Qui sont ces patrons, milliardaires et... collectionneurs d'art ?

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Homme le plus riche de France, actionnaire principal et PDG du groupe LVMH, Bernard Arnault est un passionné d'art. Une passion commencée avec l'achat d'un Monet à New York en 1982 et qui aboutit aujourd'hui à la création de la Fondation Louis Vuitton.
Homme le plus riche de France, actionnaire principal et PDG du groupe LVMH, Bernard Arnault est un passionné d'art. Une passion commencée avec l'achat d'un Monet à New York en 1982 et qui aboutit aujourd'hui à la création de la Fondation Louis Vuitton. (Crédits : DR)
Bernard Arnault et sa Fondation Louis Vuitton à Paris... Édouard Carmignac et son projet de musée à Porquerolles en 2016, le projet de Fondation des Galeries Lafayette dans le Marais, à Paris... Le secteur privé prend de plus en plus de place dans la culture. Marchandisation de l'art ? Ou retour à la longue tradition du financement de la création par des collectionneurs ?

La Fondation Louis Vuitton ouvrira le 27 octobre les portes de son nouvel espace consacré à l'art contemporain. À deux pas du Jardin d'acclimatation, au nord du bois de Boulogne près de Paris, le « nuage de verre », dont la réalisation a été confiée à Frank Gehry, l'architecte du musée Guggenheim de Bilbao, offrira un écrin inédit et spectaculaire à une partie des oeuvres collectionnées par l'empereur du luxe, devenu l'homme le plus riche de France. Mais aussi - c'est en tout cas la volonté de Bernard Arnault - un nouveau lieu pour la création artistique, avec une vocation internationale.

« C'est bien d'avoir un ministre de la Culture, mais nous avons aussi besoin de ce qui existe aux États-Unis, c'est-à-dire d'entreprises privées qui participent à la vie artistique », a récemment déclaré le président de LVMH, mis à l'honneur devant son nouveau palais parisien en une du très sélect et très luxueux supplément « How to spend it » du Financial Times, la bible de la City.

Selon lui, « la culture n'appartient pas au registre des programmes gouvernementaux » et « l'entreprise privée n'est pas assez reconnue comme moteur réel du bien-être global ».

Alors que la Fondation Cartier pour l'art contemporain, logée dans un immeuble créé pour elle par Jean Nouvel, célèbre cette année ses trente ans d'existence, l'actualité fait la part belle aux fondations d'entreprise et au mécénat culturel. La Fondation Galeries Lafayette vient ainsi de confier à l'architecte Rem Koolhaas la reconversion d'un bâtiment de 2 500 m2, en plein coeur du Marais, en espace de diffusion et de création contemporaine. Son inauguration est prévue pour 2016. Il y a aussi le projet de fondation du financier Édouard Carmignac, qui a choisi le site protégé de l'île de Porquerolles, dans le Var, afin de partager sa collection avec le public - près de 200 oeuvres qui seront enfin visibles en 2016.

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La reproduction d'un schéma ancien

Dans un contexte budgétaire tendu où l'on perçoit clairement les limites de l'action publique en matière de soutien à la création artistique, force est de constater que les fondations privées sont devenues des acteurs incontournables du monde culturel. Mécénat de grandes expositions, opérations de partenariat, constitution de fonds de qualité muséale, leur champ d'action s'est étendu. La destinée de l'art contemporain semble désormais liée, pour le meilleur et pour le pire, à celle de l'industrie du luxe et de la finance. Mariage de raison ? Mariage de passion ? Fascination mutuelle ? Ou simplement retour au modèle historique de financement du marché de l'art par les collectionneurs privés ?

Bernard Arnault (LVMH), François Pinault (Kering, ex-PPR, parti s'exiler à Venise après l'échec de son projet dans l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt), Guillaume Houzé (Galeries Lafayette), mais aussi les maisons Cartier (groupe Richemont) ou Ricard, voici les nouveaux vendeurs de rêves. Rien ne semble avoir changé depuis les financiers florentins et anversois qui étaient les mécènes d'artistes reconnus et fort bien payés. Le statut d'un Michel-Ange, d'un Véronèse, d'un Rembrandt est beaucoup moins éloigné qu'on ne le pense de celui d'un Koons ou d'un Murakami. En fait, on en viendrait presque à supposer que le modèle du collectionneur « illuminé », suivant sa seule intuition indifféremment de l'air du temps, en un mot la lignée de découvreurs du xxe siècle, ne fut qu'une brèche dans la tradition de l'histoire de l'art. Ce que la majeure partie de cette génération de collectionneurs et galeristes de génie avait en commun, c'était d'abord une tradition familiale. Pour les Kahnweiler, Rosenberg, Durand-Ruel ou Guggenheim, la passion de l'art était en quelque sorte inscrite dans leur patrimoine génétique.

Mais surtout, peut-être, la peinture - on dirait aujourd'hui les arts plastiques n'était pas dissociée des autres formes d'expression, comme elle l'est aujourd'hui.

Un simple produit d'investissement

C'est donc tout un monde qui sépare le patron milliardaire et collectionneur du xxie siècle, conseillé par son gestionnaire de fortune, des érudits passionnés du début du xxe siècle. Déjà dans les années 1960, Peggy Guggenheim, de retour à New York, se confiait, désabusée, en constatant que la défiscalisation avait réduit l'art à un simple produit d'investissement, un train de vie, voire un nouveau snobisme. La fameuse héritière désavouait la frontière toujours plus poreuse entre valeur et prix de l'art.

Signe d'un changement d'époque, la plupart des grandes collections d'art contemporain que présentent les fondations, en France comme à l'étranger, ont été constituées dans des délais records, du moins au regard du temps de l'histoire de l'art. Bernard Arnault a commencé la sienne en achetant un Monet aux enchères à New York en 1982. Nul ne connaît exactement son ampleur et sa nature, mais on sait qu'elle est pour partie personnelle (il affirme qu'il possède l'une des plus importantes collections privées de Basquiat), pour partie liée aux acquisitions de sa fondation, dirigée par Suzanne Pagé.

La plupart des fondations d'entreprise ont constitué leurs collections en moins de vingt ans, grâce à des moyens colossaux, tant du point de vue des budgets consacrés aux acquisitions que du coût des lieux de diffusion. Ceux-ci justement ne sont désormais accessibles qu'à des fondations ou du mécénat d'entreprise. Dans son enquête annuelle, l'Admical (association qui regroupe les acteurs du mécénat en France) précise que le « social » demeure en valeur le premier secteur du mécénat en France, avec au total 1,064 milliard d'euros versés. Il est suivi par la santé (448 millions d'euros), qui fait son apparition parmi les domaines qui mobilisent le plus les entreprises, et enfin vient la culture (364 millions d'euros).

Évidemment, l'essor des fondations, même s'il s'est ralenti depuis 2009 au profit notamment des fonds de dotation, à la gestion plus souple, est directement lié aux dispositifs de défiscalisation de la loi Aillagon de 2003. Cette dernière garantit pour les sociétés une réduction d'impôt égale à 60% du montant de la donation dans la limite de 5/1000 de leur chiffre d'affaires. Toutefois, cette relative attractivité fiscale ne saurait tout expliquer. À observer les choses de plus près, on s'aperçoit que l'effervescence qui touche les fondations - illustrée par ce foisonnement de projets, de lieux, d'événements et cette forte médiatisation - s'inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste d'engouement des acteurs économiques pour l'art contemporain.

L'art est de plus en plus perçu comme un simple produit d'investissement. On ne compte plus les cabinets de conseil en achat d'oeuvres, en gestion de collection, y compris au sein même des institutions financières. L'industrie du luxe, qui a engagé le mouvement dans les années 1980, a depuis été rattrapée par les fondations d'entreprise émanant du secteur de la banque et de l'assurance. Reste qu'aucune mesure de défiscalisation, ou même aucune possibilité de plus-value à moyen terme, ne suffit à justifier l'intérêt croissant des entreprises et de leurs dirigeants pour l'art contemporain. Où, conséquemment, chercher l'origine de cette passion ? Les enjeux soulevés par les fondations d'entreprise sont divers, mais trois semblent particulièrement importants.

Premièrement, la création d'une fondation offre aux entreprises un outil de communication redoutable : renforcement de l'image de marque, démocratisation de l'entreprise, etc. Deuxièmement, la fondation s'impose désormais comme partie intégrante des stratégies d'entreprise. Elle est le prolongement de son action. Enfin, l'aspect fiscal, évoqué précédemment, est à l'origine du formidable développement de ce modèle. Dans certaines firmes, l'art est même considéré comme un outil managérial. Dans un contexte professionnel, l'art peut permettre de s'évader, de renforcer la stimulation et la motivation des salariés, et peut apparaître comme un moteur de leur créativité.

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Vecteur d'une image positive et désintéressée

Alors que le mécénat interdit la publicité, la fondation permet à l'entreprise de communiquer sur son engagement, de le rendre plus lisible. La fondation, qui fréquemment porte le même nom, apparaît comme l'un des meilleurs moyens d'accroître sa notoriété. Elle permet en outre à l'entreprise de bénéficier d'une publicité gratuite par le biais de la couverture médiatique que son activité génère. Il s'agit d'une source de visibilité importante pour l'entreprise, qui n'associe plus uniquement son image à des performances économiques ou à une stratégie globale. D'autant plus avec la création contemporaine, qui offre un visage dynamique, tendance et, peut-être paradoxalement, grand public. Ainsi, cette couverture médiatique peut représenter jusqu'à 25 % de celle de l'entreprise dans sa globalité - c'est le cas de Cartier.

La communication induite par les fondations est donc aussi bien interne qu'externe. Plus profonde, donc, que les actions de mécénat qui opèrent en tant que publicité classique. Dans le sens où le public aura l'occasion d'être confronté au nom et à l'identité visuelle de l'entreprise, le mécénat artistique renverra une image positive, désintéressée de l'entreprise, mettant en avant son rôle social et son savoir-faire. Pour Bernard Arnault, la réussite du groupe LVMH repose sur « une stratégie qui concilie l'intemporel et l'extrême modernité pour la création de ses produits ».

« Je souhaite que souffle ce même esprit sur la Fondation », ajoute le milliardaire.

« Dès l'origine de la Fondation, il nous a semblé évident d'inviter des professionnels de l'art pour participer à notre programmation ; et c'est ainsi que nous avons collaboré avec de jeunes commissaires, ce qui, à l'époque, était très nouveau. Notre mission est de soutenir la scène française et nous savons qu'à l'étranger elle n'est pas suffisamment représentée. Inviter des commissaires étrangers permet à ces professionnels de voir ce qui se passe en France et ils auront peut-être envie par la suite d'inviter ces artistes », déclare Colette Barbier, directrice de la Fondation d'entreprise Ricard pour l'art contemporain.

A chaque fondation sa personnalité

Outre ce besoin de communication externe, les salariés et collaborateurs, qui sont associés au prestige que ces actions offrent à leur entreprise, sont souvent très impliqués dans l'évolution de la fondation.

Comme l'explique Gaïa Donzet, directrice de la Fondation Carmignac, « aujourd'hui celle-ci comprend près de 200 oeuvres réparties dans les bureaux de Paris, mais aussi au Luxembourg, en Espagne et en Italie, ce qui permet de créer un vrai lien avec nos équipes à l'étranger. Nous choisissons ensemble les pièces et l'endroit où elles vont être exposées. Cette attention permet d'instaurer un dialogue avec les collaborateurs qui s'interrogent par exemple sur les raisons qui ont conduit Édouard Carmignac à choisir telle ou telle oeuvre pour leurs bureaux. C'est comme un message, cela crée un formidable lien en interne. Les gens qui travaillent chez nous s'approprient vraiment les tableaux qui les entourent : il n'est ainsi pas rare qu'ils fassent la demande que certaines oeuvres les suivent lorsqu'ils déménagent, comme cela a été le cas récemment avec l'ouverture de nos bureaux à Francfort ou à Londres. C'est aussi l'occasion pour eux d'entrevoir, à travers les oeuvres, une facette différente de la personnalité de monsieur Carmignac. »

Alors, comment caractériser une fondation vouée à l'art contemporain ? À l'origine, se trouve toujours la passion d'un homme. Paul Ricard fait ainsi figure de précurseur en la matière. Après une vocation d'artiste contrariée, puis l'interdiction du parrainage d'événements sportifs en 1987, la fidélité de la Fondation à la Fiac, mais également à ce qui fait la culture marseillaise, n'a jamais trouvé à se démentir. On peut dire qu'aujourd'hui chaque fondation a sa propre personnalité, proche de celle de son précurseur. C'est bien cette diversité qui leur permet de contribuer, chacune à leur manière, à l'enrichissement de l'offre culturelle de Paris, de Venise ou d'ailleurs.

Depuis ses origines, à l'époque où elle se trouvait encore à Jouy-en-Josas, la Fondation Cartier a fait le choix de la pluridisciplinarité. Arts plastiques, danse, cinéma, centre de ressources documentaires, il s'agit de la philosophie qu'elle a souhaité insuffler à son action.

Dans le cas de la Fondation Guerlain, la passion de collectionneurs que sont Florence et Daniel Guerlain pour le dessin s'est traduite par un fonds d'une richesse exceptionnelle et la constitution d'un prix artistique. La Fondation Kering (François Pinault), pour sa part, au terme de tergiversations bien connues, a finalement trouvé son bonheur à Venise, au Palazzo Grassi. Elle est aujourd'hui un lieu où l'art contemporain, au-delà d'une collection constituée avec le plus grand discernement, s'accompagne d'actions pédagogiques, de recherche et d'une vaste politique de mécénat.

Tout permet de penser que les fondations Louis Vuitton, Galeries Lafayette et Carmignac se sont assigné le même objectif : offrir chacune leur propre vision de l'art, assumer leurs choix et les faire partager. Car c'est peut-être là que réside l'intérêt majeur d'un projet privé, ne pas viser l'exhaustivité, le consensus. D'ailleurs, la Fondation Guggenheim comme la Fondation Maeght (à son échelle plus modeste) n'ont pas commis cette erreur-là : se prendre pour un musée.

364 millions d'euros, c'est le montant que consacre annuellement le mécénat au secteur de la culture.

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>>> FOCUS QUATRE FONDATIONS PRIVÉES ENGAGÉES POUR L'ART

FONDATION CARTIER

Créée en 1984 par le président de Cartier International, Alain Dominique Perrin, la Fondation Cartier est installée depuis 1994 dans un bâtiment de verre conçu par Jean Nouvel, boulevard Raspail, à Paris. Le bijoutier de luxe finance la fondation à hauteur de 80 %. La collection de celle-ci est aujourd'hui riche de 1000 oeuvres réalisées par 300 artistes, ce qui permet à l'institution d'être aujourd'hui un des centres culturels les plus prisés de la capitale. La fondation discute actuellement avec la mairie au sujet d'une possible extension.

FONDATION CARMIGNAC

Créée en 2000, la Fondation Carmignac a pour origine la collection d'entreprise de Carmignac Gestion. Au printemps 2016, la collection bénéficiera d'un espace d'exposition, sur l'île de Porquerolles, au sein du parc national de Port-Cros. Pour ce faire, elle a choisi l'architecte Marc Barani afin de réhabiliter et d'aménager la villa La Courtade.

Édouard Carmignac, gérant de la fondation, est un grand mécène : il a constitué, en vingt ans, une collection qui compte près de 150 oeuvres. Il s'intéresse au début au pop art puis se tourne vers les artistes émergents, tout en continuant à amasser les pièces des grands noms de l'art contemporain : Warhol, Richter, Litchtenstein, Raysse, Baldessari, Haring, Basquiat, Baalbaki...

FONDATION LOUIS VUITTON

La Fondation Louis Vuitton ouvrira ses portes le 27 octobre, dans le « nuage de verre » imaginé par l'architecte-star Franck Gehry, après que le PDG de LVMH Bernard Arnault l'a contacté en 2001.

Au nord du bois de Boulogne, aux abords du Jardin d'acclimatation, 4 000 m2 d'espaces d'exposition, répartis en 11 galeries, accueilleront une collection permanente, des expositions temporaires, des interventions d'artistes et un auditorium de 400 places. La fondation espère attirer 700 000 visiteurs par an.

FONDATION D'ENTREPRISE RICARD

La Fondation d'entreprise Ricard pour l'art contemporain, présidée par Philippe Savinel et dirigée par Colette Barbier, soutient depuis plus de dix ans la jeune création dans le domaine des arts plastiques, notamment à travers la remise du prix Fondation d'entreprise Ricard. Son espace, situé au 12, rue Boissy-d'Anglas dans le VIIIe arrondissement de Paris, accueille sept à huit expositions par an, donnant fréquemment carte blanche à des commissaires et proposant également des conférences.

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a écrit le 28/10/2014 à 13:02 :
Si les entreprise s'intéressent à l'art et à la culture, c'est que ce créneau est l'un des plus subventionné par l’état et les collectivités. Donc s'il y a des sous à prendre, faut pas se géner.
a écrit le 27/10/2014 à 14:11 :
L'art = blanchiment d'argent légal - non imposable à l'impôt sur la fortune. On dit merci à qui...........
Réponse de le 27/10/2014 à 19:44 :
Ce n'est pas si simple. L'art est souvent un très mauvais investissement au moins à l'échelle d'une vie. Pour blanchir, il y a mieux. Pour finir, l'ISF est un impôt stupide et il sera supprimé bientôt en France.
a écrit le 27/10/2014 à 12:05 :
dommage que nos politiciens incompétents nous ont fait perdre deux musés de Mr Pinault qui les a créer pour la joie et le développement de Venise
pendant ce temps on a 5 millions de chômeurs et des procédures ( type la Samaritaine) à revendre - pauvre France géré par des fonctionnaires et technocrates
a écrit le 27/10/2014 à 12:02 :
comme sur les marchés financiers l'art n'est que spéculation. En France ça marche du feu de dieu pas d'isf pour des montants parfois extraordinaires.
a écrit le 27/10/2014 à 2:37 :
Cette pseudo art contemporain n'est rien d'autre que de la pure spéculation avec des pseudos artistes pour le grand bénéfice de c'est riches qui deviennes encore plus riches en les présentant dans une jolie boite.
Réponse de le 27/10/2014 à 16:35 :
Ce qui est sûr, c'est qu'un tableau de plus d'un million d'euros n'est pas revendu à un pauvre: laissez donc les riches s'amuser entre eux..que vous importe si ce n'est la jalousie. In fine, en tirent profit les galeries et les artistes.
Réponse de le 27/10/2014 à 20:10 :
cet argent serait plus profitable à faire travailler les gens plutôt que ces super profits qui ne servent à rien
a écrit le 26/10/2014 à 22:43 :
L'art contemporain, c'est de la m... en branche !

La honte sur mon père...

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