Conglomérat

Stéphane Courbit rachète la société de production de Cyril Hanouna et boucle le rachat d'Everest Poker

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Sandrine Cassini | 24/07/2012, 18:11 - 681 mots

L'homme d'affaires veut développer Banijay à l'international, grâce à l'acquisition d'une société australienne. En difficulté en 2011, sa filiale Betclic s'est refaite sur l'Euro 2012.

Malgré la tempête, les affaires continuent. Mis en difficulté par ses encombrants actionnaires, les Bettencourt, Stéphane Courbit tente de poursuivre le développement de son groupe. Côté audiovisuel d'abord. Selon nos informations, Banijay va d'abord boucler cet été une nouvelle - et modeste - acquisition en France. La société de production audiovisuelle met la main sur la société de production de Cyril Hanouna. L'animateur passé chez France Télévisions, où son émission sur la télé « Touche pas à mon poste » a fait une percée remarquée sur France 4, fera sa prochaine rentrée sur Direct 8, dont Canal Plus boucle le rachat auprès de Vincent Bolloré. Faut-il voir une coïncidence à ce transfert ? Havas, contrôlé par Bolloré, possédait jusqu'à il y a peu encore 51% du capital de la société, revendu à Cyril Hanouna.

Changer de dimension sur Banijay

Mais pour changer de dimension, Banijay, qui a dans son escarcelle Nagui, Alexia Laroche-Joubert et Benjamin Castaldi, mise sur l'international. La société boucle le rachat d'une société de production australienne, spécialisée dans les séries, que Banijay espère pouvoir exporter. Particularité de l'Australie : le pays dispose d'un système équivalent à notre Centre National du Cinéma (CNC), qui permet à la production locale d'émerger.

L'acquisition sera financée sur fonds propres. Selon nos informations, Banijay dispose d'une trésorerie nette de 40 millions d'euros, le cash disponible - 90 millions d'euros - couvrant les 50 millions d'euros de dette. En 2012, Banijay devrait réaliser un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros, en hausse de 15% par rapport à l'année précédente et un excédent de brut d'exploitation de 35 à 40 millions d'euros, en progression très légère. Reste que faire croître l'activité n'est pas aisée. Il y a deux ans déjà, Banijay tablait sur un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros. Cette opération de croissance externe portera les revenus du groupe à 350 millions d'euros environ dès cette année pour un Ebidta de 40 millions d'euros. En tout, Stéphane Courbit et ses actionnaires, Bernard Arnault, le groupe De Agostini, la famille Agnelli, et le financier Jean-Paul Bize, ont investi 200 millions d'euros

Betclic reprend Everest Poker

La société de jeux en ligne Betclic, qui a subi au second semestre 2011 un trou d'air inattendu et violent, tente de se refaire une santé. Après s'être séparée de 300 personnes sur 1.000 environ (deux des étages de l'immeuble loué rue François 1er dans le 8ème à Paris ont été reloués à l'AMF et au cabinet d'avocats Fried Frank), Betclic boucle avec trois ans d'avance la reprise de 100% d'Everest Poker. Betclic avait annoncé en 2009 la rachat de 60% du site de poker en ligne pour 100 millions de dollars. Si en France, les activités de poker cumulées par Betclic et Everest totalisent une part de marché de 15%, la situation est moins reluisante à l'international. Le chiffre d'affaires total d'Everest Gaming, dont 40% sont toujours la propriété de GigaMedia, groupe taiwanais coté au Nasdaq, a reculé de 31% pour une perte opérationnelle de 111 millions de dollars l'an passé et un nombre d'utilisateurs en baisse de 43%. Compte tenu de ces piètres résultats, Betclic ne déboursera quasiment pas d'argent pour mettre la main sur 100% du capital de cette filiale.

Leader sur l'Euro 2012
Sur le marché des paris en ligne, bien qu'il soit toujours le numéro 1 du marché français, Betclic a perdu une dizaine de points de part de marché, passant de 45 à 35% environ. La filiale s'est rattrapée sur l'Euro 2012, s'accaparant 12,2 millions des 31 millions d'euros pariés au total par les joueurs français, devant tous ses concurrents, à commencer par le PMU. Cette année, Betclic espère un chiffre d'affaires global de 315 millions d'euros (+5% sur un an) et un excédent brut d'exploitation de 13 millions. L'année 2011 s'est soldée par un déficit d'exploitation de 15 millions, et une perte nette de 90 millions. En tout, le co-actionnaire de Betclic, la Société des Bains de Mer de Monaco a injecté 140 millions d'euros dans cette activité (70 millions d'euros en capital et autant en compte courant).
 

Pour savoir où en est Stéphane Courbit avec les Bettencourt, c'est ici

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