"La BEI a investi 1,5 milliard d'euros dans le Grand Est" Ambroise Fayolle, BEI

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Nous avons aussi investi via le Fonds européen d'investissement, notre filiale dédiée au soutien des PME et à la microfinance : au total ce sont 2.163 entreprises qui ont été soutenues dans le Grand Est depuis le lancement du Plan Juncker au second semestre 2015, explique entre autres Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.
"Nous avons aussi investi via le Fonds européen d'investissement, notre filiale dédiée au soutien des PME et à la microfinance : au total ce sont 2.163 entreprises qui ont été soutenues dans le Grand Est depuis le lancement du Plan Juncker au second semestre 2015", explique entre autres Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. (Crédits : Olivier Mirguet pour La Tribune)
Les infrastructures urbaines, les réseaux de transport, les filières industrielles régionales et les activités de recherche ont concentré l'essentiel des investissements de la Banque européenne d'investissement, qui a transcrit à l'échelle régionale les priorités stratégiques du plan Juncker. Interview d'Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Quelle est la stratégie d'investissement de la BEI dans le Grand  Est ?

C'est une région nouvelle, qui combine un grand dynamisme des entreprises et un déficit en investissements, notamment dans les infrastructures. On sent toujours les effets de la crise de l'industrie. Nos financements s'orientent vers des infrastructures qui permettront de préparer la croissance de demain. Nous avons consacré 353 millions d'euros à des rénovations de campus, de collèges et de lycées. C'est une somme équivalente à celle investie dans les transports, dans le matériel roulant TER ou dans le bouclage du chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Strasbourg. En tout sur les trois dernières années, plus d'un milliard et demi d'euros a été consacré par la BEI aux financements du secteur privé et d'infrastructures améliorant la vie quotidienne des habitants. Le soutien aux entreprises est également une priorité.

Quels outils financiers avez-vous mis en oeuvre pour combler ce déficit d'investissement qui caractérise, selon vous, le Grand Est ?

Nous sommes une banque publique, qui finance dans la durée des projets correspondant aux priorités de l'Union européenne : l'innovation, les infrastructures, l'action contre le changement climatique, et les PME qui créent de l'emploi. Nous proposons des prêts avec des maturités (25 ou 30 ans) plus longues que celles offertes par les autres acteurs financiers. Dans le cadre du plan Juncker, nous aidons les projets et les entreprises en prenant davantage de risques, et en incitant les banques à nous rejoindre dans les financements. Nous avons aussi investi via le Fonds européen d'investissement, notre filiale dédiée au soutien des PME et à la microfinance : au total ce sont 2.163 entreprises qui ont été soutenues dans le Grand Est depuis le lancement du Plan Juncker au second semestre 2015.

Quels ont été les projets privés financés par le plan Juncker ?

Nous pouvons financer en direct des activités de recherche et développement dans les entreprises. Parmi les plus gros projets que nous avons suivis, il y a ArcelorMittal : 168 millions d'euros investis en France, pilotés par le centre de Maizières-les-Metz avec ses 600 ingénieurs. La BEI a soutenu le constructeur automobile PSA sur son site de Trémery, avec 250 millions d'euros investis dans la recherche sur des moteurs propres qui anticipent l'entrée en vigueur de la norme Euro 7. D'autres entreprises, plus petites, ont aussi été accompagnées notamment l'équipementier automobile Trèves pour la R&D dans son centre technique à Reims pour 30 millions d'euros. Dans le secteur médical, nous avons accompagné la biotech strasbourgeoise Transgène, qui recherche de nouveaux biomarqueurs pour le traitement des maladies infectieuses, avec un prêt de 20 millions d'euros. Nous finançons les PME par intermédiation en fournissant des garanties et des fonds aux intermédiaires financiers : une activité qui s'est accélérée dans la Région grâce au plan Juncker. A titre d'exemple, nous avons garanti le financement de Bpifrance à Novae Aerospace Industrie, entreprise rémoise spécialisée dans l'assistance technique sur les sites industriels dans le spatial, la défense et l'aéronautique, ainsi qu'à la Fabrique du sur mesure, spécialisée dans la fabrication de costumes et chemises, à Mulhouse.

Et dans les infrastructures ?

Le plan Juncker a financé l'installation du réseau très haut débit en Alsace, à hauteur de 75 millions d'euros. Plus de 370 000 foyers seront raccordés à la fibre d'ici 2022. Nous sommes convaincus que ce type d'infrastructure favorise le développement des entreprises et l'attractivité des territoires. Un autre projet est à l'étude pour le déploiement de la fibre dans tout le Grand Est. La décision sera actée avant la fin de cette année. Nous poursuivons le travail pour participer au financement des travaux de l'autoroute A355 qui contournera Strasbourg dans un objectif de rentabilité économique et sociale, tout en étant vigilants sur les aspects environnementaux de ce projet. Dans les énergies renouvelables, nous allons permettre à SaarLB, la banque régionale du Land de Sarre, d'investir dans la région du Grand Est. L'enveloppe disponible permettra de débloquer au moins 100 millions d'euros de prêts en France.

Qu'est-ce qui explique votre appétence pour le financement de projets liés à l'éducation?

L'université de Strasbourg est très ouverte sur l'Europe. Le projet Unistra, que nous finançons pour 90 millions d'euros, est combiné avec un plan de revitalisation urbaine de ce campus qui se situe en plein centre-ville. Nous accompagnons aussi la restructuration des collèges, avec un programme en cours sur 27 projets pour 70 millions d'euros en Meurthe-et-Moselle. Récemment, nous avons inauguré le lycée Vauban à Givet, dans les Ardennes. L'ancien bâtiment a été reconstruit au profit d'un projet respectueux de son environnement. Pour le bonheur des étudiants de la filière hôtellerie-restauration, particulièrement utile dans cette région ! Voilà le type de projet dont nous sommes fiers.

Propos recueillis par Olivier Mirguet,
correspondant Grand Est pour La Tribune

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Commentaires
a écrit le 23/06/2017 à 11:41 :
"Se précipiter avec violence sur quelqu'un, sur quelque chose : Les assaillants se ruèrent sur eux.
Littéraire. Se jeter avec impétuosité dans une action : Se ruer à l'attaque.
S'élancer en masse, avec précipitation ou en désordre vers ou dans un lieu : À l'ouverture des portes, le public se rua dans la salle."

Définition de se ruer. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/se_ruer/70210
a écrit le 23/06/2017 à 9:57 :
On comprend bien que vous gagniez bien votre vie grâce au "plan juncker" mais franchement ça se voit un peu trop. Par ailleurs soutenir, une énième fois des groupes comme arcelor mittal ou peugeot est-ce que ce n'est pas du grand n'importe quoi ?

L'état subventionne sans cesse les multinationales pour quoi ? Pour qu'elles soient incapables de se défendre seules au final ? Pour qu'elles aient sans arrêt besoin de maman état ?

Ils sont où les libéraux là qui n'arrêtent pas d'aboyer pour que les salariés soient payés toujours moins chers pour des conditions de travail toujours plus mauvaises et pour que l'état arrête de donner de l'argent aux pauvres ? Vous êtes pas choqué de cet engloutissement d'argent public par les plus gros ?

Bref notre économie n'est qu'une escroquerie. Voilà le genre de projets douteux que finance la BEI:

"Qui a tué Berta Cáceres ?" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/RAIMBEAU/56454

Mais bon quand on sait que ce sont des gens du genre juncker qui décident hein...
Réponse de le 23/06/2017 à 12:27 :
c'est d'ailleurs le même Juncker qui pour une EUROPE NOUVELLE, comme claironné par Macron, est à la manœuvre pour qu'un parquet européen soit mis en place au Luxembourg, pour - non ne riez pas - combattre la criminalité financière !!!!
Réponse de le 23/06/2017 à 16:11 :
Merci pour l'info et en effet difficile de se retenir de rire, je pense que aidé de sarkozy et balkani cela irait encore plus vite !

Mais si il faut rire, ne pas oublier que "l'humour est la politesse du désespoir."

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