode de transports alternatifs, prise en compte de l'écologie, intelligence mise au service de la mobilité: voilà ce qui constitue la "smart mobility" Par David Lacombled, président de La villa numeris, et Christian Jeanneau, Assystem.

Pourquoi parler de « smart mobility » ou de « mobilité intelligente » ? S'agit-il d'un nouvel emballage pour mieux vendre les vertus des nouveaux modes de transports ? Suppose-t-on par là que les moyens de transport d'avant étaient de fait « stupides » ?
Non bien entendu. Cette nouvelle appellation n'a rien de cosmétique. Elle s'impose même car nous avons affaire à une nouvelle réalité : la notion même de mobilité a changé non seulement de degré et en intensité, mais dans sa nature même.

L'avènement de la smart mobility

La mobilité est plus que jamais une idée en mouvement. Auparavant, elle était guidée essentiellement par une progression linéaire (« plus vite, plus loin, plus fort ») alors qu'aujourd'hui du fait de l'émergence du numérique dans notre vie quotidienne (qu'il s'agisse des nouvelles technologies ou des nouveaux systèmes d'information) l'évolution des modes de transport prend en compte sur un spectre beaucoup plus large de motivations et de facteurs : la consommation, l'éco-responsabilité, le lien social... De linéaire, la mobilité est de fait devenue holistique et multimodale.

Smart mobility, parce que l'intelligence a plus que jamais pris le pouvoir :
- d'abord par la création de nouveaux modes de transports alternatifs ;
- ensuite, par la prise en compte de plus en plus forte de l'économie et de l'écologie ;
- et, enfin, par une nouvelle conception de la mobilité, fruit d'une nouvel environnement.

Des modes de transports intelligents

Face aux modes de transports dominants, de nouvelles façons de se déplacer émergent, comme, par exemple, le co-voiturage ou l'auto-partage. Grâce au numérique et notamment à la géolocalisation, à la connexion au réseau ou à la mise en place des réseaux sociaux, ces modes de transports se trouvent réinventés. Et, de fait, les systèmes d'informations transforment ces moyens de transports en nouveaux concepts de mobilité.
C'est le cas d'Autolib à Paris, concept d'auto-partage, qui non seulement est électrique et non polluant - mais bénéficie, grâce à son système d'informations performant : GPS intégré, réservations des voitures sur son terminal (smartphone, tablette, ordinateur...), assurance d'une place à l'arrivée, téléguidage et jusqu'à la programmation de la chaîne de radio préférée... - d'un développement exceptionnel. Et de fait par la praticité, le confort et la fiabilité que ce concept permet, Autolib, outre d'être une prouesse technologique, est devenu un mode de transport en soi, intégré dans le quotidien des parisiens.

Même remarque pour Blablacar, site de co-voiturage. Ce type de service existait auparavant. Par la radio. Les plus de 20 ans - et même de 40 ans - se souviennent peut-être des "Routiers sont sympas" de RTL ou de ce service sur Radio 7, la « radio jeune » du groupe Radio France d'alors. Aujourd'hui, Blabacar, en étant un réseau social, donne à cette idée de co-voiturage tous les moyens de se développer et de se concrétiser - inscription facilitée, transparence dans le paiement, notation, contrôle et même souplesse en permettant de « sauter » en cours de trajet dans un véhicule. De fait, le co-voiturage est devenu un mode de transport à part entière inscrit comme alternative dans les offres de Voyages-SNCF.

L'intelligence au service de l'écomobilité

L'intelligence aujourd'hui est aussi mise au service pour mettre en place un nouveau champ d'exploration pour sortir du tout hydrocarbures ou énergies fossiles. De nouvelles méthodes sont mises en place pour assurer une « mobilité éco-responsable » qu'il s'agisse des véhicules électriques hybrides, à hydrogène ou les piles à combustibles.
Mais ces innovations s'inscrivent aussi dans le champ des systèmes d'informations, embarqués dans le véhicule ou dans les infrastructures de transports. L'enjeu, c'est la multimodalité, à savoir la possibilité pour chaque usager de pouvoir choisir entres différents modes de transports que ce soit le plus rapide mais aussi le moins polluant pour effectuer son trajet. C'est grâce aux multiples données croisées dans les systèmes d'informations (consommation d'énergie, temps, trajet, horaires, situation du trafic...) que le choix est désormais possible pour l'usager d'opter pour tel ou tel type de transport. En toute connaissance de cause. Cela relève à la fois d'une démarche consumériste (dans le sens qu'elle offre un éventail de possibilités) et citoyenne (dans le sens où elle permet à chacun de choisir en responsabilité).

Les nouvelles intelligences de la mobilité

Mais, au-delà, c'est la conception même de la mobilité qui devient neuve et qui se réinvente avec l'avènement conjoint du numérique et des innovations technologiques.
Mobilis in mobile, mobile dans l'élément mobile, ce motto du Capitaine Nemo dans le Nautilus traduit tout à fait la situation de la mobilité aujourd'hui. La smart mobility s'inscrit dans le cadre lui-même d'un mouvement permanent. La mobilité doit se penser en mouvement.
L'exemple de la Google Car incarne parfaitement cette nouvelle donne. Ce sera un mode de transport qui résultera de trois dimensions conjointes : d'abord de l'innovation technique du véhicule lui-même, ensuite de l'infrastructure qui l'entoure et permet son utilisation sans risques et, enfin, du système d'informations complexes qui relie les deux.
La mobilité intelligente est donc le fruit d'une intelligence à trois dimensions : technologique, l'urbanistique et numérique.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2014 à 8:14 :
Il faut surtout utiliser notre intelligence pour comprendre que l'énergie doit être associée au travail pour financer nos retraites. Marcel Boiteux concluait un de ces articles en disant: "que ferions nous géniaux Français si nous étions plus intelligents".

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