Qui veut s'attaquer à l'inoxydable Eurovision ? Des start-ups relèvent le défi

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Créer un Eurovision participatif ? Les start-ups musicales européennes y croient !
Créer un Eurovision participatif ? Les start-ups musicales européennes y croient ! (Crédits : DR)
Plusieurs start-ups européennes mettent leur force de frappe en commun pour créer l’EuroMusic Contest, un concours des jeunes talents européens sensé dépoussiérer le genre… et faire de l’ombre à l’Eurovision.

Un autre concours de l'Eurovision est-il possible ?  "Jamais!" s'offusqueront certains inconditionnels. Pourtant, de plus en plus de jeunes, pourtant collés à leurs casques audio, délaissent le programme, le jugeant "trop kitsch".

C'est à partir de ce constat que Quentin Lechémia, fondateur et CEO de MyBandMarket, première plateforme de mise en relation entre artistes et bookers, et la start-up anglaise Div'Up ont décidé de passer à l'offensive en créant le premier concours musical européen 2.0, sans bimbo allemande s'ébrouant dans le potage grossier d'une bande son retraçant l'histoire de la techno. L'objectif de l'EuroMusic Contest ? Ressembler davantage au concours tremplin des Eurockéennes de Belfort qu'à La France a un incroyable talent

 

L'engagement comme gage d'audience

 

Quentin Lechémia s'explique :

 

 "L'Eurovision est un programme au format archaïque, inadapté à cette génération que l'on appelle Y et dont je fais partie. Nous voulons permettre à tous de pouvoir participer à ce concours : les inscriptions sont ouvertes aux artistes de 40 pays avec pour seule condition de pouvoir assurer une prestation live. Ensuite, les internautes sélectionneront eux-même les groupes qui les représentent, contrairement à l'Eurovision.

 

De quoi éviter les déconvenues - récurrentes dans le choix des artistes portant haut et fort nos couleurs sur la scène européenne. L'année dernière, Amandine Bourgeois, forte d'une triste victoire lors d'une lointaine saison de la Nouvelle Star, avait été choisie (par un sombre comité réuni par France Télévisions) pour représenter la France au concours.

La jeune chanteuse pouvait alors résumer sa carrière en un single contractuel radiodiffusé et une série de concerts dans les casinos de la Côte d'Opale annulés faute de billets vendus. Avec un CV comme celui là, difficile de mobiliser les Français devant leur écran le jour J : "seulement" 2 700 000 de nos concitoyens ont suivi le direct l'an dernier, soit près de 50% de moins qu'en 2009, et la crise n'y était pour rien.

 

Pour faire vraiment de l'ombre à l'institution musicale européenne, les organisateurs misent donc sur l'engagement du public à suivre l'artiste qu'ils ont sélectionné, et parient que les musiciens plébiscités perdureront au delà de la finale du concours, diffusée en direct et sans obligation de paiement sur internet en mai 2014.

 

Une initiative européenne innovante

 

Le projet est ambitieux et il lui aurait été difficile de voir le jour sans la participation d'autres start-up de l'industrie musicale européenne. Ainsi, la société suisse iConcerts, chaîne multimédia consacrée à la musique live produira le show final à La Cigale, à Paris, et sera épaulée par les suédois de SwarmPlanet, dont le système de streaming unique permet d'avoir, même en 3G, une connexion HD avec seulement trois secondes de latence. Idéal pour regarder le concert sur son smartphone, sa tablette, ses Google Glass ou sa smartwatch.

 

Si l'équipe cherche encore des sponsors, l'on sait déjà que les barons européens de la musique en ligne, comme Soundcloud ou Jamendo feront partie de la fête, permettant une "une visibilité énorme" selon les organisateurs.

 

Ils ont également contribué à convaincre des investisseurs privés à rassembler le budget nécessaire à la mise en place du concours (budget qui peut toutefois être complété sur KissKissBankBank), soit 100 à 150 000 euros, bien loin des 14,5 millions d'euros qu'ont coûté l'Eurovision l'an dernier à la Suède, des 33 millions dépensés en 2009 à Moscou, ou des 100 millions déboursés par Azerbaïdjan en 2012. Les web-natives peuvent-ils vraiment rivaliser ? Réponse en 2014.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2013 à 22:54 :
La seule chose qui soit inoxydable pour l'Eurovision, est comme son nom le dévoile, le soutien indéfectible de tous les promoteurs de la grande Europe. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si comme pour d'autres compétitions "européennes" on y retrouve tout un tas de pays qui n'ont rien à faire en Europe. Toujours les mêmes d'ailleurs.

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