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Florence Puybareau | 09/11/2011, 20:01 - 997 mots
Depuis trois ans environ, un concept fait fureur dans le monde du high-tech : celui de Cloud Computing ou, pour reprendre la traduction française, « d'informatique dans le nuage ». Pas un salon spécialisé, pas une revue informatique, pas une nouvelle offre logicielle qui ne fasse référence au « Cloud ». Même Apple s'est converti à cette terminologie en lançant son nouveau service de stockage des données personnelles, « iCloud ». Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), en 2011, le marché du Cloud devrait atteindre plus d'1 milliard d'euros en France avec une progression de près de 30 % en un an.
Mais si le terme est de plus en plus utilisé, sa véritable signification reste floue, voire brumeuse, pour bon nombre d'entreprises. Le principe du Cloud est pourtant assez simple. Il repose sur deux piliers : d'une part la mutualisation de serveurs informatiques et d'autre part la location de ressources. Le Cloud Computing a été inventé en 2002 par Amazon, qui cherchait un moyen de rentabiliser ses énormes parcs de serveurs informatiques dimensionnés pour absorber la charge importante des commandes des fêtes de Noël, mais plutôt inutilisés le reste de l'année. Le leader mondial du e-commerce a alors eu l'idée de louer cette puissance informatique à des entreprises.
Cependant, à la différence de ce qui se faisait jusqu'alors avec l'infogérance (où les entreprises font héberger leurs données à l'extérieur sur des serveurs qui leur sont alloués personnellement), le Cloud ne propose pas des serveurs dédiés aux clients. Simplement de la place et de la puissance de calcul pour stocker ou faire circuler les données sur n'importe quel serveur en fonction de la disponibilité. Par la suite, d'autres acteurs comme Microsoft, Google, IBM, HP, etc., également propriétaires de grands datacenters ont emboîté le pas à Amazon. Et les offres ont commencé à s'enrichir et à se diversifier.
Intérêt multiple
On peut les diviser aujourd'hui en trois grandes familles: le SaaS (Software as a Service), le IaaS (Infrastructure as a Service) et le PaaS (Platform as a Service). Ces deux derniers modes sont encore peu usités car ils touchent au cœur de l'infrastructure informatique de l'entreprise et relèvent d'un véritable choix stratégique.
En revanche, l'usage du SaaS monte en flèche. Dérivé d'un modèle plus ancien baptisé ASP (Application Service Provider), le SaaS repose sur la location de logiciel : l'entreprise loue une application (de comptabilité, de gestion de la relation client, de messagerie...) et paie une redevance en fonction des modules dont elle a besoin, du nombre d'utilisateurs et du volume de données échangées. Le logiciel n'est donc plus installé sur le serveur de l'entreprise mais chez l'éditeur et l'accès à l'application se fait par Internet. Quant aux données, elles sont également hébergées à l'extérieur, parfois chez l'éditeur du logiciel mais le plus souvent dans les datacenters des professionnels de l'hébergement.
L'intérêt pour l'entreprise est multiple : elle n'achète pas la licence du produit et donc son investissement passe du Capex à l'Opex, ce qui, dans le cadre des dépenses informatiques, est très apprécié des directeurs financiers en période de crise. Par ailleurs, elle n'a plus à s'inquiéter des mises à jour du logiciel puisque c'est le fournisseur qui s'en charge directement (en général une ou deux fois par an) en lui faisant même profiter des enrichissements réclamés par les autres clients.
Et, surtout, une application SaaS peut être implantée deux ou trois fois plus rapidement qu'une solution classique car elle a moins d'impact sur le système d'information. Tous ces avantages expliquent que le SaaS a d'abord conquis les PME car il leur donne la possibilité d'accéder à des solutions professionnelles sans devoir faire de lourds investissements logiciels. Ce mode a également l'avantage de pallier les manques de compétences internes puisque la maintenance, les mises à jour et les problèmes techniques sont pris en charge par l'éditeur.
Négociation contractuelle
De leur côté, les grandes organisations ont été un peu plus réticentes à adopter le Cloud. Notamment pour des raisons de sécurité. Car avec le Cloud Computing, les données ne sont plus dans l'entreprise mais chez l'éditeur ou le prestataire hébergeur qui, le plus souvent, dispose de serveurs aux quatre coins de la planète.
Par ailleurs, ces données peuvent être stockées sur les mêmes serveurs que celles d'un concurrent en fonction de la disponibilité des machines. Dans ce cas, comment être certain qu'il n'y aura pas intrusion ou piratage et que seule l'entreprise aura accès à ses données ? « Le Cloud Computing n'est pas une zone de non-droit, prévient Arnaud David, avocat Associate chez Baker & McKenzie. Les accords passés avec le fournisseur relèvent de la négociation contractuelle. Les recommandations qui sont faites par des organismes officiels comme l'Anssi (l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) ou la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) sur les données sensibles prévalent pour les prestataires de Cloud. Même les sous-traitants ont des obligations de sécurité. » Par exemple, les données médicales n'ont pas le droit d'être hébergées en de- hors de la France et certaines informations ne peuvent sortir de l'Union européenne.
Mais pour les experts, plus que la localisation géographique des don- nées, c'est leur disponibilité et la qualité de service qui doivent être particulièrement précisées dans le contrat. C'est-à-dire que l'entreprise doit avoir la certitude que les données restent accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, que les montées en charge lors des pics d'activité sont prises en compte (par exemple pour un site de e-commerce au moment de Noël) et qu'en cas de problème (panne de serveurs, saturation de la bande passante...), le presta- taire maintienne ou au moins rétablisse le service dans un temps très court. Des éléments finalement assez similaires à ceux qui figurent déjà dans les contrats d'info- gérance. C'est pourquoi, pour beaucoup de spécialistes du secteur, le Cloud s'apparente plus à une évolution dans la manière de consommer les ressources informatiques qu'à une véritable révolution technologique.
NOTRE DOSSIER
Un nouveau modèle économique pour les éditeurs
La recherche médicale abritée par le nuage
Interview : "Le Cloud Computing est un service à la demande"
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pmxr a écrit le 23/11/2011 à 18:26 :
.... sachez que certains nuages apportent la pluie !
pmxr a écrit le 23/11/2011 à 18:25 :
Je le pratique en cryptant les données ! C'est pas légal ... en 128 bits ... une sorte de machine "ENIGMA"
balzac a écrit le 16/11/2011 à 09:45 :
encore un bazar inutile et couteux et dangereux , on delocalise les fichiers qui peuvent se balader n'importe ou sur la planete ( en gros les nuages ) , avec le risque de voir d'autres s'y interresser de près sur cette aberation , dejà qu'on a delocalisé les dettes souveraines des etats a des fonds privés , alors là encore plus fort dans l'absurditée , j'aimerai bien delocaliser mes toillettes aussi c'est possible ??
kizoule a répondu le 23/11/2011 à 17:50:
Quand bien même la liberté d'expression est primordiale, pour faire ce genre de remarque vous pouvez vous les localiser ou bon vous semble mais pas en commentaire a ce genre d'article ....
Gad a écrit le 15/11/2011 à 18:22 :
Ce serait bien de revoir votre traduction de l'expression "cloud computing" car "l'informatique dans le nuage" ne veut rien dire du tout. D'ailleurs on n'est plus à l'ère de l'informatique mais à celui du traitement, du stockage et de l'accès à l'information à la demande, depuis n'importe quel dispositif et n'importe où. C'est l'ère de l'infrastructure de services.
Broncolino a répondu le 30/11/2011 à 10:16:
En gros l'ère du n'importe quoi très vite. Trêve de plaisanterie, à vouloir tout faire n'importe où sans réfléchir on oublie des notions basiques telles que la protection de ses données sensibles et la qualification des informations reçues. Sans revenir à l'age de pierre, on pourrait peut-être recommencer à rendre à la réflexion ce que la réaction (ne pas confondre avec action) lui a prise. Quand à l'ère de l'infrastructure de service je me permet de sourire. Commençons déjà par l'ère du service bien rendu, il sera toujours temps alors d'étendre à l'infrastructure ...
Plop a écrit le 11/11/2011 à 16:27 :
L'évolution est à trouver dans le service apporté: automatisation, rapidité d'implémentation, coûts inférieurs (et pour une PME, ça fait la différence entre devoir installer toute son infrastructure, ou la faire installer, et faire le tout "dans le nuage"). A ce niveau là, et dans quelques années, la fracture sera claire. Par contre il faut être très précautionneux avec les données (surtout en Cloud publique), et ne pas y stocker n'importe quoi (vive le Patriot Act et les contrats tout aussi brumeux que les services qu'ils proposent...) C'est encore en développement et tous les outils ne sont clairement pas sortis pour utiliser correctement le Cloud. Par contre c'est clairement ce vers quoi tendent les DSI, même si le terme a une (grosse?) connotation marketing...
David a écrit le 11/11/2011 à 07:34 :
Je me souviens qu'il y a quelques années (fin des 90's/début 2000),on parlait de logiciels en mode asp... mode de vente qui a eu un certain succès mais qui s'est avéré très couteux pour les clients et les éditeurs (l'éditeur ayant à prendre en charge un coût de data centers et de connectivité trop élevé). Pour maintenir le truc, on a édulcoré le discours en parlant de mode SaaS (software as services). Problème, ce n'était pas très vendeur car finalement les clients l'assimilaient à un mode de financement (car de service i n'en était bien entendu pas question). Resultat, on a regardé ce que fait apple, on a trouvé un mot magique, le Cloud... et ca fait vendre. Bref, pas grand chose de nouveau, si ce n'est un mot...
toccata a écrit le 10/11/2011 à 16:29 :
De ce que j'en ai vu jusqu'à présent, le "cloud" est un intitulé un peu abstrait employé par des personnes incompétentes en informatique (commerciaux?). Etre "dans le cloud", c'est "être in". Basta. On repassera pour les exemples d'applications concrètes ou les explications techniques. Ceux qui ont besoin des services dématérialisés n'ont pas besoin que l'on leur explique, pas besoin de médiatisation. La communication sur le "cloud" s'adresse aux autres, les pigeons. Le "cloud" c'est la nouvelle mode que les SSII cherchent à imposer, par nostalgie des juteux épisodes "course au web", "passage à l'an 2000", "passage à l'euro". Méfiance, les SSII n'ont aucune expertise technique. Ce sont des marchands de viande (location de main d'oeuvre) menées par des commerciaux peu scrupuleux. Je connais une SSII qui pour promouvoir le "cloud computing" a entrepris de se l'appliquer à elle-même en partennariat avec un géant de l'informatique. Jusqu'à ce jour la seule révolution concrète a été de remplacer les serveurs mails de l'entreprise par un service webmail (géré par le géant de l'informatique), rendant dorénavant impossible la redirection des mails vers les terminaux mobiles!!! Ce n'était pas mieux avant, nan, c'est déjà ça avant avant. Webmail c'est ce qu'il y avait au début de la popularisation d'internet, au milieu des années 90...
jamesbond a écrit le 10/11/2011 à 13:54 :
moi j'y connais que dalle... mais d'apres tout vos commentaires, c'est donc de la merde ...
moutarde a écrit le 10/11/2011 à 12:41 :
Voici encore un exemple du ridicule de l'informatique dans l'entreprise : est ce plus sur qu'avoir quelques bons comptables informaticiens dans la boite ? Pas de connexions dans les nuages mais en interne donc pas de fuites ,qualité des services obtenus certainement meilleure ....et surtout ,pas d'intervenants étrangers .Meme les petites boites peuvent avoir des logiciels performants de nos jours .Il est vrai que maintenant on vous demande de prendre une deuxieme assurance pour ne pas avoir de probleme si la premiere fait défaut !!!!! et apres , on vous proposera une troisieme pour le cas ou les 2 premieres feraient défauts !!!Mais , quel monde vivons nous ?
yannpiot a écrit le 10/11/2011 à 12:14 :
un exemple: Confier la gestion de ses données comptables à un tiers? Certes, mais au prix de gros risques. Admettons que votre entreprise soit dans un état morose et que vous êtes en retard sur le paiement de votre facture? le service saute, plus de compta. C'est le coup de grâce de votre boite. En conclusion, un minimum de prudence et une bonne mesure du ratio risques/profits sont de mise.
bobyone a répondu le 10/11/2011 à 12:40:
ou mettre ces fichers de R&D sur le cloud sans savoir que ca gestion offshore en Chine ne garantie aucun cadre juridique clair. Autant envoyer ses formules par email a ses concurents....
John a répondu le 22/12/2011 à 13:40:
Euh... en fait, c'est déjà le cas : - données bancaires : hébergées sur un serveur distant, à la banque ou chez un prestataire tiers inconnu du client et accessibles à distance via internet - emails : que ce soit gmail, hotmail, yahoo, etc... les emails et pièces jointes sont stockées sur un serveur tiers, non localisable et hors de contrôle du propriétaire du compte email - factures EDF, GDF, Véolia, etc etc. dans leur version électronique (ou "dématérialisée") : le portail d'accès, comme les fichiers eux-mêmes sont hébergées sur un serveur distant n'appartenant pas au fournisseur de services Les exemples sont multiples...On utilise le "cloud" depuis belle lurette sans s'en rendre compte.
Dédé35 a écrit le 10/11/2011 à 11:38 :
Voila de nouveaux champs d'action pour les hackers, même si ce genre de service peut proposer un niveau de sécurité bien supérieur à un système interne à l'entreprise.
Photoscope a répondu le 10/11/2011 à 11:57:
Vous rigolez ! Le jour où la connexion est coupée ou qu'il y a eu une erreur d'installation d'un logiciel, c'est toute l'entreprise qui est plantée !! Sans compter les risques de piratage supplémentaires.
inforsure a répondu le 21/11/2011 à 21:27:
allors pour les Hackers voici une solution. www.s-db-s.com
bobby a écrit le 10/11/2011 à 10:37 :
le cloud ou comment payer 2x plus pour ses données et 10x plus de cout telecom pour y acceder. Directement inspirer de pirates qui vous ranconnent pour vous rendre acces a vos propres données.
pm a écrit le 10/11/2011 à 09:43 :
des circonvolutions, plutôt. Ce n'est guère qu'un réhabillage, une paradénomination... de ce que IBM préconise depuis ses débuts dans l'informatique...
Chris a écrit le 10/11/2011 à 00:21 :
Erratum: "Avocat Associate" ne veut pas dire grand chose ici car soit il est avocat collaborateur (en anglais: associate) soit il est avocat associé (en anglais: partner). Mélanger les deux termes relève d'une certaine confusion.
Patrickb a écrit le 09/11/2011 à 21:06 :
La tradcution de Cloud computing, c'est Informatique en nuage ou dématérialisée ... et pas dans le nuage comme l'auteur de cet article :-)
LOL a répondu le 09/11/2011 à 21:53:
Le Cloud computing n'est que de l'infogerence de son informatique à la demande. Ce n'est pas une révolution, mais une évolution de ce qui existait déjà auparavant. Une automatisation plus poussée, une plus grande liberté laissée au client (l'infogereur externalise certains coûts sur le client en échange de réactivité alors que le client à externaliser son informatique pour entre autre réduire ses propers coûts). Tout cela est en fait dirigé par une pression toujours plus forte sur les coûts et l'emergence de technologies de virtualisation certes très anciennes, mais enfin abordable en terme de prix. La mutualisation des ressources permet aussi de réduire certaines poches de côuts. Le Cloud computing n'est pas une fracture, mais une évolution. Evolution rapide, car en informatique et dans le monde des infrastructures, l'évolution n'est jamais linéaire, mais se produit par paliers.
halley a répondu le 10/11/2011 à 08:05:
Le niveau d'anglais des journalistes sensés nous informer sur l'économie est étonnamment bas. Les traductions approximatives et les contresens sont très nombreux... Cela laisse présager de la qualité de l'info en général !