À 300 euros, la Nintendo Switch est-elle trop chère ?

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Sur le papier, l'offre du géant japonais de l'électronique est très correcte.
Sur le papier, l'offre du géant japonais de l'électronique est très correcte. (Crédits : Nintendo.)
Les caractéristiques de la console sont inférieures à celles des PS4 et Xbox One sorties trois ans auparavant. Mais Nintendo n'a jamais vraiment compté sur la puissance pour battre la concurrence.

Après avoir présenté en surface à la mi-octobre sa nouvelle console hybride, la Switch, Nintendo a révélé ce vendredi 13 janvier qu'elle sera commercialisée à compter du 3 mars pour 300 euros (prix estimé puisque aucun prix n'a été communiqué en euro mais que le prix aux États-Unis a été fixé à 299,99 dollars), soit plus cher qu'attendu, les dernières rumeurs faisant part d'un prix de vente autour de 250 euros, à l'instar des consoles concurrentes de Microsoft et Sony dont le prix de vente initial a baissé au fil des années.

Sur le papier, l'offre du géant japonais de l'électronique est très correcte. Outre la console et les câbles essentiels (adaptateur secteur et HDMI), la boîte contiendra notamment les manettes Joy-Con gauche et droite ainsi que leur support permettant de les combiner en une seule manettes, et une station d'accueil assurant la connexion au téléviseur. Le côté divisible de la manette permettra à deux personnes de rivaliser sur certains jeux - au hasard "1-2 Switch", "Arms", "Mario Kart 8 Deluxe" ou encore "Snipperclips", tous présentés ce jour -, là où les offres concurrentes ne proposent qu'une manette unique. En mode portable, la batterie de la console permettra d'y jouer entre 2h30 et 6h, mais les jeux "phare", comme "Zelda ; Breath of the Wild", seront nettement dans la fourchette basse, avec une durée moyenne de jeu estimée à 3 heures. Il sera toutefois facile de recharger puisque la console dispose d'un connecteur USB Type-C.

Des performances techniques inférieures à la concurrence

Au premier abord, le prix de vente initial semble très attractif, surtout pour une console jouable et chez soi, et en extérieur. Des analystes interrogés en octobre par le site spécialisé GamesIndustry.biz avaient estimé que 299 euros (ou dollars sur le marché américain) représentait un plafond à ne pas dépasser pour garder toutes ses chances face à la concurrence. Certes, les premiers modèles de la PS 4 ont été mis en vente 399 euros fin novembre 2013, tandis que la Xbox One était vendue plus chère  : 499 euros du fait du Kinect, le modèle sans Kinect, vendu 100 euros de moins, n'arrivant sur le marché qu'en juin 2014. Mais trois ans ont passé, ces consoles ont vieilli, et leur prix a été nettement revu à la baisse, chacune étant disponibles pour 250 euros. Cela ne les empêche néanmoins pas de rester hautement compétitives et attractives pour les joueurs à la recherche de graphisme de haute qualité.

Depuis la Wii en 2006, Nintendo n'a pas connu de réel succès dans les consoles. Un graphique de notre partenaire Statista.

C'est justement là l'un des principaux reproches fait à la Switch : ses caractéristiques techniques. L'appareil semble en effet souffrir de son côté hybride, contraignant au niveau du poids et de la taille des pièces installées, alors qu'il est censé permettre à Nintendo de sortir de sept années consécutives de baisses de ventes de consoles, tant portables que de salon. Certes, la Switch est équipée d'un écran LCD intégré mais de ce que l'on sait, elle n'offre que 32 Go de mémoire, un chiffre extrêmement bas comparé à la concurrence - les Xbox One et PS 4 sont capables de stocker entre 500 Go et 1 To - , d'autant plus à l'heure où de plus en plus de joueurs optent pour le dématérialisé, comme le souligne The Verge. Sur ce point, Nintendo peut toutefois se rattraper grâce aux cartes micro-SD, offrant un espace de stockage peu encombrant et à moindre prix, et permettant également d'attribuer à chaque carte son jeu, selon le site spécialisé.

     | Lire Jeux vidéo : pourquoi la dématérialisation ne fait pas baisser les prix

Du côté des graphismes, la Switch utilisera bien une carte Nvidia dernière génération mais la version personnalisée utilisée dans la machine ne permettra pas aux logiciels de la console d'offrir la même fidélité graphique que les plus beaux jeux PS4, sortie il y a pourtant trois ans, mettait déjà en garde en décembre le site VentureBeat. Même constat au niveau de la puissance du processeur (CPU) et de la mémoire RAM, là aussi moins performants que ceux de la PS4 et de la Xbox One comme l'avait analysé FrAndroid. Dans son comparatif, le site spécialisé notait néanmoins - et c'est un avis partagé par plusieurs observateurs - que ces faiblesses techniques ne sont pas forcément importantes pour Nintendo, le constructeur s'étant par le passé démarqué surtout par le large choix de jeux propres à sa marque et un gameplay innovant, mettant beaucoup en avant l'aspect multijoueur en local.

Pas étonnant alors que le président de Sony Worldwide Studios, Shuhei Yoshida, ne considère pas la console comme une concurrente de la PS4, estimant dans une interview accordée début décembre au site web britannique Digital Spy que ce "système vraiment unique [...] couvrira un nouveau marché". Après des succès mitigés dans le mobile, Nintendo l'espère en tout cas.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2017 à 2:23 :
c'est pas 300 mais 329 ouai on se fait pigeonner de 30€ merci micromania and co

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