La Tribune

World Cuisine Summit : une occasion pour dénoncer le gaspillage alimentaire mondial

La Bowlangery, un concept de restaurant présenté au World Cuisine Summit. Son utilisation intelligente des bas morceaux peut être une réponse au gaspillage. © World Cuisine Summit
La Bowlangery, un concept de restaurant présenté au World Cuisine Summit. Son utilisation intelligente des bas morceaux peut être une réponse au gaspillage. © World Cuisine Summit (Crédits : World Cuisine Summit)
Laurence Jaillard, à Lyon, Acteurs de l'économie  |   -  354  mots
L'écrivain et historien britannique Tristram Stuart a rappelé que dans les pays industrialisés, chaque adulte jette entre 95 à 115 kg de nourriture par an... Le héraut de la lutte contre le gâchis alimentaire a tenu à marquer les esprits lors du premier World Cuisine Summit s'est déroulé à Lyon en marge du Salon international de la restauration, de l'hôtellerie et de l'alimentation.

Tristram Stuart est cet écrivain « so british » qui revendique un passe-temps favori : l'inspection non officielle des poubelles. Venu à Lyon pour participer au SIRHA (Salon International de la Restauration Hôtellerie Alimentation) et à son premier « World Cuisine Summit » qui se sont tenus cette semaine, il aurait aimé plonger dans les poubelles de son hôtel pour en exhiber les « trésors » devant la docte assemblée. Illustrant ainsi ce gaspillage alimentaire mondial qu'il dénonçait dans son livre Waste (Penguin, 2009).
Dans les pays industrialisés, chaque adulte jette entre 95 à 115 kg de nourriture par an, un tiers de la production alimentaire échoue dans les poubelles, 46% du poisson pêché de même... Et dans le même temps, 950 millions de personnes sur la planète se couchent en ayant faim. Pour nourrir les 9 milliards d'humains en 2050, il faudra augmenter de 60% la production alimentaire.
« Tout ce gaspillage tue notre âme, tue notre environnement », s'emportait Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food qui vouait aux gémonies l'agriculture intensive : « Elle dévore 76% de nos ressources en eau. C'est très bien de parler de développement durable, mais cela reste du blabla si nous ne changeons pas radicalement nos comportements ». Selon lui, cela passe par un recentrage sur le territoire (manger local) et surtout par l'éducation des enfants : «Mettons des potagers dans les écoles ».

Mesures anti-gaspis

Le Sommet a rassemblé des professionnels du monde entier (industriels, chefs, responsables des grandes chaines de restauration...) dans le but de faire émerger des tendances pour le futur. En cette période particulière où chacun a bien conscience de des limites de la planète. Ainsi, Olef Koch, directeur général de Métro Allemagne, a évoqué les initiatives prises par le groupe pour freiner le gaspillage.
Pour Jérôme Péribère, directeur général de Sealed Air USA, les l'industrie disposent de solutions en termes de traçabilité, de packaging, pour ce même objectif. Résolument optimiste, il a lancé : «Grâce à l'innovation, les entreprises améliorent leur process pour produire plus en respectant l'environnement ». Certes. Encore faut-il ne pas gaspiller leur production.

 

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