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Blacknut :  le "Netflix rennais du jeu vidéo" sera lancé en 2017

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Ce futur service de distribution de jeux vidéo dans le nuage, que la startup rennaise éponyme prévoit de commercialiser entre le deuxième et troisième trimestre 2017, se veut bien plus : une marque multi-écrans avec une approche très éditorialisée.
Ce futur service de distribution de jeux vidéo dans le nuage, que la startup rennaise éponyme prévoit de commercialiser entre le deuxième et troisième trimestre 2017, se veut bien plus : une marque multi-écrans avec une approche très éditorialisée. (Crédits : Blacknut)
Pour commercialiser courant 2017 son service éditorialisé de jeux vidéo, la jeune entreprise rennaise Blacknut a levé 600.000 euros sur la plate-forme de financement  participatif GwenneG, et devrait boucler en cette fin d'année une levée de fonds plus conséquente. Qualifiée de "Netflix du jeu vidéo", la future offre OTT ne vise pas les « hardcore gamers » mais un public large voire familial de 500.000 abonnés sous cinq ans. En France et à l'international.

En matière de cloud gaming, Blacknut ne se voit ni en concurrent des offres déjà proposées par les opérateurs, comme celles de Bouygues Télécoms, pionnier dans ce domaine, ou d'Orange, ni comme celui des consoles de jeu.

Ce futur service de distribution de jeux vidéo dans le nuage, que la startup rennaise éponyme prévoit de commercialiser entre le deuxième et troisième trimestre 2017, se veut bien plus : une marque multi-écrans avec une approche très éditorialisée.

Distribuée en direct via les TV connectées (Samsung, LG, TCL), les appareils de type Apple TV ou Chromecast, sur internet ou intégrée dans l'offre jeu des opérateurs, la future plate-forme prépare le lancement d'une version Beta au premier trimestre de l'année prochaine.

Blacknut a toutefois déjà testé son marché fin novembre en finalisant une levée de fonds de plus de 600.000 euros sur la plate-forme bretonne de financement participatif GwenneG. Grâce à une trentaine de souscripteurs, le projet a largement dépassé son objectif de 500.000 euros. Un bon signe avant la première levée de capitaux (1M€ environ) qui sera bouclée d'ici à la fin de l'année.

Netflix pour la technologie, Canal+ pour l'éditorialisation

« Notre différence, c'est notre dimension multi-écrans et notre approche éditoriale. Nous utilisons les technologies du cloud et du très haut débit afin de fournir un  catalogue de jeux varié, récent et indépendant, à un public large »  relève Olivier Avaro, président de Blacknut, société qu'il a co-fondée en janvier 2016 avec Eric Bustarret, devenu directeur technique. Ingénieur spécialiste du codage audio et vidéo et ancien dirigeant de Streamezzo (logiciels pour la téléphonie mobile), un essaimage d'Orange revendu en 2010 à Amdocs, Olivier Avaro connaît la problématique des services OTT. Il est même convaincu qu'après la numérisation de la musique (Spotify, Deezer) et de la vidéo (Netflix), « le jeu  vidéo est le dernier média qu'il restait à dématérialiser ».

Blacknut prévoit donc de donner accès, en streaming (sans téléchargement), à un catalogue de 200 jeux au lancement, 1 500 à 1 800 sous 18 mois, et fournira aussi un moteur de recommandation. En cela, la plate-forme se revendique de Netflix, le service américain de vidéos à la demande par abonnement. Elle s'inspire aussi de la Wii pour la démocratisation du jeu, et de Canal + pour l'éditorialisation haut de gamme. À la différence de ses concurrents, au catalogue souvent limité, Blacknut a choisi de s'adresser au grand public.

« Nous ne visons pas le  joueur passionné ou «  hardcore gamer » car les 25-49 ans sont notre cœur de cible affirme Olivier Avaro. La variété de notre catalogue pourra néanmoins intéresser l'ensemble de la famille. » Pour un abonnement mensuel dont le modèle devrait s'orienter vers une offre unique à moins de 20 € plutôt que vers deux offres ( 9,99 € et 19,99 €), Blacknut proposera aussi des jeux ludo-éducatifs pour les enfants, des jeux de société pour les seniors et même des jeux rétro ou vintage.

Partenariat avec les éditeurs : Shelter II et Toybox Turbo au catalogue

L'ensemble est sourcé et structuré par les deux autres hommes de la start-up, Oscar Barda, surnommé le «Bernard Pivot des jeux vidéo» et Nabil Laredj, ancien d'Electronic Arts et de Gameloft.

Sans publicité, le service qui souhaite constituer un écosystème avec une communauté d'abonnés via une application dédiée, étoffe peu à peu son catalogue en nouant des partenariats avec les éditeurs de jeux. « Nous avons déjà signé des accords avec des éditeurs indépendants prestigieux comme Might&Delight pour des titres à succès comme Shelter II, mais aussi de gros éditeurs comme Codemasters qui nous fournit par exemple Toybox Turbos, un jeu de course très famille se réjouit Olivier Avaro. Blacknut dispose aussi de titres cultes comme Another World. »

Partant du constat que le panier moyen pour le jeu vidéo est plus élevé que pour la série, et que la moitié de la population joue, l'entreprise de 10 personnes mise sur une montée en puissance rapide et vise 500 000 abonnés à 5 ans. Lauréate du concours d'innovation numérique de BPI France en juin dernier, Blacknut est accompagnée depuis ses débuts par le programme Emergys de Rennes Atalante, et installée au sein de l'incubateur de Télécom Bretagne. En 2018, et après une nouvelle levée de fonds, elle compte aborder le marché européen, puis les Etats-Unis et le Canada.

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ENCADRE

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GwenneG : un soutien de 300.000 euros de la Caisse des dépôts

Une cinquantaine de projets économiques comme Blacknut ont déjà trouvé des financements sur la plate-forme de crowdfunding bretonne GwenneG.

Lancée en 2015, celle-ci a permis aux entreprises de lever plus d'un million d'euros auprès de particuliers mais aussi d'investisseurs. Sa montée en puissance rapide lui vaut d'être soutenue depuis fin novembre par la Caisse des dépôts. Ce soutien financier expérimental se traduit par une souscription d'obligations convertibles à hauteur de 300 000 € qui s'effectue en partenariat avec le Conseil régional de Bretagne. La Région apportera un cofinancement de 100 000 € sous forme d'avances remboursables. Pour GwenneG, qui regroupe plus de 130 dirigeants bretons à son capital, l'objectif est de financer plus de 300 projets économiques à hauteur de 20 M€ cumulés à horizon 2020, avec création ou maintien de plus de 3 000 emplois sur le territoire. P. P.-L.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2017 à 17:43 :
Metaboli a déja lancé ce genre de service de Games and Demand en 2004.
Avec un riche catalogue de jeux AAA.
Malheureusement ça na pas fonctionné dans le temps, les éditeurs demandant toujours plus de minimum garantie.
a écrit le 22/12/2016 à 9:59 :
J'ai déjà eu l'occasion de passer un jeu en ligne utilisable normalement seulement sur un pc fixe avec un navigateur de smarphone fonctionnant par le nuage: puffin free, c'était quasiment identique malgré cette (___) de flash, impressionnant!, aucun autre navigateur androïd n'avais jamais réussi à le lancer malgré 2 go de ram.
Souhaitons à cette société bretonne d'imposer le html à tous les éditeurs de jeu et refuser toute application en flash, il faut éradiquer ce truc de la toile et obliger les informaticiens fainéants à reprendre leurs études ou prendre leur retraite, ils ont fait bien trop de dégats de l'entrée de virus à d'autres soucis plus ennuyeux.
Réponse de le 03/02/2017 à 0:27 :
Alors laisse moi te dire que généralement, lorsqu'un développeur utilise du flash, c'est par fénéantise mais par manque de temps.
Généralement, dans l'industrie du jeu vidéo, quand un chef de projet pense qu'il quatre ans pour faire un jeu, son supérieur lui en donne deux.
Réponse de le 03/02/2017 à 17:26 :
@ Marie,
donc la question se pose : est-ce plus long pour un développeur maîtrisant parfaitement les deux technologies de faire du html?
Nous utilisateurs, on en bave à faire tourner ce truc qui plante la mémoire, fait tourner proc et disques durs à donf pour un usage ridicule etvider les accus en passant.
C'est comme si on prenait un tracteur Claas de 400cv pour aller en ville.
a écrit le 21/12/2016 à 16:35 :
"À la différence de ses concurrents, au catalogue souvent limité, Blacknut a choisi de s'adresser au grand public."
Pas forcément : Au 21 décembre 2016 sur le même créneau familial, la start-up néerlandaise Utomik propose 405 jeux dont 29 rajoutés en novembre 2016 pour 6 euros/mois pendant la durée de la bêta...
a écrit le 21/12/2016 à 15:53 :
Un modèle économique solide (ou pas) !

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