La Tribune

Le robot Oz veut assister l'agriculture bio

Le robot de Naïo Technologies bine les rangs de légumes, évitant aux maraîchers d’utiliser des désherbants. / DR
Le robot de Naïo Technologies bine les rangs de légumes, évitant aux maraîchers d’utiliser des désherbants. / DR
Erick Haehnsen  |   -  435  mots
À peine sortis de l’école, deux jeunes ingénieurs roboticiens passent par le crowdfunding et un FabLab pour amorcer la commercialisation d’un robot capable de désherber les rangs de légumes.

En agriculture bio, pas question d'utiliser des pesticides pour désherber. Or, les mauvaises herbes poussent tous les jours… Pour s'en débarrasser, pas d'autre moyen que de les arracher à la bineuse.

Et c'est là que le bât blesse : cette opération reste physiquement pénible et les maraîchers peinent à trouver de la main-d'œuvre à un prix acceptable. Un constat que dresse un jeune ingénieur roboticien toulousain, Gaëtan Séverac, lors de la Fête de l'asperge à Pontonx-sur-l'Adour (Landes).

Nourrissant le rêve de créer des robots, il approfondit la question avec un ami de la même formation, Aymeric Barthes. C'est clair, il y a un marché : la petite robotique de maraîchage. Les deux compères créent la start-up Naïo Technologies à Toulouse. Reste à concevoir et à fabriquer un prototype ayant valeur de preuve de concept.

Aussi Facile à utiliser qu'un lave-linge

« Nous nous sommes tournés vers le FabLab Artilect de Toulouse où nous avons pu être conseillés et uti-liser des machines », explique Aymeric Barthes, un président d'à peine 26 ans.

Les deux ingénieurs entrepreneurs lèvent 8.000 euros sur la plate-forme de crowdfunding Ulule et 85.000 euros en Love Money. Naïo Technologies fait alors fabriquer la plate-forme robotique par la société Lapeyre, à Bram, dans l'Aude.

Outre la conception générale du système, les deux ingénieurs développent le stratégique logiciel de navigation du robot entre les rangs de légumes qui rend la machine aussi facile à utiliser qu'un lave-linge.

Baptisé Oz, ce robot magique se repère dans son environnement à l'aide d'une caméra vidéo et bine sans tasser le terrain.

« L'agriculteur n'a plus besoin de désherber. Et encore moins d'utiliser de désherbants », souligne Aymeric Barthes.

En pleine saison, faute de pouvoir le faire régulièrement, les maraîchers doivent désherber en « rattrapage », soit 12 heures pour une rangée de 100 m de long. Autonome, Oz passe sans arrêt pour désherber dans les rangs. « Il désherbe une rangée de 100 m en 7 minutes », soutient l'ingénieur.

Naïo Technologies, qui voudrait passer de cinq à huitpersonnes l'an prochain, continue de fabriquer ses produits à la pièce et d'utiliser le FabLab Artilect pour usiner les boîtiers des modules électroniques.

« Depuis août, nous avons vendu en direct quatre robots à 24.000 euros pièce », précise Aymeric Barthes qui, à terme, compte passer par des réseaux de revendeurs de matériel agricole.

« Nous espérons lever 500.000 euros sur la plate-forme de crowdfunding SmartAngels.fr, destinée aux investisseurs qui voudront prendre des participations au capital de l'entreprise. »

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Commentaires

Photoscope  a écrit le 22/11/2013 à 14:11 :

Pour une fois qu'une innovation n'est ni une escroquerie, ni une arme de guerre, qu'elle va (a priori) dans le sens de l'écologie, et qu'en plus elle est française, çà mérite vraiment d'être souligné ! Bravo les gars.

balzac  a écrit le 22/11/2013 à 11:54 :

un article génial , si cela permet de créer des emplois pour concevoir ces robots , cela pourrait avoir d'autres effets positifs aussi , quand on voit ce qui se passe avec des personnes employés pour des salaires de misères a ce casser le dos , voir meme des petits entrepreneurs qui sont obligés de se démolir physiquement pour survivre .. espérons que cette invention bien pratique ne sera pas trop chère pour les clients ? .. enfin quelque chose qui va dans le bon sens avec de bonnes retombées économiques ..